‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 65 sur 296 · Vinum vetitum, vin défendu · texte numérisé non relu

Vinum vetitum, vin défendu

autre qu'au maitre du fief, est aboli depuis le 15 mars 1790; il en est de même du droit de bannée que payait le vassal pour se servir obligatoirement du moulin et du pressoir banals1, ou encore pour cuire son pain au four commun, appartenant au seigneur. Cependant des privilèges nombreux sont réservés à l'État : il a ses poudres, son papier timbré, ses allumettes, ses salines.

Quelques seigneurs ne permettaient de danser, de baller que moyennant finance; aujourd'hui ce sont les billards, les cartes, qui sont passibles de droits.

Les prestations personnelles, nous l'avons montré, ne sont-elles pas un souvenir manifeste de l'antique corvée?

Vaide d'hoste2 était pour le vassal, l'obligation de prendre les armes à la requête de son seigneur. Désormais, chez nous, le service militaire sans remplaçant est devenu la loi générale.

Certes, on n'acquitte plus pour les moulins le droit de vent, et le fenestrage3 féodal est supprimé; mais pour jouir du jour et de la lumière, n'avons-nous pas été imposés sous la forme de contribution des « portes et fenêtres » ?

Décorés de noms modernes, les impôts, nous l'avons vu tout à l'heure, ne sont pas moins lourds pour le contribuable actuel, qui, rançonné et pressuré, semble redevenir « taillable à merci ».

Puissent nos gouvernants comprendre un jour la sagesse de cet antique adage : « Le prodigue d'aujourd'hui, c'est le pauvre de demain. »

Dans l'exposé des profits populaires, le glanage, c'est-à-dire « la gerbée des pauvres », ne saurait être passé sous silence.

L'Écriture nous rapporte que Booz, rencontrant Ruth qui glanait dans son champ, dit à ses moissonneurs : « Quand cette jeune fille viendra ramasser entre les gerbes, ne lui infligez point confusion; au contraire, jetez exprès des épis de vos javelles, afin

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