V. Isambert, I, G
cri )), qui est restée dans notre langue comme un souvenir du passé1.
Dans l'ancienne Ecosse, l'appel se faisait « à corne ou à cri », c'est-à-dire au son de la trompe ou de la voix2.
Quelle que soit la forme que revête le haro, on rencontre une disposition commune à toutes les coutumes, c'est-à-dire une peine des plus sévères contre quiconque aurait troublé la paix publique, sans une cause très sérieuse de péril imminent.
Les vieilles lois slaves admettaient la preuve par serment, à condition qu'il n'y eût pas de témoignage contraire, et que la victime ait crié : « Au secours! »3.
Parfois, devant les anciennes Justices, des animaux furent cités comme accusés, ou comme témoins. De très nombreux textes ne permettent pas de contester le fait : « Si un homme qui vit seul , sans serviteur, est attaqué et parvient à tuer l'agresseur, il prendra trois brins de chaume; de plus des animaux domestiques, chien, chat, coq, et les amènera devant le juge; là il jurera son innocence et sera déclaré non coupable4. »
Quel pouvait être le sens et la portée de ceci?
Chez tous les peuples et à tous les âges, prendre la nature à témoin a toujours été une forme solennelle d'affirmation : c'est donc dans le même esprit que l'accusé qui a tué son agresseur sans avoir été vu d'aucun être humain, en appelle faute de mieux, soit aux éléments, soit aux êtres animés qui l'entourent. Et en jurant par les œuvres de la création , il est en quelque sorte réputé jurer par le Créateur lui-même... Voilà qui explique, en partie du moins, cette extraordinaire procédure, qui est plus naïve peut-être que ridicule.
En outre, dans le cas qui précède, cette particularité des « brins de chaume » présente une importance particulière qui a été méconnue.
1. On sonnait aussi les cloches pour avertir les paroissiens voisins d'avoir à se défier des gens suspects.