‹ Histoire des croyances, superstitions, m¶urs, usages et coutumes (seon le plan du dâecalogue)Chapitre 91 sur 296 · Il ht. Ane. coût, de Normandie, p. 136. De Gruchy · texte numérisé non relu

Il ht. Ane. coût, de Normandie, p. 136. De Gruchy

office public1. On voulait donc, autant que possible, donner à ses actes un caractère respectable, en obligeant la victime à n'agir que sous l'inspiration supérieure de la prière, et en quelque sorte sous l'œil de Dieu même.

Le « haro » existe encore actuellement à Jersey, à Guernesey... Nous devons à une obligeante communication de l'Agence consulaire de France les explications suivantes : « La solennité judiciaire du haro, toujours en usage dans les îles Anglo-Normandes, est en somme assez simple : celui qui se dit victime d'un voisin, se rend sur les lieux litigieux accompagné de deux témoins , et interpellant ceux qui travaillent sur son bien, s'écrie : « Harol Haro! Haro! A l'aide, mon Prince2, on me fait tort! » Puis s'aclressant aux auteurs des troubles il leur dit : « Au nom de Sa Majesté, je vous ordonne de cesser votre ouvrage. » Et il récite Y Oraison Dominicale. La prière n'est pas moins nécessaire qu'autrefois, car elle fait partie intégrante de la procédure.

Dans diverses régions de la France, la dénonciation, en cas de flagrant délit, avait lieu aussi « enlevant le cri » ; et à cet appel, tous et toutes, comme disent les textes, étaient tenus de venir au secours de la victime.

Une ordonnance de 1273 3 oblige ceux qui ont entendu la clameur « à prêter main-forte en toute hâte ».

Quelquefois cette pratique est appelée « chaude chasse » .

Le registre criminel de Saint-Martin-des-Champs, à Paris, décrit ces chasses à l'homme, faites par les voisins dans les rues de la ville vers la tombée de la nuit,« environ chandelles allumant », selon l'expression employée par les procès-verbaux.

En plusieurs endroits on trouva expédient de renforcer la voix par le son du cor. De là vient l'expression : « Clamer à cor et à

1. Nos lois étendent également la compétence des officiers de police judiciaire quand il y a flagrant délit, et par suite urgence spéciale.

2. Cette formule du haro ou harou semblerait donner raison à ceux qui pensent que l'expression est la corruption de ha Raoul ! c'est-à-dire un appel au premier duc de Normandie qui fut un grand justicier. Malgré cela, l'étymologie reste très contestable parce que la procédure du haro se retrouve chez des peuples qui n'ont rien de commun avec le droit normand, et qu'il en est fait mention dans des auteurs bien antérieurs au duc Rollon qui vivait sous Charles le Simple.

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