‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 225 sur 296 · Tribu hottentote · texte numérisé non relu

Tribu hottentote

Adoumas, écrit un missionnaire1, est étonnante pour nous : « Là, quiconque veut se marier le peut toujours s'il a de quoi payer : qu'il soit vieux ou jeune, difforme ou bien fait, intelligent ou idiot, peu importe. Quand plusieurs concurrents se présentent, la fille est attribuée au plus offrant : si elle vient à mourir, le mari réclame alors ses cadeaux de marchandises, sous prétexte que celle qui lui a été donnée, ri était pas de bonne qualité, c'est-à-dire était atteinte de maladie. »

Le Hotte?itot qui cherche femme, vient montrer ce dont il compte enrichir le ménage ; s'il est agréé, on immole aux génies un animal dont on mange la chair en famille, et chacun s'oint le buste de la graisse de la victime. Quant à la mariée, elle se fait belle à sa manière en se peignant le visage avec de l'ocre rouge qui lui donne un aspect effrayant.

La veuve peut se remarier, mais dans ce cas, elle se coupe une phalange du doigt, mutilation qu'elle est obligée de renouveler chaque fois qu'elle convole.

Est-ce là une pénalité. . . ? Il est plus probable que cette opération correspond à une idée pratique, et équivaut, dans une certaine mesure, à une indication d'état civil : de même que, chez nous, une alliance au doigt apprend que Ton a affaire à une épouse, de même là-bas, l'absence d'une phalange avertit qu'il s'agit d'une veuve remariée.

Autrefois, dans les tribus cafres, comme jadis en Hellade, la femme se payait « en monnaie de bœuf ». Vers 1830, au Cap, une femme de classe inférieure équivalait à huit bœufs; pour la fille d'un chef on en donnait quarante et plus encore.

Croirait-on qu'encore au xie siècle, le chef de famille islandais vendait sa fille au mari, de sa propre autorité2. L'accord se concluait par une poignée de mains donnée devant témoins et , comme en Cafrerie, l'estimation s'en faisait entêtes de bétail.

Dans la région du Monomotapa, au Mashonaland3, un acompte de la valeur de la jeune fille doit être versé avant le mariage, et

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