‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 220 sur 296 · Notamment dû Mahabhârata · texte numérisé non relu

Notamment dû Mahabhârata

On l'a dit avec raison : L'union se défait comme elle s'est formée, c'est-à-dire trop facilement. Et si les cas de bigamie sont fréquents en Amérique, c'est que rien n'est plus facile à l'un des époux que de se présenter comme célibataire; l'absence de formalités rend en eliet cette fraude possible.

Quant aux peines excessives édictées contre la bigamie, elles rappellent les Ordonnances des anciens rois de France à propos du duel : l'excès de leur rigueur fait qu'on ne les applique presque jamais, pour ainsi dire.

Si en France les agences matrimoniales sont le plus souvent une duperie, en Angleterre et surtout en Amérique, ces « institutions fondées sur les lois », comme le disent avec complaisance leurs directeurs, présentent un caractère plus sérieux et même pratique en certains cas.

L'Amérique a la spécialité des annonces peu banales, telles que, par exemple, la proclamation suivante insérée dans les feuilles publiques, par une jeune miss en quête d'épouseurs1 : « Citoyens! resterez-vous indifférents en présence d'une compatriote bien élevée, connaissant la musique, possédant tout ce qu'on peut désirer, bien qu'elle en soit réduite à chercher un mari par l'intermédiaire des journaux. Hâtez-vous, citoyens2! »

Une maison de confection à Washington a fait annoncer qu'elle procure une fiancée à chaque célibataire qui lui en exprime le désir; mais le client doit promettre d'acheter tout le trousseau dans l'établissement. En revanche, le fournisseur s'occupe des préparatifs et démarches nécessaires, et s'engage en outre, si on y tient, à faire bénir le mariage « par un éloquent pasteur ».

Les méprises, les déceptions, les surprises étant d'autant plus fréquentes que les futurs n'ont connu aucune entrave dans leurs projets, le divorce a pris une grande extension aux États-Unis.

— On connaît mal les mœurs des tribus à demi légendaires qui ont peuplé l'ancienne Amérique. Toutefois il est constant

1. Miss Georgina Mac Clarman. (S. Ch. Payne, cité par M. de Bovet.)

2. On peut citer aussi l'annonce suivante, publiée dans un journal de la Pologne russe : « Epouseurs! je suis une honnête ouvrière et je travaille à l'usine; mon père possède 50 porcs... »

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que, lors de la conquête, le divorce était usité, excepté semblet-il quand il existait des enfants. Les anciens habitants du Venezuela et de la Colombie ne permettaient aux indigènes de fonder une famille, « que si l'homme était capable de la nourrir et avait un champ tout prêt pour les semailles l ».

Les Arawaks accordent à la branche maternelle une prépondérance formelle : le mari prend le nom de sa femme, et doit aller habiter chez ses beaux-parents; cependant le droit de ]a mère sur ses enfants cesse, « dès qu'ils sont capables d'accompagner leur père à la chasse ou à la pêche ».

Les Indiens des principales tribus de l'Orénoque et de l'Essequibo, admettant aussi que la race se transmet plutôt par la ligne maternelle, décident qu'à la mort du père ce n'est pas son fils, mais l'aîné des fils de sa sœur qui deviendra chef de maison.

On se rappelle ce que nous avons dit de la superstition du « totem », signe animal (loup, tortue, ours) que portent diverses tribus de non-civilisés, en vue de se distinguer par clan, par gens. Cette organisation existait au Mexique lors de la conquête espagnole, et les Français la retrouvèrent au xvme siècle chez les Peaux-Rouges du Canada.

En réalité, les Indiens de l'Amérique du Nord étaient endogames, c'est-à-dire se mariaient dans leur tribu, mais ils ne pouvaient pas prendre femme dans leur clan, et par conséquent étaient exogames relativement à ce clan.

Il était absolument interdit d'épouser une femme appartenant au groupe dont on portait soi-même le totem. La prohibition était si énergique, qu'en certains endroits, rapporte Morgan2, elle était sanctionnée de la peine de mort.

On raconte qu'à Bornéo, les fêtes nuptiales des Dayaks débutent par un acte sanglant, c'est-à-dire par le sacrifice d'un esclave auquel on tranche la tête : ainsi le veut la superstition pour que l'union soit heureuse. Ce malheureux est un prisonnier de guerre, ou un habitant d'une tribu voisine tombé dans une embuscade au milieu des jungles. On l'égorgé, et son sang recueilli

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