‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 61 sur 296 · De Laborde, Émaux · texte numérisé non relu

De Laborde, Émaux

gents : la somme dépendait de sa fortune. Cet argent, destiné à solenniser le contrat et à l'affirmer juridiquement, est bien l'un des modes du denier à Dieu, « donnant aux pauvres, donnant à Dieu », comme on disait alors.

Le ciel était ainsi témoin de l'engagement pris, et de l'acompte remis « à Dieu » en la personne des malheureux, comme garantie de loyale exécution. On agissait de même pour ratifier les contrats, le denier à Dieu participant du caractère des arrhes. Les coutumes de Lille { s'en expliquent en ces termes : « Si l'acheteur est accoutumé de donner au vendeur une petite pièce d'argent, c'est pour distribuer aux pauvres en témoignage que les contractans sont d'accord. »

Une offrande était également réservée aux auxiliaires de la justice, tels que les greffiers, ainsi qu'il résulte d'un débat porté devant le Parlement de Paris2, par un plaideur « baillant denier à Dieu es mains du greffier ».

En France le denier à Dieu n'est plus guère usité que pour les concierges et les domestiques; cependant il peut, légalement, être une preuve directe de conventions intervenues.

On entend souvent répéter cette locution : « Il a touché telle somme..., sans compter le tour du bâton! »

Borel, dans ses Ètymologies, en donne une explication ridicule, osons le dire; d'autant plus que l'auteur qualifie de la façon la moins courtoise ceux qui ne partagent pas son opinion. « La manière d'écrire bâton, dit-il, est vicieuse dans le cas, quoique habituelle : c'est une orthographe imbécile... On ne doit pas écrire bâton mais baston, parce que lorsqu'on veut mettre quelqu'un dans ses intérêts en l'intéressant lui-même par dons ou promesses, on prend un ton plus bas...3 »

Autant vaudrait soutenir que la vraie orthographe de pantalon est « pend talon » parce que ce vêtement descend jusqu'à la chaussure !

D'autres supposent qu'il pourrait y avoir là une allusion au

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