‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 22 sur 296 · Rép. Dr.feod., de Guillot, VIII · texte numérisé non relu

Rép. Dr.feod., de Guillot, VIII

d'icelui, il a frappé par trois diverses fois, a appelé à haute et intelligible voix ledit seigneur féodal, sans que lui ni personne ait répondu. Nonobstant quoi, s'étant mis en état et devoir de vassal1, a dit qu'il faisait audit Sieur... la foi et l'hommage pour la terre de..., c'est-à-dire qu'il se reconnaissait son homme. »

Si l'hommage était adresse par une femme, remarque le jurisconsulte Guyot (1783), « elle ne devait pas dire au seigneur : Je deviens votre femme, car il y aurait indécence à se dire la femme d'un autre que de son époux. Elle disait seulement : « Je vous fais hommage; serai fidèle et loyale, vous reconnaissant comme seigneur des tènemens qui relèvent de vous. »

En Angleterre, celui qui épousait une jeune fille débitrice de l'hommage, était autorisé à la représenter « en vertu du droit de courtoisie- ».

Certain vassal, pour toute obligation, devait, dit un auteur dont nous ne nous portons pas autrement garant, se rendre une fois l'an chez son seigneur; mais en faisant ce trajet, il fallait « qu'il reculât toujours d'un pas quand il en avait fait deux ». Une chronique du treizième siècle fait mention d'un voyage en Palestine entrepris selon ce mode de locomotion peu expéditif : la chronique, il est vrai, ne dit pas si le pèlerin a persévéré longtemps dans son projet.

Dans d'autres endroits, on voit un châtelain exiger de son vassal qu'il vienne relever les quilles que sa dame abattrait, en présence de noble compagnie.

Ce jeu figure souvent dans les privilèges des seigneurs : d'eux seuls dépendait, en bien des localités, la faculté de s'y exercer. A Long-Pont, cette permission n'était accordée que par le seigneur de Montlhéry, qui la faisait payer fort cher ; et généralement, dans les foires et fêtes patronales, il fallait acquitter un impôt pour se livrer à cet exercice 3.

« Aux xe, xie et xne siècles, dit M. de Mas-Latrie, dans un tra-

1. C'est-à-dire : s'étant découvert, et ayant ôté armes et éperons.

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