Donec solvantur species
2. Les épingles, accessoires de toilette des plus vulgaires aujourd'hui, furent une rareté quand elles remplacèrent \& fibule antique, grossière et incommode ; on peut donc supposer que ce fut l'occasion de cadeaux fréquents lorsque la France eut ses premières fabriques d'épingles. Actuellement elle en exporte pour (JOO.000 francs par an.
attaches si nécessaires aux toilettes; depuis 1410, les épingles de métal ont remplacé les épines pour la classe pauvre, et les brochettes d'ivoire, d'or ou d'argent employées par les femmes riches. En 1408 la Cour de Charles VI étant venue à Tours, un fileur de laiton remarqua que ces brochettes déchiraient les étoffes et les mains des Dames de la Cour; il se cousacra alors à la confection d'attaches spéciales ou épingles, semblables à celles dont on se sert de nos jours. Le prix en France en fut d'abord très élevé, et jusqu'au règne de Henri VIII, époque à laquelle Catherine Howard les introduisit, elles restèrent inconnues en Angleterre.
Par « épingles » on désigna longtemps les cadeaux offerts à une femme pour avoir rendu certains services, grâce à ses relations ou à l'influence de son mari : quand on n'osait pas marchander directement la conscience d'un fonctionnaire, on envoyait des épingles à sa femme... Ce n'était pas moins efficace, mais plus prudent.
C'est aussi le nom donné aux pensions royales, assurées jadis à certaines grandes dames. « Mme d'Étampes touchait 500 livres de pension pour ses épingles1. »
Est-il donc si éloigné le temps où l'on remettait comme remerciement, un cachemire de l'Inde aux femmes du monde qui avaient négocié heureusement un projet d'union?
Maintenant, « épingle » ne se dit plus que des gratifications d'un client qui, satisfait d'un travail exécuté ou désireux de stimuler le zèle et le bon goût des ouvriers, donne ou promet au fournisseur, en plus du prix convenu, une somme à partager entre les employés.
En province, ce mot désigne parfois simplement des arrhes; ainsi en Bourgogne, lors de la vente du produit de sa vigne, le propriétaire donne des « épingles ».
Les rituels matrimoniaux du moyen âge en France, en Angleterre et ailleurs encore, indiquent que le fiancé devait déposer sur le plateau d'une balance quelques deniers pour les indi-