‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 246 sur 296 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

BANDES ET ASSOCIATIONS DE VOLEURS : BRIGANDS, PIRATES, FLIBUSTIERS. . .

Le brigandage à toutes les époques. — Bandes égyptiennes, iï y a trente-trois siècles.

— La loi de Manou et les détrousseurs. — Les 413 castes de voleurs dans l'Hindoustan.

— Organisation des « grassatores » à Rome. — Les soudards du moyen âge. — Malandrins, tard-venus, francs-taupins, mauvais-garçons, mille-diables, retondeurs, francsmuseaux, et écorcheurs. — Voleurs de grands chemins sous François Ier : le supplice de la roue. — La bande des chauffeurs au xvme siècle. — Associations de malfaiteurs et contrebandiers. — Les bandes noires. — Détrousseurs de chemins de fer en Amérique. — Maffiosi siciliens. — Le banditisme en Italie, en Espagne, en Turquie. — Ce qu'est au contraire la vendetta corse. — Touaregs dévaliseurs de caravanes africaines.

— Ravageurs et malandrins chinois. — Organisation des brigands tonkinois. — Du sort réservé aux bandits par la loi cambodgienne... — II. La piraterie et le pillage dans les temps anciens : Phocéens et Étrusques. — Les Romains et les pirates carthaginois.

— La Méditerranée infestée par les tribus barbaresques. — Saint Vincent de Paul en esclavage. — Les riffains, écumeurs de mer. — Flibustiers et boucaniers. — Code des flibustiers : comment il réprimait le vol. — Les corsaires : en quoi ils diffèrent des pirates.— Prouesses des corsaires sous le premier Empire...

De toutes les convoitises visant le bien d' autrui, il n'en est point qui s'accusent d'une façon plus manifeste que celles dont font preuve les associations d'individus pervers , se proposant de mettre en commun leur intelligence et leur activité, leur adresse et leur force, en vue de dévaliser le prochain dans des entreprises tantôt ouvertement audacieuses, tantôt habilement clandestines, mais toujours préméditées.

L'association étant le moyen le plus fécond que les hommes puissent employer pour accroître leur puissance , on ne saurait s'étonner que l'idée d'action collective soit née, aussi bien dans l'esprit des malfaiteurs cupides que dans celui des amis du progrès.

Les professionnels du vol , agissant par groupes , se classent en trois catégories générales :

1° Les brigands qui opèrent sur les continents;

2° Les pirates qui écument la mer, ou pillent sur ses rivages;

3° Les négriers qui se livrent au trafic des esclaves.

I. Les brigands. — Parlons d'abord du brigandage, c'est-à-dire du vol à main armée, commis sur les grandes routes ou clans les montagnes, par des malfaiteurs réunis en groupes relativement disciplinés, et soumis à l'autorité d'un chef.

Ces voleurs de profession portent divers noms selon les pays et les époques : bandes égyptiennes, détrousseurs grecs, sicaires romains, brigands de Calabre , contrebandiers espagnols, chauffeurs masqués, Bédouins pillards, Touaregs nomades, etc.

Si la chose est aussi ancienne que la cupidité, le mot de brigandage est cependant d'origine relativement récente. D'après Roquefort1, le nom de brigand viendrait de brigandine, espèce d'armure légère servant de cuirasse et faite de lamelles de fer jointes ensemble; on aurait nommé brigands de la ville de Paris les soldats qui portaient cette armure; et comme ceux-ci, lors notamment de la captivité du roi Jean, se signalèrent par leurs déprédations, le terme finit bientôt par devenir synonyme de détrousseur de grand chemin.

Est-ce bien cette cotte de mailles qui a donné son nom à ceux qui la portaient, puisque les soldats réguliers en étaient munis, eux aussi. En tout cas, quand on se réfère aux vieux auteurs, on s'aperçoit que le mot brigand est souvent employé pour désigner un soldat appartenant à une brigade, appellation fort ancienne. Dès lors, l'étymologie semble bien être la suivante : à l'origine, le mot brigand servit à désigner un simple « soldat de brigade », en dehors de toute idée défavorable.

Ainsi l'historien Froissart, parlant de l'expédition du duc de Normandie contre les Flamands, écrivait : « Il se trouva que, près Saint-Quentin, ils estaient six mille armures de fer; et huit mille, que brigands-, que bidaux, que autres poursuivans ».

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