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FAMILLE

THALASSINIENS FOSSILES.

La famille des Thalassiniens, établie en 1837 par M. Milne Edwards (1), quoique peu nombreuse en genres, n'en forme pas moins un groupe d'une grande valeur zoologique, elles différents membres dont ellese compose, tout en ayant entre euxdes affinités étroites, se distinguent par des caractères importants, des représentants des autres groupes voisins. La grande majorité des Crustacés qui composent cette famille sont des animaux dont le corps est d'une consistance très faible; leurs téguments, quelquefois cornés, sont souvent complètement membraneux , à l'exception de leurs pattes qui présentent une enveloppe rigide. Ceux dont on connaît les mœurs vivent enfouis dans le sable qu'ils creusent facilement au moyen de ces pattes. On ne doit donc pas s'attendre à rencontrer souvent à l'état fossile ces animaux tout entiers ; pour que cela arrive, il faut un concours particulier de circonstances. Si, par exemple, l'animal a été empalé dans une masse calcaire, on pourra retrouver l'empreinte de l'ensemble de son corps; mais pour peu qu'après sa mort, il soit resté quelque temps exposé aux causes de destruction les plus faibles, toutes les parties molles disparaissent et les pattes seules peuvent se conserver. En effet, ce ne sont pour ainsi dire que les pattes de ces animaux qui se rencontrent dans les différentes couches du globe ; elles y sont même parfois

(J) Milne Edwards, Histoire naturelle des Crustacés, 4 337, l. II, p. 303.

ll')/j ALPHONSE ttïl.M. EDWARDS.

remarquablement abondantes, tandis que ce n'est que par hasard et accidentellement que l'on trouve des traces fin corps.

Les Thalassiniens peuvent tous se reconnaître au premier coup d'oeil par l'apparence presque vermiforme qu'ils présentent. La carapace est remarquable par son peu de développement ; l'abdomen au contraire est d'une longueur relative très considérable ; les anneaux, dépourvus de prolongements latéraux ou lames épimériennes, sont presque cylindriques, quoique légèrement aplatis. Ces caractères permettent de séparer immédiatement les Thalassiniens des Salicoques et des Astaciens, dont les anneaux de l'abdomen se prolongent latéralement par de grandes lames épimériennes qui cachent et encaissent la base des fausses pattes abdominales (1).

Ce caractère est d'une grande importance paléontologique, paire qu'en général sur les Crustacés qui ont étéconservéSentrelesplaques de certains calcaires fissiles, ceux de Solenhofen par exemple, on peut observer les détails déstructure des anneaux de l'abdomen; tandis que la partie antérieure du corps où l'on pourrait étudier la région antennaire, les yeux, etc., est presque toujours plus ou moins vague et écrasée, et l'on sait ainsi de prime abord à quelle famille doit appartenir l'animal que l'on examine.

A ce caractère, viennent s'en ajouter beaucoup d'autres d'une importance au moins égale. Ainsi le premier anneau de l'abdomen des Thalassiniens est plus grêle que les articles suivants, et la taille de ceux-ci, au lieu de diminuer à mesure qu'ils s'éloignent du thorax, augmente ou du moins reste stationnaire; ce qui donne à la queue de ces Crustacés une apparence pédoneulée tout à fait particulière ("2).

Chez les autres Macroures, on observe une disposition complètement inverse : l'abdomen est pyriforme, mais celte forme est duc au faible développement du dernier anneau; la largeur des articles suivants augmenté à mesure qu'ils se rapprochent du thorax (3).

(1) Voy. Régne animal, Crustacés, pi. 54, fig. 1, 2, 3 et pi. 49, fig. 3.

(•2) Voy. Règne animal, Crustacés, pi. 49, fig. I .

(3) Voy. Règne animal, Crustacés, pi, 46, fig. 1, et pi. 53, fig. 2.

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Parmi les Stomapodes, les Squilles se comportent à peu près comme les Thalassiniens, mais cette apparence est due aux anneaux thoraciques qui paraissent en arrière de la carapace et qui sont moins larges que ceux de l'abdomen (1) ; d'ailleurs le reste de l'organisation de ces animaux, est tellement différenl qu'il serait impossible, même à l'œil le moins exercé, de les,confondre un seul instant.

