LÉGENDE DES AMAZONES
les entraiUes.récèlentdes feux toujours prête à briser l'enveloppe Galcinée qui les recouvre. Sur plusieurs pointe du pourtour de la péninsule lycienne , notarament au S.-O. où s'élèvent les huit cinies du Cragus , et à TE. où le sommet de l'ancien mont Solyma domine les champs héphestiens, des crevasses naturelles livrent passage à des feux qui brûlent perpétuellement à la surface du sol. Le même phénomène se montre en beaucoup d'autres contrées dans des terrains de même nature; les feux de Bakou, sur le bord occidental «de la mer Caspienne, sont particulièrement célèbres chez les peuples de l'Asie. Ceux du Cragus et de l'Héphestiéotide lycienne ne le furent pas moins, dès les plus anciens temps, parmi les populations du pourtour de la mer Egée. Trois mille ans et plus écoulés depuis l'époque à laquelle remontent les premières traditions relatives aux feux de la Chimère (0, n'ont produit aucun changement dans l'aspect des lieux : tels ils nous sont dépeinte par les premiers poètes helléniques et par les historiens et les géographes de toute l'antiquité, tels on les retrouve aujourd'hui. Ctésias de Knide, 400 ans avant notre ère , et ceux des voyageurs contemporains qui ont visité ces localités peu fréquentées, les décrivent, on peut dire, dans les mêmes termes (2).
C'est vers les Amazones delà côte pontique que nous ramènent les légendes de l'Hercule thébain et de Thésée. Quelques-uns de ces anciens récits associaient les deux héros dans une même expédition ; d'autres en plus grand nombre ne plaçaient l'expédition de Thésée sur les côtes du Pont-Euxin qu'après celle
> Les langues aramëennes fournissent une ëtymologie tout à fait naturelle de ce nom : Khamirah s*y explique par brûlée. Spanheim , De uiu et pr. nmn»^ dlé par Walpole dans ses Remarques sur les Inscriptions découvertes en Asie-Mineure par le colonel Leake et M. Cockerell. Voy. TVaveh in va» fions eountries of the East, edited by Rob. Walpole. Lond,, 1820, ln-&*, p. 532.
' Ctesiae Indicarum Eœcerpta^ ap. Photium, cod. LXXII, p. 145.; et Scylax,Përtp/tf, ci-après ch. IV. —Fr. Beau fort, Karamania^or a brie f Description of the South CoastofAsiaMinor. Lond,^ 1817, in 8*, p. 44 —Comparez Strabon, lib. XIV, p. 665 D, et Pline, II, 110, et V, 28, édit. Panck. I^s anciens compilateurs des Choses Merveilleuses, Palaephates, c. 20, Antigonus, c. 182, etc., n'ont pas manqué de mentionner les feux perpétuels du M. Chimère» II. 14
ÎIO àSIE-miCEUBE. [ 13* SIÈCLE AV. J.-C.
d'Hercule (0. Celle-ci était ainsi racontée paries poètes et les mythographes :
« Le neuvième des travaux prescrits à Hercule par Eurysthée fut de lui apporter le baudrier d'Hippolyte , reine des Amazones, qui habitaient les bords du Thermodôn et formaient un peuple vaillant et belliqueux. Elles s'exerçaient en effet à la guerre; et des enfants qu'elles avaient, elles n'élevaient que les filles , dont elles comprimaient la mamelle droite pour qu'elles ne fussent pas gênées en lançant leurs dards , leur laissant la gauche pour
allaiter leurs enfants Hercule rassembla quelques hommes
de bonne volonté et s'embarqua sur un seul navire. Après avoir touché à l'île de Paros, il pénétra dans la mer (le Pont) à laquelle il donna le nom d'Euxin, et vint aborder dans la Mysie, ou il fut reçu parLykos,filsdeDaskule. LesBébryks étant venus fondre sur le pays, Hercule marcha contre eux avec Lykos, en tua plusieurs, et entre autres Mygdon, leur roi, frère d'Amykos; et leur ayant ôté une partie de leur territoire , il le donna à Lykos , qui nomma Héracléenne toute cette portion du pays.
