Le Secoîo, mars
réclamer de nouveaux subsides à la famille? Fait-il main basse sur les bijoux? il restitue pieusement ceux qui sont des souvenirs de famille.
Correction de langage, soins respectueux, galanterie délicate accompagnent tous ses exploits. C'est lui qui, baisant la main d'une noble dame, tout en faisant habilement glisser la bague hors du doigt prononce ce mot qui est une trouvaille : « Une si belle main, Madame, n'a pas besoin d'ornements. »
José-Maria, « lion des deux Castilles et de l'Andalousie », { fut une puissance. Le gouvernement jugeant opportun de traiter avec lui, lui accorda une pension de deux réaux par jour et lui confia même un poste à'escopetero. Changement admirable ! sa nouvelle fonction consista à escorter les diligences qu'il dévalisait jadis.
Certains Corses qui se rendent coupables d'agressions et même de meurtres par vendetta appartiennent à un genre spécial qu'on aurait grand tort de confondre avec des malfaiteurs quelconques.
Si ces individus se mettent hors les lois par leurs attentats, c'est à raison d'inimitiés profondes existant entre deux familles, inimitiés engendrées par des questions d'intérêt, des contestations de partage, des rivalités galantes. On recourt aux violences, non pour voler, mais pour se venger de certaines gens seulement : les autres n'ont rien à craindre.
En Corse domine l'esprit de clan : il procède de cette conviction que l'on ne saurait compter sur la protection suffisante du pouvoir, et qu'il faut par suite se faire justice à soi-même. Malgré l'organisation nouvelle, le sentiment populaire corse reste favorable à celui qui, les armes à la main, prétend défendre son honneur, son droit ou celui des siens; et chacun fait son possible pour abriter, cacher, assister celui qui s'est donné cette mission.
C'est donc une lutte entre familles où l'amour-propre est bien plus en jeu que l'argent.
On peut citer à titre d'exemple, une haine célèbre. Un Roc-