La carapace qui, comme je l'ai déjà dit, est très courte, ne présente pas de rostre proprement dit el se termine en général par un bord frontal dont la portion moyenne se prolonge en une petite pointe plate et ordinairement triangulaire, qui ne peut être comparée au rostre si développé des Palémoniens (2) ou même des Astaciens (3).

Les pédoncules oculaires sont grêles, quelquefois lamelleux; les antennes internes sont terminées par deux filets; le pédoncule des antennes externes qui quelquefois présente à sa base une écaille rudimentaire (Zi), est dépourvu d'appendices lamelleux analoguesà ceux que l'on trouve cbezles Salicoques, où ces pièces sont mobiles et assez grandes pour cacher complètement la base de l'antenne, el à ceux des Astaciens où, quoique d'une dimension moins considérable, ils sont encore assez développés pour recouvrir souvent l'article basilaire des antennes; mais j'insiste peu sur ces caractères parce que l'on pourra rarement y avoir recours dans la détermination des représentants fossiles de cette Camille.

Les pattes de la première paire sont en général inégales, l'une d'elles restant quelquefois presque rudimentaire el l'autre offrant au contraire une taille considérable; leurs formes varient d'un genre à l'autre. Tantôt elles sont complètement didactyles; d'autres fois elles sont analogues à celles des Crangons, c'est-à-dire que le doigl mobile seul prend un grand accroissement, tandis que le doigt

(1) Voy. Règne a ni mal, Crustacés, pi. 55, fig. f.

{1) Voy. Règne animal, Crustacés, pi. 48, fig. 1, 1", 2a, 2 et.pl. 49, fig. 1 et la,

(3) Voy. Règne animal. Crustacés, pi. 54, fig. 1 , 2, 3, et pi. 40, fig. 3 et 3",

>, Ex.: Axia Slirtynchus. Voy Allas du Règne animal, Crustacés, pi. 48,

](,0 \ipiio\sk «il, m: edivarus.

immobile est réduit à un simple tubercule (1); les autres pattes se relèvent contre les côtés du corps, de façon à cacher les parties latérales de la carapace.

Chez quelques Tlialassiuiens, les fausses pattes abdominales portent des appendices branchiaux qui coexistent avec de véritables branchies. Cette disposition liés importante au point de vue zoologiquc, a servi de point de départ à M. Milne Edwards pour diviser la famille des Tlialassiuiens en deux sections: les Cryptobranchides et les Gaslrobranchides. Ce mode.de classification a clé suivi dans les ouvrages plus récents : ainsi, M. Dana conserve ces deux groupes en leur donnant simplement des noms-différents (2); il appelle les premiers Thalassinidea eubranchiata,e\. les seconds Anomobranchiata. Chacune de ces divisions a été ensuite subdivisée en plusieurs genres.

M. Milne Edwards reconnaissait cinq genres parmi les Thalassiniens cryptobranchides : les genres Glancothoé, Callianasse, Axie, Gébie, Thalassine. Les Gaslrobranchides ne comprenaient que deux genres, les Callianides et les Callianises, encore ce dernier était-il donné avec beaucoup de restriction.

Dans la classification suivie par M. Dana, le mode de groupement est légèrement modifié. Ainsi il subdivise les Cryptobranchides ou Eubranchiata en trois familles d'égale valeur : les Gebidœ, les Callianassidœ et les Thalasshridœ. De plus, le nombre des genres est considérablement accru; ainsi, au lieu de cinq, il en adopte huit; les trois nouveaux sont : 1° le genre Cqlocarisàe M. Bell ; 2° le genre Laomedia de W. de Haan, et le genre Trypœa. Quant aux Tlialassiuiens gastro-branchides , il ne modifie en rien leur classification.

Dans son traité de paléontologie, M. Pietet rangea parmi les Thalassiniens, les Meyeria de M. Mae Goy; les Orphnœa et les Brisa de Munster. Ces trois derniers genres n'ont été trouvés qu'à l'état fossile.

Enfin M. Bronn proposa de créer, aux dépens des Callianasses,

(1) Ex.: les Thalassincs, pi. 16, fig. 6 etlesGébies, pi. 16, fig. 4.

(2) Dana, United Slales Exploring Expédition, 1852, t. I, p. 507.

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un autre genre, .sous le nom de Mesostylus. De sorte que, dans l'élat actuel de la science, la famille des Thalassiniens comprendrait les quatorze genres suivants :

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