‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 9 sur 296 · Il faut rompre la paille, une paille rompue · texte numérisé non relu

Il faut rompre la paille, une paille rompue

Rend entre gens d'honneur une affaire conclue. {Le Dépit amoureux.') Ici, la scène du fétu a pour but de rendre irrévocable la rupture proposée.

Du temps de Pasquier l'annulation d'un contrat, la cessation de rapports amicaux se traduisaient par cette variante : « rompre le fétu m1. C'est ainsi encore que dans les vieux romans cités par Du Gange, on lit cette charmante locution « rompre le fétu au inonde », pour' dire : entrer au couvent. Dans cette dernière hypothèse, si on rompait la paille, ce n'était plus pour la conserver précieusement, mais pour en jeter les morceaux aux quatre vents du ciel, avant de s'enfermer dans le cloitre.

La girouette, qui le croirait! mériterait une monographie spéciale à raison des intérêts qu'elle représentait dans l'ancienne France. Sans doute elle servait à connaître la direction du vent; mais avant tout, au sens féodal, elle était un signe d'illustration nobiliaire. C'est ce qui explique que le droit de mettre une girouette sur leur maison fût revendiqué par les seigneurs avec une énergie et une ténacité exceptionnelles. De tous les privilèges féodaux réclamés par les jurisconsultes, il n'y en eut pas qui fut défendu avec plus d'énergie.

Richelieu avait fait démolir maintes forteresses seigneuriales ; il avait fait abattre bien des remparts, ponts-levis et créneaux... ; les seigneurs s'étaient soumis ; toutefois ils dénièrent hautement au roi le droit de toucher aux girouettes, à peine de commettre un criant abus de pouvoir.

C'est qu'en effet, d'après Sainte-Foix2, non seulement à l'origine les nobles seuls étaient autorisés à placer des girouettes sur leur toit, comme preuve de propriété nobiliaire ; mais de plus il fallait qu'ils fussent montés des premiers à l'assaut de quelque ville, et qu'ils eussent planté sur les remparts ennemis leur bannière ou leur pennon3. Pareil témoignage de valeur était d'un prix inestimable, pour qui avait droit de l'arborer aux yeux de tous. De là l'importance singulière qu'on y attachait.

Il ne faut donc pas voir une simple fantaisie dans la forme de bannière ou de banderole, affectée par les anciennes gi-

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