‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 242 sur 296 · M. L. Puibaraud · texte numérisé non relu

M. L. Puibaraud

sur certaines substances, ne présentent pas, de prime abord, les caractères accusés du vol, les manœuvres et les coalitions de cette nature entraînent, socialement parlant, des conséquences plus graves. En effet, l'accaparement ne se contente point de faire des victimes isolées : le monopole scandaleux qu'il s'arroge peut devenir un fléau, une calamité publique.

De tout temps la cupidité a suggéré de s'enrichir par ce moyen coupable.

Aristote raconte comment opéra un célèbre philosophe de l'antiquité, Thaïes de Milet. Ses connaissances astronomiques lui ayant fait supposer, au cours de l'hiver, que la récolte des olives serait abondante, Thaïes employa tout son argent à donner des arrhes pour la location de tous les pressoirs existant à Milet et à Chios. Et quand le temps de les utiliser fut venu il les sous-loua au prix qu'il voulut.

Et Aristote ajoute cette réflexion deux fois intéressante, venant de lui : « Gela prouve que les philosophes peuvent s'enrichir s'ils le veulent; mais là n'est pas l'objet de leurs soins. »

Aristote relate aussi le fait d'un habitant de Syracuse qui avait acheté le fer disponible dans toutes les usines, de sorte qu'avec cinquante talents il en gagna cent. Denys en ayant été informé l'exila de la ville.

Plusieurs lois romaines édictent des peines rigoureuses contre les accapareurs, désignés sous le nom de dardanarii.

Par la loi Julia{, est frappé tout individu, entrant dans une coalition en vue de faire augmenter le prix du blé. Une constitution de l'empereur Zenon, étend la défense à tout renchérissement factice de marchandises, qu'il s'agisse de vêtements ou de nourriture, à peine de confiscation et de bannissement.

La plus ancienne loi française qui s'occupe des accaparements est un capitulaire de Charlemagne, ravivé tout à la fois dans la suite par des Ordonnances royales et des arrêts de Parlement.

En 13^3 Philippe VI prohibe les accaparements dans un règlement dont voici l'intéressant préambule :

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