‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 85 sur 296 · Ad accusandum faciles · texte numérisé non relu

Ad accusandum faciles

Enfin, en cas de fausse imputation, le calomniateur risquait de subir la peine du talion.

Une sage disposition, que notre Gode a faite sienne, voulait que toute accusation recueillie dans l'enquête fût reproduite « verbalement et à haute voix devant les juges ». Que de choses, en edet, l'on écrit de loin avec une plume docile, et que l'on n'oserait point exprimer devant tous!

Reconnu coupable, le délinquant encourait, outre la prison, « des peines canoniques » consistant en prières, jeûnes, censures et excommunication. « Mineure », cette dernière avait pour effet d'interdire la réception du Sacrement eucharistique 1 ; « majeure », elle retranchait de la communion des fidèles le condamné , qui cessait dès lors de faire partie de l'Église tant qu'il n'avait pu satisfaire à l'expiation canonique2.

L'anathème, outre le point de vue religieux, avait de terribles conséquences : il brisait les liens civiques, rendait indigne de toute charge et de tout témoignage en justice; déliait vassaux et serfs du serment de fidélité envers l'excommunié : ses parents mêmes ne devaient avoir aucun rapport avec lui, ne lui donner aucun secours ni lui parler; et à défaut de pardon avant sa mort, son corps était privé de sépulture en terre sainte. Une sentence du xive siècle disait même que quiconque rencontrerait un excommunié pouvait « lui cracher au visage, et lui refuser fût-ce de quoi assouvir sa faim » .

Il y avait là une dureté et une violence que l'ardeur d'une foi plus exubérante qu'éclairée explique; mais qui, somme toute, étaient très contraires à l'esprit de Celui qui a dit : « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse et qu'il vive » .

On citera peut-être des hommes d'Église qui, dans la rudesse d'alors, ont fait preuve d'une sévérité excessive à l'égard des excommuniés. Il faut peu s'en étonner quand, au même temps, on voit le Pouvoir royal interdire à tout condamné à mort l'assistance d'un prêtre, à l'heure suprême de l'expiation.

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