‹ Histoire des découvertes géographiques des nations Européennes dans les differentes parties du mondeChapitre 51 sur 123 · ASIE-MINEURE. [13' SIÈCLE AV. J.-C · texte numérisé non relu

ASIE-MINEURE. [13' SIÈCLE AV. J.-C

toire sur les Solymes et les Amazones , ont jusqu'à un certain point un caractère historique d'accord avec les autres notions que nous fournit l'antiquité classique, le troisième des travaux que les légendes poétiques lui attribuent, son combat contre la Chimère, nous paraît avoir un caractère tout physique. La Chimère, X{|jLaip9(, est dépeinte par Hésiode et par Homère, ainsi que par les poètes ou les mythologues moins anciens qui les ont suivis, comme un monstre enfanté par l'Hydre de Lerne, fruit hideux des amours du géant Typhon et de la nymphe Echidna, qui habitaient l'un et l'autre les antres profonds des Arimes(0. Les Arimes , nous le savons , sont les nations d'Aram , ou de langue sémitique, qui peuplèrent dès l'origine^ outre les parties orientales de l'Asie-Mineure, la zone maritime du sud (2) ; et ce que la fable raconte de Typhon exprime sous un langage figuré les phénomènes volcaniques de la chaîne du Taurus, qui couvre cette côte dans toute sa longueur depuis les promontoires avancés de la Carie jusqu'au nord des plaines syriennes C^). La plus grande partie de l'Asie- Mineure , nous le verrons par la suite, est une terre volcanique *, et les cantons du sud , aussi bien que ceux de l'ouest, y ont été jadis livrés a de prodigieux bouleversements , dont le sol brûlé et déchiré porte encore les traces. Ces grands phénomènes de la nature , toujours si redoutés quoiqu'ils aient beaucoup perdu de leur terrible énergie, devaient surtout frapper d'épouvante la jeune imagination des hommes à ces époques plus rapprochées des périodes primitives de l'histoire du globe; et Ton ne saurait s^tonner que cette impression se reproduise sous tant de formes dans les légendes cosmogoniques de tous les anciens peuples.

La fable de la Chimère , de ce monstre dont la bouche exhale une flamme dévorante qui ne s'éteint jamais , se rapporte à un phénomène particulier de ces terrains volcaniques, dont

I ^ Heslod., Théogon, v. 306 etsuiv. Homerus, Iliad,^ cli. VI, v. 170 e( suiv. *- Cf. Apollodorus , Bibliotheca , lib. I , c. 3 et II, 3.

* Ci-dessus, p. 183.

' Ci-dessus, p. 157.— La ptinture d*Eschyle est magnifique, en même temps que l'allégorie s'y montre presque sans voile {Prometheus vinctuSt v. 351 et suiv.). Ce passage est bien rendu dans la traduction du P. Brumoy, Théàlre de$ Grecs ^ 1. 1, p. 318, édit. de 1785.

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