‹ Histoire des découvertes géographiques des nations Européennes dans les differentes parties du mondeChapitre 106 sur 123 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

S^^TSNIf^Qll GIUBCELLE 96S CONQUÊTES TQRQQEft EH ASU-KIIVEIIIUI , JÇSQC'a l'entière expulsion PE4 BYZANTINS.

SiluatioA respective des Turka et des Grecs ea Asie*Mineare au oomnieii« ct-nienl du douzième siècle. — Coiiquêle de Couslatuiiiople par les Laiin« (1204). — Suites de cet événement. — Étabiissenu'.ut du royaume grec de Trébizonde. — L' Asie-Mineure occidentale , depuis Héraclée de Bithynie jusqu'au Méandre, continue de reconnaître raulorilé des empereurs giccs. ^Nicée devient leur capitale. — Extension des Turics e:i Paf>hlag<>nie. — Puissance des Yéuiticns sur le Pont-Euxin au treizième ^ièclc. — Description d'une carte vénitienne de cette époque, où est tracée, la côte septoniriouale de l' Asie-Mineure; cette carte comparée à celles de Petro Vesfconie et de Freduce d'Ancône. — L*Asie-Mineure dans la Miippenionde de Haldingham.

— Causes du progrès inégal à cette époque de la géosraphie nautique de r Asie-Mineure et de sa géograpliie intérieure. - Voyage de Wiilebrand d'Oldenbourg en Ciiicie (1211). ?îQQveau\ Turlcomans en Asie Mineure*— -^ Ertogiirul. - Irruption des Mongols (1242). — Les suithans diconium vassaux du grand lîliân. — Passage de Rubruquis par l'Asie Mineure à son retour de son voyage en Tarlarie (1254). — Extinction de la famille des Seldjoukides d*Iconium. — L' Asie-Mineure morcelée en principautés turques indépendaot es.— Introduction de nouvelles appellations géographiques. — Princl^* pauté d'Otbman. — Notice historique sur son origine et ses accroissements.

— Les empereurs grecs complètement expulsés de TAsie-Mineure.

(Du xiie au XIV' siècle).

Rappelons-nous quel était, au commencenaent du douzième siècle , c'est-à-dire à l'époque de la première Croisade et vers le temps d'Edrisi , la situation respective des Turks et des Grecs eu Asie-Mineure. On peut dire en général que les premiers étaient maitres de tout l'intérieur de la Péninsule, les dcruiera du pourtour maritime. Les Turks, en effet, possédaient alors, oulre la moitié orientale de la Phrygie et la Lykaonie tout entière, la Cappadoce, la Galatie, une portion de la Paphlagonie et de la Bilhynie ; mais les Grecs , supérieurs par leur marine ,

avaient conservé jusque-là toutes les places de la côte do Ponl, le* provinces qui bordent la Propontide et l'Egée jusque assez avant dans la Phrygie, et enfin celles qui sont sur la mer de Cyprc au midi du Taunis, c'est-à-dire la Lycie, la Pampbjlie cl la Cilicie Trachée. Nous savons que le reste de la Cilicîe , soumis au sceptre arménien des princes de Rhoupèn, ne reconnaissait que de nom la suprématie des empereurs grecs. Sis continuait d'être la ville royale de cette Arménie cilicienne. Va château du haut pays, nommé Lampron, devint, à la fin da douzième siècle, une place importante-, et les annali^'tes arméniens le citent, à partir de cette époque, comme la seconde ville du royaume ^0.

Nous n'avons pas à raconter Thistoire intérieure du suUhânat turk d'Iconium, fertile, comme toutes les histoires des dynasties de l'Orient, en crimes de famille et en sanglantes catastrophes (»); le seul point qui dans celte histoire appelle notre atieniion, le seul par lequel elle touche à noire sujet, est sa liaison avec l'histoire même du territoire, soit par des morcellements ou par l'établissement de principautés permanentes au:fcquelle3 se rattachent des dénominations territoriales dont l'usago a contribué de plus en plus à efiiicer de la langue géographique les anciennes dénominations; soit par de nouveaux cmpiéiements sur les parties encore grecques de la Péninsule. Sous ce double rapport, les annales du sulthânat d'Iconium au douzième siècle ne nous présentent aucun fait notable. Il y eut bien des partages de provinces entre les enfants de deux sulthans , l'un en 1155, l'autre en 1187; mais ces partages ne furent que temporaires , et bientôt^rempire des Seldjoukides de Roum se reconstitua sous le sceptre du chef de la race. Quant aux frontières respectives du territoire turk et de l'Asie grecque, elles n'éprouvèrent pas de changements notables dans le cours de ce siècle , malgré les hostilités fréquentes qui continuaient de désoler les provinces limitrophes. Une guerre imprudemment soulevée en 1198 par Alexis l'Ange, eut cependant des résultats

* Brossct, dans l'Histoire du Bas-Empire de Lel)cau, nouvelle WL, t. XVII, 1834, p. 64, note.

* Oii peut la voir, avec tous ses df^tails, dous Degulgues, t. Il» 1'* part, •t surtout dans Hammer , t. l.

FONDATION DV EOVADMC SE TRÉBIZONDB. 481

plus préjudiciables àrempirc. Khaï-Kosrou, qui régnait alors à Iconiom. s'empara de plusieurs places importantes de la Pbrygie, et les frontières du sulthânat de Roum s'étendirent notablement de ce côté (0.

La conquête de Constantinople par les Croisés de 1204 , Téta* bli^sement d'une dynastie latine sur le trône de Constantin et la distribution qui se fit alors d'une partie des terres de l'empire, des deux côtés du Bosphore, entre les barons français qui avaient placé la couronne impériale sur le front du comte Baudoin et les Vénitiens qui l'avaient aidé de leurs trésors et de leurs vaisseaux; ces événements, qui tiennent une si grande place dans l'histoire de la cinquième Crcisade, en réclameraient une aussi dans l'histoire géographique Js l'Asie-Mineure si les partages réglés par les conventions y eussent jamais reçu une consécration effective C^). Mais il fallait y conquérir, soit sur les Grecs, soit sur les Turks, les terres ainsi réparties entre les auxiliaires du nouvel empereur ; et les événements ayant pris bientôt un autre cours , nulle expédition ne fut tentée de ce côté. Cependant un fait important se rattache à la révolution byzantine de 1204 : c'est la fondatioa d'un état grec indépendant dans l'ancienne province du Pont, plus communément désignée par les annalistes byzantins sur le nom de LaziquCy état dont TV^bîzonde fut la capitale, et qui en prit le nom avec le titre de royaume C^). Lq reste des provinces grecques de l'Asie -Mineure, depuis le bas Haly s jusqu'au Méandre, continua de reconnaître l'autorité de Théodore Lascaris qui conservait le litre d'empereur, et qui avait choisi Nicée pour sa résidence depuis que le sort des armes avait mis Constantinople au pouvoir des Latins. Même au milieu de ce grand désastre, les héritiers disperses de l'empire byzantin s'en disputent avec acharnement les tristes débris. Alexis, le premier roi de Trébizonde, porte ses armes à l'ouest du Halys, et parvient à arracher à Las-

> Lebcau , t. XVII, noitv. édit.« p. 27.

* /d., p. 166 et 175. Comp. cl-dcssus, p. 52.

* M. Falimerayer, Geschichte des KaUerihums von Trapexunt {Mùnchan, 1827, in-/i) . a réuni en un corps d'annales tout ce qui se rattache à l'histoire jusque-là fort obscure du royaume grec de Trébizonde , qui subsista dans la famUle des Comuènes depuis 1204 jusqu'en 1662.

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