Arbitrio boni viri
rectc dont ses pères avaient eu besoin, avant que la société fût passée des mains du seigneur dans celles du roi. Aussi la corvée fut-elle, de toutes les institutions, la plus détestée peutêtre vers la fin du xvme siècle.
D'après l 'Instruction du 13 juin 1738, le nombre de journées dues, variait de six à quarante ou même cinquante, et le travail des corvéables pouvait les appeler jusqu'à sept lieues de leur domicile. Y était astreint tout individu de seize à soixante ans; et, chose plus grave, on pouvait se refuser à accepter le rachat de la corvée à prix d'argent.
En fait, la charge devenait très pénible, et cependant à l'origine, selon la remarque du président Bouhier, il avait été naturel que le seigneur en accordant la franchise, se réservât en échange quelques avantages1. Mais on s'explique qu'au bout de longues années d'émancipation relative, les descendants aient fini par considérer comme périmées, les obligations personnelles contractées « à perpétuité », par un de leurs ancêtres, envers un seigneur dont ils ne savaient même plus le nom.
L'Assemblée constituante a supprimé radicalement toute corvée en faveur des personnes, les tolérant seulement au profit d'un fonds.
Quant aux corvées réelles d'origine féodale, elle les déclara toutes rachetables moyennant une somme, si le débiteur entendait s'en libérer.
De notre temps, si Ton n'est plus « corvéable », on reste non moins « taillable » que par le passé.
Tout est matière à impôt, tout est prétexte à contribution! Nous l'avons montré dans une étude personnelle publiée par nous il y a quelques années sous le titre de « Journée d'un contribuable* », brève synthèse qui est bien ici à sa place.
Procédons, en effet, à une revue rapide des charges qui pèsent sur le contribuable français.