>» Il entra ensuite dans le port de Themiskur. Hippolyte vint au devant de lui ; et ayant appris quel était le sujet de son voyage, elle lui promit son baudrier. Mais Junon , ayant pris la figure d'une Amazone , souleva la multitude en disant que ces étrangers enlevaient leur reine. Elles coururent sur-le-champ au vaisseau , à cheval et avec leurs armes. Hercule , croyant qu'on voulait le trahir, tua Hippolyte et prit son baudrier; ayant ensuite livré combat au reste des Amazones, dont il fît un grand carnage, il se rembarqua et aborda à Troie, où Laomédon régnait alors. Ce prince ayant offensé le héros, Hercule s'éloigna en proférant des menaces de vengeance , qu'il réalisa plus tardW. »
Tel est le récit combiné du mythographe Apollodore, et de l'historien Diodore de Sicile , dont les écrits résument pour nous les traditions de l'antiquité hellénique. L'expédition de Thésée, soit qu'elle se confondit dans la tradition avec celle du fils d'Alcmène , soit qu'elle fût d'une date un peu moins ancienne, avait été rapportée par plusieurs historiens antérieurs à Hérodote;
» Plut. Thes.c, 25.
• ApoUodore, Biblioth. édit. Clavier, t.I, p. 187. — Diod. IV, $.
bËRCULE, TâéSÉE Et LÉS AMAZONES. âll
Wutarque, qui les èité dans sa vie de Thésée, ne fait que mentionner, sans aucuns détails, cette partie des exploits de son héros CO. Le récit que nous avons transcrit nous njontre les deux principaux peuples thracîques qui vinrent occuper la région nord-ouest de TAsie-Minèure , les Mysiens et les Bébryks, déjà établis sur les bords asiatiques du Bosphore et de la Proponfide(2). Quatit aux Bébryks , nous verrons bientôt que, longtemps avant Tépoque où se place Texpédition d'Hercule , ils étaient fixés dans les pays voisins du mont Ida, qui prirent ensuite le nom de Troade. 11 semblerait aussi qu'ils eussent précédé les Mysiens sur la côte d'Héraclée , à l'orient du bas l^angarios.
Il paraît que ces courses de quelques-uns des héros de la Pélasgic ou de l'Hellénie primitive sur les côtes méridionales du Pont-Euxin amenèrent comme représailles une irruption de peuples Scythes dans le pays d'Hercule et de Thésée C^). Lu tradition rattachait à cette irruption le nom dos Amazones 5 et l'Altiqiie, qui en avait particulièrement souffert, en garda un long souvenir. Hérodote en fait menlionC*); l'orateur Isocrate, qui florissaità Athènes environ 400 ans avant notre ère, et qui avait fait une étude approfondie des antiquités de sa patrie , associe les Scythes et les Amazones, en rappellant cette incursion, dans la harangue célèbre que l'on connaît sous le titre de Panégyri- (jue (s) 5 enfln , plusieurs monuments d'Athènes consacraient cett^ tradition , dont ils attestaient au moins la haute antiquité (^). 11 est peu de faits dé rancicnne histoire dont l'authenticité repose sur des bases mieux établies.
Celui dont nous avons maintenant à nous occuper, l'expédition des Argonautes , se détache néanmoins avec bien plus d'éclat sur lé fonds obscur des temps héroïques. Les vieux poètes de la Thràce et des Pélasghes en avaient fait, longtemps avant
» Plut, in Thés, c. 25.
' Comparez Homer. II. lit , v. 184 , déjà cité ci-dessus , p. 171.
* LycopbroD , Cass, r. 1332 et suiv.
« Higkfr. IX , a7<
^ T.Uy p. 81, des Œuvres d'Isocrate traduites par Tabbé Auger. 1781, iD-8^ Gomp. p. 2H et 340.
* Pausan, y^(«c., c. 1 , 15 et /IL — Àdd. Plut, in The$, c. 26; Diod. Sic, V,7.
