‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 67 sur 296 · Du 22 mai 1742 et du 17 mai · texte numérisé non relu

Du 22 mai 1742 et du 17 mai

2. Le législateur dès Tannée 1550, 2 novembre, avait permis le glanage, 1° aux enfants, 2° aux infirmes, 3° aux vieillards.

de « suile » auquel se rattache la singulière locution « graisser la patte ».

Quitard écrit que cela doit s'entendre de l'homme qui se laisse corrompre par un présent. Dans le temps où Ton payait la taxe de porcherie, le redevancier qui voulait gagner la bienveillance du commissaire dîmeur, lui remettait, de la main à la main, un morceau de la viande soumise à l'impôt. Le droit de suile remonte à une date fort reculée. Il fut accordé aux Églises dès Fan 560 par édit de Clotaire Ier; et ce fut pour le percevoir plus commodément que le chapitre de Paris fit tenir la « Foire aux jambons », près du parvis de Notre-Dame, le mardi de la Semaine sainte.

A cette époque la loi d'abstinence étant généralement observée, on pouvait sans inconvénients permettre d'avancer « la vente des provisions grasses », en vue de la fête de Pâques.

On a supposé qu'une redevance de carottes avait motivé cette autre locution non moins populaire : « Tirer une carotte », pour exprimer qu'on a soutiré adroitement à quelqu'un une chose qu'il n'était pas disposé à donner.

Voici quelle en serait l'origine prétendue :

Au xvie siècle, les Carmagnolais 2 furent surchargés d'impôts par le légat de M. de Savoie, comme on disait alors; les carottes avaient été particulièrement imposées; mais en présence du mécontentement général, le gouverneur déclara accepter comme paiement en nature, deux carottes prélevées sur chaque botte, par ses gens. Le peuple ne voulut pas se laisser « tirer des carottes » ; il se révolta, prit pour signe de ralliement une perche ornée d'une botte de carottes, et saccagea la ville et les environs.

Une autre étymologie prétend établir une relation entre l'expression en question, et l'habitude des contrebandiers de trafiquer des « carottes de tabac ».

Enfin il est peu de locutions plus connues ni dont le sens soit plus formel que celle-ci « faire danser l'anse du panier », pour désigner les bénéfices que prélèvent cuisiniers et cuisinières sur

Page 1