Vahjâ
des noces. Plus tard cette vache fut conduite directement dans la maison du mari; et c'est de cette coutume qu'est venue dans la suite la dot, appelée en sanscrit gôddna, littéralement : le don de la vache.
Ici faisons un intéressant rapprochement avec les mœurs grecques.
Le mot grec &Xfetf6oia désignait tout ensemble la personne capable de se procurer des bœufs, et la jeune fille susceptible de faire un riche mariage ; on l'employa môme pour indiquer une belle fiancée.
C'est ainsi que, dans Y Iliade (xvm, 594), les jeunes filles en âge d'être mariées sont désignées par cette périphrase : « celles qui obtiennent des vaches ».
Le caractère pastoral des fonctions dévolues à la fille s'accentue dans la signification même du mot qui sert à la nommer en sanscrit. Ainsi par ces locutions : « la gardienne du troupeau », ou « celle qui trait les vaches », il faut entendre la femme qui devient la maîtresse du foyer dès que l'époux, après lui avoir présenté l'eau et le feu au seuil de sa porte , l'a initiée à la religion domestique qu'elle doit désormais partager avec lui.
Si l'on se reporte aux lois de Manou, on les trouve dures pour l'épouse : « Quand une femme attend en vain plus de huit années, sans voir son foyer s'orner d'enfants, la répudiation est légitime : il en est de même quand, après onze années, elle n'a eu pour enfants que des filles ; enfin la répudiation est admise sur-le-champ si l'épouse parle d'un ton acerbe 1. »
La dépendance de la femme est absolue : « Qu'elle soit fille, épouse ou femme d'âge, dit Manou, elle ne doit jamais rien faire suivant sa propre volonté, même dans sa maison... Si le chef du foyer meurt, elle tombera sous la dépendance de ses propres fils, et, à leur défaut, sous celle des parents de la famille; mais jamais elle ne se gouvernera à sa guise2. Veuve, elle est tenue de respecter la mémoire du défunt « à peine de perdre la qualité de femme vertueuse si elle se permet seulement