212 ASIB-MINECEB. [IZ^ SIÈCLE AV. J.-C.
Homère , le sujet de chants devenus nationaux, comme Tavait été l'expédition elle-même; et le nom d*Orpbée s'associait glorieusement , dans le souvenir des premiers Hellènes , à la renommée de Jason et de ses compagnons , dont il avait célébré les travaux après les avoir partagés. Si le poëme qui nous est parvenu sous le nom d'Orphée appartenait en eifet à ce législateur des temps primitifs, ce serait, après les livres vénérés de Moïse, le plus vieux monument de l'antiquité historique etgéographiquede l'Occident. Mais les anciens eux-mêmes avaient exprimé à cet égard des doutes que la critique moderne a confirmés. Il est bien reconnu que le poëme qui porte le ûtTed'Argonautiques, non plus que les hymnes et les autres écrits auxquels est attaché le nom du législateur de la. Thrace , ne sauraient , sous la forme où nous les connaissons, remonter à l'époque reculée où a vécu Orphée, contemporain des Argonautes. On s'accorde généralement à attribua la rédaction actuelle de ces différents écrits à un certain Onomacrite , qui vivait au temps de Pisistrate , de Selon et de Pythagore, c'est-à-dire vers le milieu du sixième siècle avant notre ère, ou 800 ans après l'âge d'Orphée. On sait que c'est à la même époque que furent aussi publiées pour la première fois , d'une manière authentique, les poésies d'Homère : cette coïncidence est digne d'attention , et ne nous paraît pas avoir été assez remarquée. Mais, de ce qu'Onomacrite donna une forme moderne à des poésies qui devaient sans doute avoir cessé depuis longtemps d'être intelligibles dans leur forme primitive, il ne s'ensuit pas à beaucoup près que l'œuvre dans son ensemble soit apocryphe : nous voulons croire qu'Onomacrite en rajeunit la forme , mais non qu'il donna sous un nom antique des compositions supposées. Une semblable fraude nous paraît plus qu'improbable, par cette raison surtout que les vers orphiques , objet de la vénération des siècles antérieurs , avaient été oralement transmis de génération en génération , et qu'au rapport même de Pausanias il existait encore de son temps dans la Béotie une famille sacerdotale qui conservait de mémoire les hymnes d'Orphée et les chantait dansles mystères (0.
^ Pausan. Descr, Grœe. IX, 30. Gesner, dans la préface de son édition des Argonautiques et des autres poésies auxquelles est allacbéle nom d'Orphée) a
POEME ORPHIOUG DES ARGONAUTES. 2l3
Qae les siècles aient dû altérer plus oii moins des compositions ainsi transmises depuis une si haute antiquité , et que cette altération se soit encore augmentée par le rajeunissement des poésies du barde thrace , c'est ce qui nous parait incontestable ; mais si ces poésies ont ainsi perdu' en partie l'autorité historique qui n'appartient qu'à des monuments purs de toute adultération , nous croyons cependant que le fonds en remonte bien réellement au siècle d'Orphée , c'est-à-dire aux plus anciens temps de la tradition hellénique.
Au surplus , écoutons le récit que fait le poème orphique du voyage des compagnons de Jason le long des côtes septentrionales de TAsie-Mineure ; nous pourrons en porter ensuite un jugement plus sûrement molivé.
Dans la traduction littérale que nous allons donner du texte, nous retrancherons seulement ce qui n'est qu'ornement poétique ou accessoire mythologique étranger à la géographie.
Le navire aux formes allongées qui porte Jason et ses compagnons a quitté les rivages thessalicns où il fut construit. Les Argonautes sont entrés dans les eaux de TÉgée ; ils ont aperçu TAthos aux épais ombrages et la divine Samothrace; ils ont touché aux plages de Lemnos, « d'où le ZéphyreCO, continue le poète, les pousse au matin dans VHellespont, ayant à leur droite, outre l'étroite Aby dos, Ilion la Dardanienne et Pituéa C^), puis la terre fertile d'Abamie et de Perkotè , qu'arrosent les ondes argentées de l'Esèpe W
réuni un grand nombre d'autorités anciennes qui prouvent Jusqu'à rëvideace l'accord des tradlUons sur l'origine anUque de ces poésies rajeunies par l'Athé- Bien Onomacrite. Bode a plus récemment repris ce sujet dans son beau traité Intitulé Orpkeus poetarum grœeorum antiquissimus. Gœtting., 1826, in-&*. ^ Zé^upoç , Tent d'ouest.
