SUwt me, ut viscera mea. (Épît. à Philém
sociale que, vers la fin du second siècle et dans les débuts du premier avant Jésus-Christ, les esclaves insurgés avaient dans des guerres, dites serviles, balancé le succès des armées romaines en Sicile et au sud de l'Italie et étaient venus assaillir Rome elle-même.
De plus, proclamer l'émancipation générale, alors qu'agriculture, négoce, industrie et arts divers étaient aux seules mains des hommes asservis, c'eût été décréter la complète désorganisation sociale; sans compter que des milliers de libérés, livrés inopinément à leur propre initiative, n'auraient su que faire tout ensemble de leurs bras aussi bien que de leur liberté.
Le nombre d'esclaves qui ont refusé de sortir de leur condition prouve que la misère effraye parfois plus encore que la servitude.
A vingt siècles de distance, et en dépit des civilisalions, les meilleurs esprits ne pensent pas autrement que les premiers pasteurs du Christ. « Abolir d'un trait de plume l'esclavage au Soudan, écrit en 1899 le vainqueur de Samory, serait une erreur : en agissant radicalement, on bouleverserait le pays dans ses mœurs enracinées. De plus, jeter les gens à la porte de leur maître sous prétexte qu'ils sont libres, et cela sans pouvoir leur assurer un lendemain, c'est mal comprendre les habitudes du noir, apathique et sans initiative. L'émancipation est une question de temps1. »
Quant au témoignage de saint Paul, revendiquons-le énergiquement en faveur de la sainte loi d'égalité chrétienne. N'est-ce pas lui, en effet, qui, dans son Épître aux Galates a écrit cette solennelle déclaration : « Il n'y a plus ni Juifs, ni gentils, ni esclaves, ni maitre (non est servus neque liber)..., vous êtes tous un dans le Christ2 ».
Bossuet a-t-il subi un peu trop l'influence de son temps qui, on l'a vu, faisait de la traite un négoce privilégié? On peut le croire. Toutefois cette si haute intelligence devait obéir à d'autres mobiles plus élevés. Or, en étudiant avec soin le contexte de l'écrit,