‹ Histoire des découvertes géographiques des nations Européennes dans les differentes parties du mondeChapitre 104 sur 123 · II · texte numérisé non relu

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469 uiE-ioNBinu. [12« siku àp. i.-c.

nombre de remarques. La première se rapporte à la déDomioation universellement employée aux douzième et treizième siècles pour désigner l'Âsie-Mioeure. Quoique ce dernier nom ne soit

tienlé et rislamlsme, conçut , en 1829, le projet d*un Toyage scientifique destint\ à explorer les contrées foulée^ par les anuëes cliréiieiines , et à cbcrcber sur les lieux niéuies la solution des doutes et des obscurités gé ^graphiques pour réclaircisseuient desquels les secours lui avalent souvent manqué dans le cours de son tra\al). L^t'xpédition s*organisa, approuvée et soutenue par le gouvernement d'alors : nous avons dit ailleurs quelles causes la firent avorter {voy, ci-dessus, p. 130). La science n\i pas été, cependant, s;nis en retirer quelque fruit; et d'ailleurs les cxploraiious dont rAsie-Mineurc et la Syrie oot été le théâtre depuis celte époque , ont amplement compensé rinachèvement et la non-publicaiion des rcchercbcs savantes des compagnons de M. Michaud. Quoique les leltres de MM. Michaud et Ponjonlat, réunies en 7 volumes sous le litre de Correspondance d' Orient^ soient moins un voyage scientiflquc proprement dit qu'une suite de tableaux de genre et d'impressions pcrs<aiuelle$ , on y trouve cependant, surtout dans celles de M. Poujoulat, des recherches et des discussions utiles pour l'élude de la géographie dçs Croisades. C'est ainsi que dans plusieurs de ses leifres M. Poujoiilat a commenté les itinéraires des diverses armées croisées pendant leurs marches en Asie Mineure, lors des trois expéditions de 109G à 1101 , de Wlxk «t de 118S. Ce commentaire, il est ^rai, est plutôt une esquisse qu'un travail approfondi; mais il montre du moins ce que ce travail pourrait être et quel en serait le cadre. Aujourd'hui, d'ailleurs, nous l'avons déjà dit, un pareil travail d'élucidalion ne présenterait plus, à beaucoup près, les mêmes dilïïcullés qu'à l'époque où écrivait M. Poujoulat; les longues et belles explorations des Texitr, des Hamilton, des Ainsworth, des Schœnborn , des Kiepcrt, des Fellows, des Le Bas et de plusieurs autres savants voyageurs qui depuis quinze ans ont parcouru l'Asie- Mineure, ont éclalrci bien des points obscurs, et fixé nombre de positions alors incertaines. Il ne sera pourtant pas inutile d'indiquer ici dans un ordre suivi celles des Lettres de M. Poujoulat, disséminées daus la CorrespoU" dance d Orient^ qui se rapportent à la géographie des Croisades.

Pour la première Croisade de 1006 : Lettre LXI, t. III, p. 165. - Add.Leake» Tour in Asia Minor ^ additioual notes, p. 313 à 319 , édit. in-8; et la IXo* iice sur la carte générale du théâtre des Croisades^ par M. J.-S. Jacobs, en téie de la nouvelle édition, donnée par l'Académie des Inscriptions, de la chronique de Guillaume de Tyr, p. xliv.

Pour l'expédition de 1101, Poujoulat, Lettre LXIII, t. III, p- 207.- L'itiuéralre de cette expédition a été oublié dans la JVotice de M. Jacobs, ainsi que sur la carte.

Pour l'expédition française de la deuxième Croisade,tU Lettre LXXVII,t.III, p. 403; Lettre LXXVIII, p. ûl7 —Notice de M. Jacobs, p.xlvii.

Pour l'expédition allemande de la troisième Croisade, td. Lettre LXVU, t. m, p. 257; Lettre LXXVIII, p. 425. — iVb<ic« , p. xUx,

etiilMUMIIfi Ot t^ÂSIE-MW. WéA» US#.fiISTOR. DES CROISADES. 40

pas ioeonnu des diroqiqueurs , rappellation dont ils se serveai de préférence est celle de RomanU^ c'est-à-dire piays den Romains^ les empereurs grecs de Coostanlinople plant re-^ gardés comme les héritiers et les successeurs des Césars dsi Rome (0. Ce nom de Remanie est aussi celui qu'emploient com* 9iU(iémefll les Turks et les Persans^ seulement la prononcialioB erienlale en a fait le mot Roum,