* Cette ville avait sûrement reçu son nom de l'abondance des pins (itittiç) qui croissent dans la région environnante.
* L'ordre dans lequel sont ici rangées ces localités parait étrangement altéré, au moins si nous le rapproclions des notions correspondantes fournies par ce que nous connaissons des écrits des premiers iogographes ioniens et par les géograpltes de l'époque romaine. Nous ne pouvons ni ne voulons entrer à ce sujet dans des discussions auxquelles un volume suffirait à peine, et dont il n'y aurait d'ailleurs i attendre , nous le craignons , aucun résultat positif. Ces localités décorées do nom de villes n'étaient, dans ces anciens temps , que
214 ASIC-MINBURC, [13^ 8IÈCLE AV. J.-C.
» Lorsque noqs abordâmes à la riye &ablo{)()^use , Tipli js , le pilote du navire, et l'illustre fils d'^soq , et d'autres eacore p^rmi les MinyeDs, élevèrent à Minerve aux yeux gl^uquc^s qn autet formé d'une pierrç pesante à l'endroit où les nymphes font courir des ondes pures sous la fontaine d'Àrtakè, pour remercier la déesse de leur navigation tranquille dans le large Hellespont
» Là, pendant que l^s.Minyens se livrent sur le rivage élevé aux préparatifs du festin, arrive le héros Cyzikos, roi des Polopea, qui habitent les terxes voisines (0
de misérables réunions de cabanes, qui , pour la plupart, avalent disparu du sol sans y laisser de traces dès Torigine des temps historiques ; et l'on manque presque toujoursde bases satisfaisantes soit pour en assigner l'emplacement â*uné manière certaine , soit pour en déterminer la correspondance arec les Tilles qui s'élevèrent plus tard dans les mêmes U«ux. G*est , entre autres « le cas d'Àbai^ nie et de Pituéa. Vobjet unique que nous nous proposons , et c'est aussi le seul qui Importe dans un travail de la nature de celui-ci , c*est de saisir les traits généraux propres à caractériser la physionomie du pays ou des habitants, ainsi qu'à déterminer autant que possible le degré d'étendue et de précision des connaissances géographiques d'an auteur ou d'une époque. Les faits de détail ne nous intéressent qu'autant qu'Us concourent à ce double objet.
1 Les Polopes étaient un peuple pélasghe de la Thessalie ; Orphée lui-même en fait mention précédemment (v. 129) , et on les retrouve à toutes les époques de l'histoire dans l'intérieur du conUnent hellénique. On trouve aussi des Indicée d*un établissement dolope dans l'tl« de Skyros à l'fi. de l*Eubée (Corn. JJepos, Cimont c. 3). Les Dolopes de la Propontide auraient eu , selon toute probabilité, la même origine. Mais il semble que leur établissement n'y fut pas d'une longue durée , car on ne les retrouve dans aucun des écrivains postérieurs, tels qu'Hécatée de Milet, qui vivait environ 500 ans avant notre ère, et Vt^Utorien-géograplie £p|)ore, plus jeune d'un siècle et demi (0eeat. Milet* ^, Stcph. Çyz. V» Ao^Coveç; cf. v. ÂoXdTceç; Ëpbor. ap. $chol. ApoIlQp. Rhod« a4 vers. ^037 « llb. L --Coinp. Strab. lib. XII, p. 564 et 575, et XIV, 678\ Tous ces auteurs postérieurs k £(omère nommaient Dotions^ et non plus Dolopes , le peuple voisin de ^yzique. Apollonius de Rhodes , qui les a suivis dans ses Argonautiques , écrites k A^xaudrie environ 200 ans avau^ J.-CU, attribue aux Dolions (I, 947) ce que le poëme d'Qrptiée raconte 4^ Dolope^* Main^ti^ nant, cette confusion provient-e^e seulement d'une erreur de non^s, ou aurait* elle une autre cause? Les Dolopes et Içs PoJLiqns ne sont«4i9 ^n effet qu'une seule et m<6me tribu, diversement nommée k des époques dlff^rent^,. ou bien les Doliousseraient-'ils v^ous occuper un canton que les Dolopes avaient babité avant eux! Ce pro^^lème n'a guère d'imporMiuce l^istoriquft, assurémeut; néanmoins, la question qui s'y présent^ poivrait ne p^is é.tre sa«s valeur poMf • 'appréciation mépi.e du poème orpliiqii^e confine ^ocRi^^nt de 8taCII>bi« prir
POEME ORPHIQUE DE8 ARGOMàUTES. 21 S
I» La journée toat entière fut consacrée aux plaisirs d'une
hospitalité généreuse Mais quand Titan se fîit précipité dans
les flots de TOcéan , et que la lune eut revêtu sa sombre tunique parsemée d'étoiles , alors descendirent du haut des montagnes des hommes redoutables, pareils à des bêtes sauvages, et qui ressemblaient aux Titans robustes et aux géants. Chacun d'eux avait six bras attachés à ses larges épaules.
