‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 7 sur 296 · Annona · texte numérisé non relu

Annona

corvées pour les routes, des fournitures pour les soldats, de lourds impôts indirects; puis encore des droits de douane1 ou de circulation, perçus dans des bureaux2 établis sur les côtes et les grandes routes ; des droits d'entrée analogues à nos octrois, et enfin des impôts de succession, s'élevant jusqu'à vingt pour cent3.

La douane et encore d'autres administrations fiscales, en percevant la taxe, attachaient aux objets passant par leurs bureaux, un plomb retenu par une corde.

Les impôts indirects étaient affermés à des banquiers responsables4 rappelant un peu nos percepteurs actuels.

Sous l'empire de la loi salique, sauf pour les crimes contre l'État, les peines étaient pécuniaires, même pour le cas d'homicide. Le coupable pouvait-il payer? toute action cessait contre lui définitivement. Était-il dans l'impossibilité de verser l'intégralité de la somme? il devait renoncer à tous ses biens ; et cette libération appelée chrenechrunda 5 impliquait des cérémonies très originales que nous allons décrire.

Une des formes de l'attribution des biens avait lieu de la manière suivante : l'insolvable réunissait les divers membres de sa famille, leur exposait sa situation, prenait un peu de terre ramassée aux quatre coins de son champ et la projetait sur son plus proche parent. En cette qualité celui-ci était censé avoir à cœur la libération du condamné, et à défaut de protestation , il héritait du bien, à condition de parfaire la somme, et de sauvegarder ainsi aux yeux de tous, l'honneur de la famille.

Le parent investi de la sorte ne se souciait point toujours d'accepter cet héritage onéreux; aussi avait-il la faculté de rejeter, à son tour, la poignée de terre d'attribution sur un parent d'un degré intérieur.

Page 1