Vectigal
Rome, aussi Lien que dans FHellade, par des considérations toutes mercantiles : avait-on besoin d'hommes soit de belle prestance, soit de goût artistique? On s1 attaquait à des Ioniens ou à des Alexandrins. Au contraire, on n'obtenait qu'un vil prix des Cappadociens, des Cretois ou des Corses, car les premiers passaient pour être sots, les seconds menteurs, et les derniers indociles comme nuls autres.
Quand il n'y avait pas surabondance d'offres par suite de faits de guerre exceptionnels, l'esclave romain avait une valeur vénale importante, lorsqu'il était doué de qualités ou de talents spéciaux. Si un vulgaire pécheur ne valait pas le turbot qu'il avait pris, comme le remarque Juvénal, un artiste, un lettré, un comédien était coté parfois 100.000 sesterces1. Quant aux jeunes filles, leur prix variait entre 20 et 40 mines.
Sous les empereurs chrétiens, la loi de charité améliora sensiblement le sort des esclaves, et les voleurs d'hommes furent même menacés de la peine capitale. Constantin réprima la barbarie des maîtres; Léon autorisa les esclaves à épouser des personnes libres ; Justinien interdit de forcer à monter sur les théâtres les femmes qui étaient en servitude, et il multiplia les causes de libération : l'esclave mutilé par son maître, celui qui restait trois ans dans un monastère, avaientdroit à l'émancipation.
Au quinzième siècle, l'esclavage était complètement aboli chez toutes les nations chrétiennes de l'ancien continent; mais, lors de la découverte de l'Amérique, on songea à employer les robustes habitants de l'Afrique occidentale pour cultiver les terres et exploiter les richesses du Nouveau Monde.
Dans la Guinée, une foule de petits rois sans cesse en guerre entre eux, se débarrassaient de leurs prisonniers, soit par le cannibalisme, soit par d'autres procédés barbares.
Dès qu'on trouva moyen de tirer parti des vaincus, un nouvel état de choses s'accentua.
Les colons des Antilles réclamaient des bras pour l'exploitation de leurs concessions, et le travail des Européens avait été essayé sans succès sous le climat dévorant de la zone torride ; seuls les