V. Alisti Domi'nici
point que des déchéances très dures ne fussent assez fréquentes alors. Toutefois le grief est de tous les temps et de tous les pays : de nos jours, n'est-il pas de jurisprudence constante, que celui qui, par exemple, donne congé ou renouvelle hypothèque, fût-ce seulement le lendemain du terme fixé , est déchu de son droit?
Les gants étaient une redevance des plus habituelles, un tribut léger qui, sans imposer au vassal une véritable charge, consacrait toutefois, au jour dit, sa dépendance à l'égard du suzerain.
Dans les anciennes coutumes de l'Université, ceux qui appelaient de la sentence du recteur lui devaient « cinq sous d'indemnité; » et les étudiants en théologie offraient tous les trois mois à leurs maîtres des gants, des bonnets carrés et des pains de sucre.
Quant aux docteurs en médecine, ils « régalaient de petits pâtés leurs anciens maîtres ». L'usage finit par tomber en désuétude; cependant jusqu'au xvne siècle, les examinateurs avaient droit à « dix sols pour les gâteaux », sorte de droit d'examen qui conserva le nom de pastillariax , petits pâtés dans le latin de l'époque.
Un présent consistant en gants, se faisait aussi aux gens qui donnaient la primeur d'une heureuse nouvelle, et les locutions « Vous en serez pour vos gants » et « En avoir les gants, s'en donner les gants » viennent certainement de cette habitude.
La paraguante espagnole- qui passa dans les usages et dans le vocabulaire du xvnc siècle, est aussi une de ces gratifications qu'on payait au moyen des gants ou autres menus objets aux porteurs de nouvelles agréables. Le mot se généralisa peu à peu, et du temps de Molière, paraguante s'appliquait à tout cadeau, à tout profit3.