‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 258 sur 296 · Mer Bougaud, Vie de saint Vincent de Paul · texte numérisé non relu

Mer Bougaud, Vie de saint Vincent de Paul

menaient dans leurs terres où ils étaient soumis aux plus horribles traitements1.

Les esclaves étaient attachés, du moins durant la nuit, et remisés sous des hangars où, moins bien traités que du bétail, ils restaient dans la misère et le dernier abandon, s'ils ne consentaient pas à embrasser le mahométisme.

Ces pauvres captifs subissaient en effet une véritable persécution pour leur foi, et plusieurs devinrent d'héroïques martyrs. C'est pour consoler et soutenir ces généreux chrétiens, que saint Vincent de Paul résolut d'envoyer en Barbarie ses prêtres de la Mission, et le bien qu'ils y accomplirent est incalculable.

Voici quelques-uns des traits relatés dans un rapport qu'ils présentèrent à leur fondateur, au sujet de leurs œuvres : « En 16i6, écrivaient-ils, pour contraindre une jeune chrétienne à renier Jésus-Christ, les Turcs lui donnèrent plus de 500 coups de bâton; et, alors qu'elle était à demi morte, couchée par terre, deux d'entre eux la foulèrent aux pieds avec une telle sauvagerie qu'ils l'écrasèrent littéralement, et elle mourut ainsi pour sa foi. »

Un autre enfant, de onze ans, était obsédé par un pirate son maitre pour qu'il reniât le Christ. Battu à deux reprises de cruels coups de bâton, il dit pendant qu'on le martyrisait : « Coupemoi le cou si tu veux, car je suis chrétien; mais tu perds ton temps, je ne serai jamais autre. »

L'un des Pères pris par les pirates est frappé de 100 coups de verge sous la plante des pieds, celui-ci étranglé, celui-là attaché à la bouche d'un canon.

Un fait sur lequel on peut revenir ici avec quelque insistance, est celui de l'enlèvement de saint Vincent de Paul par des pirates et l'esclavage qui en fut la conséquence. S'étant embarqué afin de se rendre par mer du côté de Narbonne, saint Vincent fut pris par trois brigantins2 turcs qui côtoyaient le golfe du Lion pour piller les barques venant de la foire de Beaucaire. Dans l'abordage, Vincent reçut un coup de flèche; plusieurs de ses

1. Les principales dispositions de l'ancien régime contre la piraterie sont l'Édit de mars 158 4, et la déclaration du 1er février 1650.

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