V. Dr. can., loc. citât. Coi Théod., XVI, tit. 8, n
6. Recueil des interprétations données par les rabbins à la loi de Moïse.
non furtif de l'objet acheté, sont des manifestations non équivoques du droit sur la chose. Il a été admis par la loi rabbinique que la vente serait ratifiée par le déplacement ou Ja préhension de la marchandise 1 : ainsi le fait de saisir le licou ou les rênes de l'animal qu'on achète, est théoriquement suffisant pour rendre la vente irrévocable et transférer la propriété. Mais s'il s'agit d'un animal errant, c'est-à-dire dont le maître est incertain, les docteurs talmudiques estiment que pour devenir propriétaire « il est nécessaire de faire marcher l'animal » , la prise de possession ne résultant pas suffisamment de ]a mainmise sur les rênes ou les harnais2.
D'autre part, si un objet n'a point de propriétaire connu, il appartient de droit d'après le Talmud, à celui qui se trouve placé dans un rayon de quatre aunes. Cette loi, ajoutent les interprètes, n'est pas applicable « dans les rues très fréquentées où les passants sont tellement pressés les uns contre les autres, qu'on ne peut pas accorder à chacun d'eux un rayon égal à quatre aunes3 ».
Il est évident que la fiction ne saurait être invoquée quand il est question d'un objet perdu dans une foule; car il pourrait se rencontrer alors vingt personnes, et plus, fondées à revendiquer en même temps la présomption de propriété en leur faveur.
Outre le droit de vie et de mort, celui peut-être plus horrible encore, de tailler sur le corps du débiteur un morceau de sa chair (ainsi que l'admettait la loi des décemvirs) , semble avoir été exercé anciennement dans plusieurs pays : en Norvège, en Turquie, en Italie. Ainsi dans un fragment de la Coutume de Norvège, se lit cette disposition, dont la traduction textuelle a été donnée par Grimm : « Quand celui à qui l'on doit, verra son débiteur se refuser à travailler à titre de compensation, et que personne ne voudra intervenir pour payer, il aura le pouvoir de couper sur le corps du débiteur ce qu'il voudra. »
1 . L'action symbolique de déplacer la marchandise ou de l'attirer à soi, s'appelle Meschikbah.