‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 261 sur 296 · Arrêtés consulaires du 11 prairial an XL · texte numérisé non relu

Arrêtés consulaires du 11 prairial an XL

des brûlots et de l'artillerie des corvettes ennemies, les « loups de mer » n'hésitaient pas à les accoster et à les prendre à l'abordage en leur livrant de formidables assauts, la hache au poing.

A Boulogne-sur-Mer les prouesses de Buccaille, que l'Empire fit baron pour le récompenser de sa bravoure , sont restées légendaires.

Dans une savante étude, de M. H. Malo, nous trouvons des documents inédits sur les anciens corsaires. Dès le me siècle, un loup de mer, Carausius, prend comme port d'attache Bononia pour s'opposer aux pirates venus du Nord. Sous les croisades, Guinemer, marin de cette ville, écume la Méditerranée. Plus tard, Eustache le Moine reçoit de Jean sans Terre sept nefs avec lesquelles il s'empare des îles de la Manche.

Mais la course prend un caractère plus ardent quand il s'agit de pourchasser les vaisseaux anglais pendant le siège de Calais par Edouard III. Au xvne siècle, l'attaque sur mer des navires appartenant à l'ennemi est officiellement consacrée par l'octroi des lettres de marques enregistrées par l'Amirauté et par plusieurs Ordonnances, celle du 7 décembre 1689 notamment.

Vint ensuite un nommé Thurot, du port de Boulogne, que le ministre de la guerre, le maréchal de Belle-Isle, chargea de châtier les Anglais qui, en pleine paix, avaient capturé plusieurs bateaux français. Nommé commandant de la corvette la Friponne, Thurot, en huit jours seulement, s'empara de soixante navires appartenant à l'Angleterre.

De 1789 à 1815 on trouve 95 noms de capitaines corsaires boulonais.

L'armement d'un navire de course comportait en 1809 : lk canons, 76 boulets, 10 boîtes à mitraille, kO fusils, 15 paires de pistolets, 7 espingoles, 30 sabres, 120 livres de balles, le tout estimé 973 fr. 60 c. Comme la répartition des primes était faite « par canon », les armateurs en embarquaient plus qu'il n'était utile; aussi en août 1808, le Préfet du premier arrondissement maritime avait-il dû prendre un arrêté pour remédier à cet abus.

Par une déclaration du 16 avril 1856, les signataires du traite' de Paris ont déclaré la course abolie, et le pavillon couvre main-

tenant la marchandise, à l'exception de la contrebande de guerre.

Presque tous les États des deux Mondes ont souscrit à ces conditions, sauf pourtant l'Espagne, le Mexique et les États-Unis. Toutefois l'auteur précité fait remarquer qu'à la rigueur, l'Angleterre pourrait, au cas échéant, dénoncer le traité si elle y voyait intérêt, lord Derby ayant fait un jour cette remarque intéressante, « que l'acte de 1856 n'a été ratifié ni par la Couronne ni par le Parlement ». Pratiquement la question est de minime intérêt, car il est évident qu'à raison de son immense marine marchande, l'Angleterre serait la première à souffrir du rétablissement de la course.

On aura une idée de ce que pourrait être l'importance d'un nouvel appel aux corsaires si Ton se souvient que, pendant la guerre de Sécession, le Sun te?* et YAlabama firent, l'un 18 prises en sept mois, et l'autre 62 dont les coques seules valaient 25 millions.

Faut-il s'étonner de ces chiffres quand on sait que, de 1793 à 1815, les corsaires français capturèrent 10.800 navires de commerce anglais, dont près de 1.000 dans la seule année 1797, la plupart pris dans le détroit du Pas-de-Calais.

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