M. B. Asher
Les criminels qui ont été marqués plus de vingt-quatre fois sont condamnés à la peine capitale : on les répute incorrigibles.
La flagellation, peine accessoire, est appliquée selon la mesure des forces de celui qui la subit, car un médecin assiste au supplice, et, tenant le pouls du patient, dose la durée des coups et arrête la fustigation quand il le juge nécessaire.
Depuis quelques années, d'ingénieux industriels, désireux d'économiser leurs frais généraux, ont imaginé de disposer dans les endroits publics des distributeurs automatiques pour vendre parfumerie ou friandises; or les nègres, eux, ont inventé un système équivalent en plaçant certaines marchandises sous la protection des Esprits : l'acheteur qui les enlèverait sans en acquitter le prix, commettrait d'après eux plus qu'uu larcin, un vrai sacrilège.
En Guinée et ailleurs, écrit un Missionnaire1, on rencontre des objets usuels ou comestibles déposés au bord des chemins les plus fréquentés, avec un signe pour en désigner le prix. Le vendeur laisse là sa marchandise en pleine sécurité, car à côté il a eu soin de mettre un objet fétiche chargé de la garder, Y toucher sans laisser à la place la somme désignée, serait attirer sur soi une terrible malédiction. C'est là un usage qui n'est pas sans avantages pour le vendeur et pour les passants, et pas un noir n'oserait s'approprier, sans payer, l'objet rendu sacré.
Terminons par un détail peu banal.
Pendre un homme pour le punir d'avoir dérobé un petit morceau de lard, est certes une répression singulièrement disproportionnée avec le méfait reproché. Le cas s'est présenté cependant dans les conditions suivantes.
A l'extrémité N.-O. de l'Amérique, coule le Klondyke, qui roule dans ses sables des débris aurifères arrachés aux rochers de ses rives; aussi des chercheurs d'or sont-ils venus s'établir près de ce nouveau Pactole.
Dans cette région placée en dehors de toute organisation so-