Traité des lois. liv. V
comme de vrais propriétaires ; et à l'exécution du contrat, était affectée la garantie collective des citoyens du groupe, réputés caution dans l'intérêt de tous.
A côté des biens collectifs existait le patrimoine héréditaire, que le seigneur grec ({3a<nX£j5ç) transmettait obligatoirement à ses descendants, les tenanciers d'alors (fyéwç) n'en ayant que la jouissance.
L'histoire nous apprend que les terres de Laconie furent partagées en 39.000 lots égaux, dont 9.000 réservés aux seuls Spartiates, avec interdiction de les aliéner. C'était le moyen d'éviter la dilapidation des richesses, qui s'évanouissent à bref délai, quand elles ne sont plus représentées que par la moins stable, la moins durable des valeurs : la monnaie d'argent ou d'or.
Les propriétaires grecs furent divisés en trois catégories, 1° ceux qui avaient un revenu annuel de 500 mesures ou médimnes1; 2° ceux qui n'en avaient que 300 et pouvaient nourrir un cheval de guerre (les chevaliers) ; 3° la classe qui ne jouissait que de 200 mesures 2. Quant aux autres citoyens, ils portaient le nom de mercenaires3, mais se distinguaient des esclaves4.
A côté des citoyens, on rencontrait les demi-citoyens, les métèques ou étrangers. Entre toutes les cités, Athènes, la ville la plus libre, la plus civilisée, attira chez elle les commerçants et les banquiers des pays voisins, en leur reconnaissant certains droits personnels : toutefois les métèques n'avaient pas la permission d'épouser une fille de la cité, ni d'acquérir aucune propriété immobilière. On les frappait de taxes exceptionnelles destinées à organiser des réjouissances publiques; à eux incombait la charge « de payer la musique ».
S'agissait-il de faire une loi modifiant la propriété? Le peuple était convoqué en Assemblée, et le Décret n'était valable que s'il réunissait au moins 6.000 suffrages, exprimés « soit en levant la main, soit en déposant un bulletin de vote ».
1. IïevTaxoffiojjLÉSijjLvoi. Le médimne équivalant à cinquante-deux litres, les 500 modimnes dont devait justifier la première classe des propriétaires grecs, équivalaient donc à un revenu annuel d'environ 260 hectolitres.