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5. Ou Chrenecrudâ. Lex salica LXT, Chassan, 223. — Le manuscrit de Munich dit : a de sinistra manu, de Ma terra jactart super illum proximiorem... )) (LVIII, De chera cruda. — Pardessus, p. G 63, Loi salique.)
Enfin, quand père, oncle, neveux, cousins s'étaient ainsi déchargés les uns sur les autres, et que le dernier membre de la famille faisait de même , la propriété devenait le gage des parents de la victime, à titre de compensation légale.
Quand il y avait lieu de procéder au dessaisissement, le débiteur, pour symboliser son indigence, se mettait en chemise, tête découverte et pieds nus , s'armait d'un simple bâton comme un voyageur qui n'a ni feu ni lieu, et devait accentuer sa renonciation en sautant par-dessus la haie clôturant son héritage. Après cela, on ne pouvait plus le poursuivre, libéré qu'il était par l'abandon intégral de ses biens.
Peut-être des esprits superficiels trouveront-ils grotesques ces pratiques du droit usuel. Il n'en est rien cependant : pour le philosophe, au contraire, il y a là un cérémonial pleinement justifié par les mœurs du temps.
Comment en effet la dépossession volontaire aurait-t-elle pu être prouvée sans des particularités significatives? Or il est évident que celui qui avait accepté de subir l'humiliation que nous avons décrite, était non-recevable à venir, après coup, contester l'abandon consenti par lui-même pour se libérer.
Nous indiquions tout à l'heure ce que voulait dire la baguette, dans le langage conventionnel des juristes. Pour la transmission d'un fief, la Loi salique précise que la dévolution s'opérait par la remise d'un fétu de paille ou d'un bout de chaume 1 ; en l'acceptant, on devenait maître du sol donné ou concédé. Quelquefois le dessaisissement se faisait en lançant le morceau de paille vers l'acheteur2, ou dans ses vêtements.
Quand l'instruction devint assez répandue pour que les contrats fussent habituellement rédigés par écrit, la signification du fétu s'oublia peu à peu; et, de l'ancienne pratique « la paille rompue», il ne resta qu'une idée dominante: celle de rupture, de décision négative prise d'un commun accord3.