M. Courdioux, anc. mission, au Bénin
la malédiction de sa mémoire , c'est-à-dire privé de la sépulture , et voué aux gémonies.
La famille, écrit M. J. Kervadec, se réunit « pour accomplir la destinée du mort » . Cette cérémonie a lieu de nuit. On a planté d'avance dans l'endroit consacré quatre gros poteaux soutenant, à lra,80 du sol, une plate-forme rectangulaire construite en bambou. Le mort, enveloppé d'un ou deux pagnes, est placé dessus, la tête légèrement soulevée, et recouvert d'une étoffe blanche. Les assistants s'éloignent ensuite, laissant ainsi le cadavre exposé aux fourmis, aux mouches et aux oiseaux. Une loi du pays défend en effet de toucher aux ossements des insolvables. Le fétichisme et la superstition donnent à cette défense un caractère religieux.
A Petit-Popo , cet ossuaire est situé dans une vaste plaine au nord-ouest de la ville. Il présente à la vue un aspect étrange; çà et là, disséminés sans ordre, les funèbres échafaudages apparaissent au loin ; les plus récents conservent encore le voile blanc que balance le vent. D'autres plus anciens ne laissent apercevoir qu'un mélange informe d'ossements desséchés et de monceaux d'étoffes. On évite de voyager dans la plaine, car les émanations qui se dégagent des cadavres fraîchement déposés et la multitude de mouches qui essaiment à l'entour, en rendent l'approche fort désagréable. Outre l'insolvabilité, il y a d'autres fautes qui sont également punies de la privation de sépulture : ce- sont les outrages aux fétiches et, dans certaines circonstances, le meurtre1.
A l'égard de quiconque ne paye pas ses dettes , la loi chinoise fait preuve également d'une extraordinaire dureté2.
Le débiteur qui ne se libère pas, disent les textes chinois, est un véritable escroc, car il a dû prévoir qu'il ne pourrait pas payer ce qu'on lui a vendu, ou qu'il ne serait pas en mesure de rembourser les avances d'argent qui lui ont été faites.
Traité comme fripon, le débiteur est de plus puni pour avoir commis un abus de confiance, car il est censé détenir indûment l'argent de la dette dont il ne se libère pas ; et c'est un dépôt dont il est responsable.