‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 77 sur 296 · Dérivé nitré du para-isobutyltoluène · texte numérisé non relu

Dérivé nitré du para-isobutyltoluène

affaire à une clientèle inexpérimentée, commencent parfaire recueillir dans les décharges publiques de vraies écailles d'huîtres, apportées par les tombereaux des boueurs. Ils nettoient ces écailles, taillent et découpent au diamètre voulu de très minces tranches de veau bouilli, les disposent en couches superposées et les lubréfîent de gélatine; ensuite, remplissant d'une eau sursaturée de sel la valve inférieure de l'huitre, ils assaisonnent abondamment le tout de jus de citron, et de poivre. Et grâce à ces condiments acres ou brûlants, le consommateur grossier absorbe le prétendu mollusque, sans pouvoir en soupçonner seulement le goût.

Il y a quelque temps comparaissait devant les tribunaux un charcutier, qui avait trouvé le moyen de truffer sa marchandise sans y faire entrer un seul morceau du précieux tubercule : il hachait de fines lanières de drap noir, non apprêté, les faisait cuire, et les pilait dans un mortier avec un peu de graisse, puis, insérait cette pâte noire sous les membranes transparentes de ses produits. Pour compléter l'illusion, il avait soin de les laisser séjourner un certain temps dans une boite où se trouvaient quelques truffes véritables.

Quant aux liquides, sur 618 échantillons de vins examinés au Laboratoire municipal de Paris pendant un seul mois, 336 ont été reconnus défectueux; sur 45 sortes d'alcools, 27 seulement ont été déclarés bons. D'après les conclusions d'une autre expertise, seulement seize pour cent des vins examinés ont été trouvés purs (sur 505 échantillons déposés, 80 bons, 209 mauvais, 216 passables).

Pour les spiritueux, neuf sur cent seulement des échantillons étaient de qualité voulue (sur 96 échantillons déposés : 74 mauvais, 13 passables).

En buvant de la bière, on s'expose à absorber, au lieu de houblon et d'orge : de l'acide prussique, — du fiel de bœuf, — de l'aloès, — du quassia amara, — du trèfle d'eau, — de l'absinthe, — de la coloquinte, — de la gentiane, — du saule, — de la coque du Levant, — du cumin, — de l'écorce de garou, — de la noix vomique, — des écorces d'oranges ou de cilrons, de la mousse d'Islande et surtout du buis.

Comme thé dit « de second choix », on livre des feuilles de fraisier, de prunellier, de sureau, de saule, de laurier, de platane, de hêtre ou d'aubépine.

Une des dernières statistiques du Laboratoire municipal fournit un relevé des plus instructifs :

Sur 2.182 échantillons de produits de toutes sortes, vérifiés pendant le mois d'octobre dernier, 986 seulement ont été reconnus bons; 1.196 sont mauvais ou passables.

On arrive à cette constatation effrayante, que près de la moitié des échantillons analysés est nuisible à la santé publique.

Dans les produits habituellement sophistiqués, la farine, heureusement, n'entre en ligne de compte que dans une proportion fort réduite. Ainsi, sur 1k échantillons de farine examinés, deux seulement sont mauvais et un passable.

Il n'en est pas de même en ce qui concerne le lait, dont les quatre cinquièmes environ doivent être rejetés (lk échantillons bons sur 355 analysés).

Le pétrole mérite une mention spéciale, tous les échantillons examinés ont été reconnus bons.

C'est justement le seul produit de la liste, qui ne serve pas à l'alimentation.

Il parait que la friponnerie est exercée en Chine avec un art incomparable. Dans l'intérieur d'un jambon se "trouve parfois une pièce de bois ayant la forme et le poids voulus : une mince couche d'argile étant insérée entre le bois et la vraie peau de l'animal, il est difficile de deviner la ruse si l'on se contente d'une vérification superficielle. De même sur les marchés chinois se vendent des volailles présentant les meilleures apparences, bien que la chair disséquée habilement ait été extraite en partie , et remplacée par des moelles d'arbres mêlées à de fines étoupes...

Nous étant rencontré un jour avec un avocat du Céleste Empire (qui fort heureusement parlait de façon correcte la langue de Pascal et de Voltaire, et auquel ses fonctions avaient permis d'étudier en détail les mœurs des Européens), nous entendîmes notre confrère formuler l'appréciation suivante :

« Il est très exact qu'en Chine, nous n'avons aucune surveil-

lance qui corresponde à celle exercée en France, pour vérifier la qualité des denrées. Mais si, chez nous, la vente des produits altérés ou dénaturés est scandaleuse; chez vous, ce sont les affaires véreuses, que des financiers sans scrupule vendent impunément aux gens naïfs, que l'on escroque en grand. » Le jugement est sévère, mais au demeurant assez juste.

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