‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 39 sur 296 · Decuma · texte numérisé non relu

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le produit des amendes1 prononcées par les juges, sorte de budget des cultes qui n'entrait pas dans la caisse du trésor, et avait une destination pieuse : édifices sacrés, fêtes religieuses...

Enfin un impôt du vingtième était prélevé sur la valeur des esclaves affranchis (vicesima libertatis). Cette ressource spéciale constituait une réserve à laquelle on ne devait toucher que dans les cas d'absolue nécessité ; aussi la considérait-on comme un « trésor sacré2 ».

DéjàCicéron tenait pour indiscutable que la terre pouvait être le patrimoine inviolable de chacun ; de son côté Sénèque appelait la propriété un droit naturel; mais le Christianisme était seul capable d'opérer une transformation profonde dans la condition des personnes. En disant aux Romains, aux étrangers, aux maîtres, aux esclaves : « Vous êtes frères », il allait bientôt renverser le despotisme et abolir la servitude, pour y substituer les principes de Liberté, d'Égalité et de Fraternité qu'il venait mettre en pratique et diffuser à travers le monde, avant que la Révolution les formulât dans sa mémorable et prestigieuse trilogie.

Si, passant à l'époque féodale, nous cherchons ce qu'était alors la propriété, nous trouvons les biens dans une condition spéciale qui a été déjà indiquée au chapitre des redevances. Celui qui possède la terre n'est maître d'abord que d'une manière conditionnelle et limitée : il tient ses droits, ou est censé les tenir d'anciens propriétaires, qui jadis auraient concédé l'exploitation, sans toutefois s'en être dessaisis complètement.

Sans doute la concession fut réelle d'ordinaire; mais souvent aussi elle fut fictive, le petit propriétaire se trouvant dans la nécessité de se faire protéger par un homme puissant, c'est-àdire préférant être défendu comme tenancier, plutôt que de se voir absorbé par les empiétements de voisins cupides, ou dévalisé par les bandes de voleurs qui pullulaient partout.

Qu'on ne s'y méprenne point! Pendant plusieurs siècles, le

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