‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 248 sur 296 · février · texte numérisé non relu

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afin de donner crainte, terreur et exemple à tous aultres de ne choir ni tomber en tels inconvénients... »*.

Cette phrase singulière « tant qu'il plaira à Notre-Seigneur... » montre que pour conforter son action et augmenter son prestige, l'autorité civile mettait trop facilement en cause le Ciel lui-même.

Or il y avait là une exagération et une confusion dangereuses, dont la conséquence a été de faire retomber souvent sur la religion des répressions excessives, dont la seule description nous écœure aujourd'hui, et provoque une révolte aussi instinctive que légitime.

Non! il n'appartient pas aux hommes de préjuger la justice d'En-Haut; et Ton doit admettre qu'il était bien téméraire de prétendre exécuter les ordres divins en broyant les chairs et les os d'un voleur dans une immolation si horrible, qu'elle suscite l'indignation : en effet, par une réaction naturelle, le sentiment qui domine est plutôt celui de la pitié pour le coupable, dont l'épouvantable châtiment fait presque oublier la faute.

D'ailleurs la preuve que l'Eglise n'approuvait pas ces cruautés, c'est que dans toute juridiction ecclésiastique elles étaient formellement prohibées.

Parmi les troupes irrégulières, qu'il ne faudrait pas confondre avec des forbans, les plus fameuses furent celles des compagnies d'infanterie allemande qui, sous Louis XII, figurèrent dans les guerres d'Italie, sous le nom de lansquenets (Land-Knecht).

Un jour, racontent les historiographes, Henri IV étant allé se promener seul dans la forêt de Saint-Germain se trouva au détour d'un sentier en présence d'un chef de voleurs qui cherchait fortune.

Le roi, étant armé , alla résolument au-devant du malfaiteur, et le somma de dire quelle était sa profession. Décontenancé, et peut-être devinant la qualité de l'illustre promeneur, le détrousseur répondit qu'il était apothicaire. « Alors, mon ami , lui dit le Béarnais avec la crudité de langage qui lui était familière, si

1. Isambert, Anciennes Lois, t. XII, p. 401. — Et Manuel de M. d'Argon, p. 5.

vous venez guetter les passants pour leur donner sans doute des clystères, vous feriez mieux, ce me semble, de vous mettre près d'une rivière qu'au coin d'un bois. »

Sous la Révolution se formèrent des associations de brigands connus sous le nom de chauffeurs et qui exploitèrent la France et les bords du Rhin. Ce nom leur vient de ce que ces misera blés, pour contraindre leurs victimes à livrer leurs trésors et à dénoncer leurs cachettes, brûlaient les pieds des gens qu'ils se proposaient de dévaliser. Avant d'entreprendre une attaque, ils s'appliquaient sur le visage des marques noires ou blanches, au moyen de suie ou de farine, et devenaient ainsi méconnaissables.

Les deux types de brigands les plus fameux en France au xviiic siècle, sont sans nul doute Carlouche et Mandrin.

Encore enfant, Cartouche s'affilia à une bande de bohémiens qui l'initièrent à tous les secrets de l'art du voleur. Par son habileté, son audace il devint la terreur des Parisiens. Sa tête fut mise à prix par le Parlement : la prime était de 2.000 livres. Arrêté en octobre 1721, il fut soumis à la question, puis roué et rompu vif en place de Grève.

Quant à Mandrin, à la tête de ses hommes auxquels il assurait un fixe de six livres par jour, il n'hésita pas à se mesurer avec les troupes du roi, et s'attaqua à des villes importantes : Autun, Beaune, Bourg... Il poussa même l'audace jusqu'à contraindre des fermiers généraux à lui acheter le produit de ses rapines. Il fut roué vif à Valence en 1775.

D'après notre Code pénal de 1810 (articles 265 et suivants), le seul fait de former une bande de malfaiteurs ou de s'y affilier constitue un crime entraînant les peines de la réclusion ou des travaux forcés, en dehors même de tout attentat réalisé.

L'association de criminels se distingue de la complicité simple, car bien que la pluralité des coupables se rencontre dans les deux cas, le caractère même du concours qu'ils apportent diffère. En effet, l'association implique une hiérarchie dans le groupe : un chef et des auxiliaires perpétrant une série de crimes ou délits.

Le chef porte le nom à' indicateur : il décide de l'expédition,

joue le rôle d'éclaireur, recueille les renseignements , donne l'heure de l'attentat, reçoit le butin et le répartit entre ses compagnons.

Ces groupes ne doivent pas être confondus avec les bandes armées1 qui se proposent de piller ou partager les propriétés nationales ou collectives, ou de résister à la force publique agissant contre les auteurs de ces crimes.

A la catégorie des individus faisant de l'improbité leur industrie habituelle, on peut rattacher les contrebandiers vulgaires. Le but qu'ils se proposent est d'opérer ou de faciliter, au détriment du fisc, l'importation clandestine de produits soumis aux droits. Il fut un temps où la peine de mort était prononcée contre eux, dans presque toute l'Europe.

Le contrebandier se fait une conscience à lui ; et tel qui ne déroberait point une pièce de monnaie à un particulier, ne se fera aucun scrupule de passer en fraude mille francs de tabac ou de dentelles, si l'occasion se présente favorable.

Sous le terme générique de bandes noires, on désigne en France des associations dont les membres se proposent un but de lucre illicite, en employant des moyens inavouables variant du simple délit au crime prémédité.

Ce terme a son correspondant dans toutes les langues , car en chaque pays se rencontrent des individus appartenant à cette catégorie de malfaiteurs.

Les bandes noires ont des spécialités, dans lesquelles leurs chefs arrivent à un incroyable degré de savoir-faire.

Les brûleurs de fonds s'entendent avec les concierges pour faire adresser des pièces de vin à des locataires imaginaires , appelés faisans dans l'argot des affiliés.

Les fusilleurs sont les filous chargés de revendre à vil prix les barriques ainsi expédiées par de trop naïfs négociants de province. La connivence des concierges assure presque l'impunité aux faux courtiers, qui organisent ainsi une véritable société de voleurs très intelligemment dirigée, ayant ses registres,

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