‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 260 sur 296 · Thésée · texte numérisé non relu

Thésée

Les lettres de marque [ ne pouvaient être octroyées qu'à des Français audacieux, habiles, justifiant d'états de services exceptionnels, et fournissant un cautionnement que l'on vit s'élever à 37.000 francs pour 150 hommes. La durée du privilège était de 6, 12, 18, 24 mois.

Le bâtiment une fois « baptisé de son nom de course », n'en pouvait plus changer; et les commissaires de la marine, avant de le laisser quitter le port, devaient s'assurer qu'il était de solide construction, bien gréé, de marche rapide, muni d'une artillerie en bon état, et de piques, haches d'abordage et accessoires nécessaires au but auquel on le destinait.

En France les règlements concernant la course en cas de guerre accordaient des primes importantes à ceux qui s'y livraient. Ainsi les corsaires touchaient 40 francs pour chaque prisonnier fait sur des navires marchands et amené dans un port français; et de 4-5 à 60 francs s'il s'agissait d'un matelot pris sur les vaisseaux de combat. Par contre, le capitaine ne pouvait abandonner sa capture, à peine de 100 francs d'amende.

Pour chaque bouche à feu conquise , les gratifications suivantes étaient assurées à l'équipage : 110 francs, 1 G0 francs, 200 francs pour un canon du calibre de 4, selon l'importance du navire capturé; et 1G0, 250 ou 400 francs de prime si les vainqueurs rapportaient un canon de 1 2.

Parfois les capitaines rançonnaient selon leur libre arbitre leurs ennemis ; mais ils devaient alors rendre compte aux commissaires de la marine de la somme obtenue.

En 1694-1695, les Anglais ayant bombardé nos ports de la Manche, réduit presque en cendres la ville de Dieppe et détruit les fortifications du Havre, une véritable armée de corsaires s'organisa sur nos côtes. Le tort causé au commerce anglais fut tel, que le traité d'Utrecht imposa à Louis XIV l'obligation de combler le port de Dunkerque.

Sous la première République, Calais et Boulogne rivalisèrent d'ardeur et d'audace pour « jeter le grappin » sur tous les bâtiments anglais qu'ils pouvaient atteindre dans le détroit. En dépit

Page 1