Nous voyons citée dans les chroniqueurs une voie royale^ conduisant , à travers TAsie-Mine^re qu'elle coupe obliquement dans toute son étendue , de Constantinople aux frontières de la Syrie par les défilés du Taurus* L'importance d'une semblablâ voie de communication entre la capitale de l'empire grec et ses provinces orientales , avant que les invasions musulmanes ne l'en eussent dépouillé, était dans la nature môme des choses; et nous avons eu déjà lieu de faire une remarque analogue, torsque nous avons étudié le système des voies romaines dans FÀsie-Mineure aux temps des Césars (*). Toutefois, nous trouvons d'une époque à l'autre une modification notable dans le ti*acé de ce qu'on pourrait nommer la grande artère de la Péninsule : sous les premiers empcreiirs, cette voie, à partir de Nicée, passaii par Ancyre , par Archelaïs et par Thyane avant d'fit-^ teindre les P>les Ciliciennes; sous les empereurs grecs et au tempe des Croisades, die a été reportée plus à l'ouest, ses stations principales entre Nicée et le Taurus étant alors Doryiée ^ leonium. Plus tard, et maintenant encore, ce dernier tracé est resté la ligne de communication en quelque sorte officielle entre Constanlinople et la Syrie-, et pendant plusieurs siècles la plupart des voyageurs européens s'en éloigneront à peine dans leurs traversées de l' Asie-Mineure. C'est de nos jogrs seylement que les explorations ont pu s'écarter de l'ornière depuis si longtemps battue, et se frayer, avec moins d'ôbstades etde périls , des routes nouvelles dans les parties jusqu'alors inaccessibles de la Péninsule.

L'état de désolation auquel tant d'invasions et de ravages avaient réduit ces belles provinces , autrefois si riches et si flo-

^ « In ter Graeciani Syriamque, Romania. » Albertus Aquensis, c. 8, dan» Bongars, t. I, p. 217.

s Ci-dessus, p. 425.

46ê àfttt-MtMBimt. [ 12* siteLK i^» i.-«.

ti898nted, ftc lit à chnquc page dos chroniques chrëlienncs» AlbiTl d*Aix, racontant los mnrchcs des Croisés de tlOi dans la CalHtio^ la Paiiblagonit; et la Lykaonie, rapiiorie qnlls eurc*nt à traverser un pays tellement ruine et dépeuplé, que pendant quinze jours entiers , ils ne rencontrcrcni ni hommes ni animaux (<>. Des détails de même nature remplissent les chroniques byzantines*, sur la côte maritime, depuis la Propontide jusqu a Satalie, tout était couvert de ruines. Ces villes ioniennes, naguère si populeuses et remplies de splendides monuments, pillées, brûlées, presque entièrement détruites par les Turks, lie servaient plus que de repaires aux bêles sauvages, ou de retraite à des brigands encore plus féroces. Les habitants fugitifs s'étaient dispersés dans les lieux inaccessibles. Ces tristes faits sont rapportes par Anne Comnène sous la date de 1109, dans rhistoiro qu'elle nous a laissée de son père Alexis. Un autre historien grec , à un siècle et demi de distance , nous trace un tableau tout pareil des mémos contrées. Là où jadis s'étendaient de fertiles campagnes, il n'y avait plus que des déserts. Ce vaste bassin où se déroule le Méandre, auparavant si 1 cultivé et si abondant on hommes et en troupeaux , était de\ un théâtre de ruines et de désolation (2). Et il n'v a certes i . d exagiTé dans ces lugubres peintures dos historiens du do.,zième et du treizième siècles : les ruines qui jonchent encoru aujourd'hui le sol de la Péninsule, depuis la mer Egée jusqu'au Ilalys, et du Halys à TEuphrate, attestent assez les fureurs do ces guerres sauvages.

* Alberlus Aq. , llb. VIII, c. 11, dans Bongars, t. I, p. 318. Cf. Anonymus, Cesla t'rahcorum^ c. 9, t6tVi. , p. 56^.

• Anna Conin., lib. XIV, el Pacliymer., Ub. IV, c. 27, cités par Lebeau, UUL du BaS'Emp.^Ws, LXXXV, t. XV, p. kn et 452; liv. CI, t. XVliJ, p. 174 et 283; <^ciit. Saitil-Marliu.

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