Mancipium, mot neutre désignant l'esclave romain
3. La valeur moyenne de l'esclave hébreu était de 30 sicles ; la femme, 10 sicles ; les enfants de 3 à 5 sicles.
La différence entre le traitement réservé aux esclaves, selon qu'il s'agit du Peuple de Dieu ou au contraire de la gentilité, s'accentue en bien des circonstances : ainsi le maître hébreu avait même pour devoir d'assurer à ses gens le repos au jour du sabbat.
Que dira au contraire Caton : « Vends les bœufs hors d'usage; vends tes veaux, tes agneaux, ta laine, tes cuirs, tes vieilles charrues, tes vieilles ferrures, ton vieil esclave ou ton esclave malade et tout ce qui ne te sert pas ».
Pour être édifié sur le sentiment des Grecs, il suffira de citer quelques lignes d'Aristote : « Il y a, écrit-il, des hommes inférieurs aux autres autant que le corps l'est à l'âme : ceux-là sont esclaves par nature... L'enfant n'a qu'une volonté imparfaite, la femme en a une en sous-ordre ; l'esclave , lui, est absolument privé de volonté ».
Et le philosophe ajoute le sophisme suivant : « La nature même a voulu l'esclavage, en faisant le corps des hommes libres différent de celui des esclaves vigoureux, les premiers étant au contraire incapables de courber leur droite stature pour les rudes labeurs ».
Les Grecs utilisaient comme gens de peine ou cultivateurs, les étrangers qu'ils avaient vaincus. Celui qui avait soumis des hommes libres signalait parfois son triomphe par des actes de sauvagerie flattant son orgueil : ainsi les Samiens ayant défait les Athéniens, firent imprimer sur le front des captifs des figures de hibou ou des têtes de cheval , pour publier ainsi le succès de leurs armes.
Mais plus encore que la guerre , la piraterie alimentait d'une façon continue l'esclavage : ce fut comme l'accessoire naturel de la navigation des Grecs; et Strabon assure que sur les bords du Pont-Euxin les Achéens, les Zyges, les Heniochi vivaient de ce genre de commerce.
L'homme libre était surtout convoité, car non seulement il valait à raison de son intelligence et de sa qualité, mais on escomptait surtout le prix de s&rançon. Ainsi on volt dans un plaidoyer de Démosthène qu'un nommé Nicostrate ayaut été pris par les pirates fut conduit à Égine, et là mis en vente; pour reconquérir sa
liberté, il fut obligé de payer 26 mines. Les Achéens se signalèrent entre tous par leurs incursions continuelles sur les rivages de la Troade pour s'emparer des hommes, des enfants et des femmes. Dans les tentes des chefs grecs se trouvaient une foule de captives; et c'est la possession de Tune d'elles, la belle Briséis, qui est le sujet de Y Iliade et provoque la querelle entre Achille et Agamemnon.
A quel prix Homère estime- t-il une esclave de choix?
Ses deux poèmes comparés nous donneront une réponse. D'après Y Iliade, une habile ouvrière « vaut quatre bœufs », et YOdijssée nous indique qu'une autre est achetée au prix de vingt de ces animaux.
La capture ne s'exerçait pas seulement sur mer, mais encore au sein des villes, en employant, au lieu d'armes, des pièges et des ruses. Les ravisseurs d'hommes portaient en Grèce un nom particulier1 : les affiliés hommes et femmes parcouraient les rues, les places publiques, rôdant autour des jeux et des fêtes, s'emparant des enfants et même des voyageurs égarés pour négocier ensuite leur rachat avec la famille.
Le Tribunal des Onze, à Athènes, comptait dans ses attributions la recherche des personnes ainsi capturées.
Certaines régions avaient leur spécialité : l'Egypte fournissait à la Grèce ses naturels comme hommes de peine" pour les durs ouvrages2, et ses noirs comme esclaves de luxe3; l'Ionie procurait d habiles joueurs de flûte et de souples danseuses, et le Péloponèse, des femmes d'esprit. Quant aux Ilotes conquis par les Spartiates dans la Laconie, ils formaient une population de serfs officiels que l'État utilisait à son profit, ou dont il louait les services aux citoyens.
Les marchands d'esclaves4 étaient protégés par les lois qui frappaient d'exhérédation ceux qui les inquiétaient. La raison en est que le trésor trouvait profit à cette sorte de vente, sur laquelle il prélevait une taxe importante.