Relief ou rachat
de ce qui se faisait à l'égard du seigneur féodal, qui voyait d'abord dans son vassal, un soldat.
C'est en effet par exception que les terres roturières obligeaient à porter les armes : d'ordinaire le fief vilain n'imposait à celui qui l'occupait que des paiements en deniers ou en nature, de simples impôts par conséquent.
Quand la propriété était entière, absolue, elle prenait le nom d'alleu. L'alleu, terre libre, était par conséquent supérieur au fief qui, lui, entraînait des redevances, et ne conférait que la jouissance.
Si l'inféodation ou établissement d'un fief s'appliquait d'ordinaire à un fonds, la concession cependant pouvait porter sur des droits quelconques, et même sur les occupations les plus vulgaires.
Ainsi non seulement la fonction d'officiers et les charges de judicature étaient matière à investiture, mais « les services des domestiques et des cuisiniers pouvaient être constitués en fiefs1 ».
On peut voir dans Laurière comment, par exemple, les emplois des fournisseurs et des serviteurs des rois d'Ecosse étaient érigés en fiefs, qu'il s'agît de boulanger, de charcutier, de laitier, de cuisinier, de concierge, ou même de « clercs de cuisine2 », c'est-à-dire de jeunes marmitons.
En tout cas, môme pour les gens de maison," le droit octroyé impliquait le rite féodal de foi et hommage, et était souvent transmissible aux héritiers, comme l'eût été une charge de justice ou un office public.
La même chose s'observait dans le Poitou qui appartenait alors à l'Angleterre, et l'histoire de cette province relate un acte d'inféodation passé en 1277, entre le comte seigneur de Poitou et son chef de cuisine. Nous avons sous les yeux cette pièce rare3, elle montre que la fonction de cuisinier du seigneur était « un vrai