» Les princes invincibles se hâtèrent de revêtir leurs armes ; tous les géants périrent sous les coups d'Hercule , le robuste fils de Jupiter. Mais une flèche atteignit le jeune Cyzikos, le prince
des Dolopes ; et lorsque l'Aurore , secouant les rênes dorées
de ses coursiers , s'élança dans le ciel encore éclairé d'une lueur incertaine , les Minyens reconnurent sur la plage le corps
du héros souillé de sang et de poussière Ils posèrent alors
le cadavre de Cyzikos sur de grandes pierres; ils lui creusèrent
un tombeau et lui élevèrent un monument Des jeux furent
célébrés autour du tombeau, et les rois montèrent au sommet du DindymeU) pour apaiser Rheapar des libations
» Les héros ont regagné le navire et repris les travaux de la
navigation Dès que le vent eut rempli les voiles et que nous
eûmes frappé en les sillonnant les flots salés de la mer, le navire Ai^o bondit et s'élança, rasant les confins de la terre de M yaie. Bientôt il franchit dans sa course les bouches du Rhyndakos,
miUve. Si l'on fait attention qu'Homère , si exact et si minutieux dans ses énu* mérationsgéograpliiques, surtout pour la Troade et les contrées voisines, n'y nomme cependant ni les Dotions ni les Dolopes , et que le seul peuple qu'il RiestioBoe sous ce dernier nom (U. IX, ftSIii, édtt. Didot) estcelulde la Thcs- Mlie, on pourra être conduit à penser que les Polopes trouvés près de Gysique par les Argonautes n'y demeuraient plus à l'époque de la guerre de Troie , soit qu'ils eussent été détruits , soit que d'autres peuples du voisinage les eussent expulsés , et que les Dolions qui les remplacèrent dans les mêmes locatHés ne vinrent s'y établir que beaucoup plus tard. Oe qui aura pn contribuer k la confusion , c'est que les Dolions, si du moins on en croit le^Scbotiaste d'ApoUottius (ad V. Ma, lib. I), étaient aussi originaires de la Tbessalle, dbicoixoi
^ Le montDiadyme , célèbre par un temple de Rhea (la Terre), s'élève dane la presqulle mèflie de Gyzlqoe* Il y avait, dans l'oneai de l'AsIe-lfliieure et ëins la mer âgée, beaucoup d'autres localités, prbielpalement des montagnes, de ce nmn de Dindyme ou Dldyme.
216 ASIE-MINEDRE. [13« SIÈCLE kV. J.-C.
et entrant dans le Beau Port(0 il aborda au rivage sablonneux. Autour du port se déploie l'Arganthe aux sommets élevés
» Lorsque le Soleil aux chevaux rapides eut atteint le milieu du jour, un vent favorable souffla de la montagne et vint enfler
nos blanches voiles Nous arrivâmes au matin vers une terre
funeste , où Amykos commandait aux Bébryks impies.
» Amykos, méprisant la vengeance de Jupiter , à qui rien n'échappe, provoquait au pugilat quiconque abordait dans le pays... Le robuste Pollux le tua en le frappant rudement à la tête de ses durs cestes. Les Minyens détruisirent par l'airain la tourbe vulgaire des Bébryks W.
» Partis de là, nous atteignîmes à force de rames le rivage étendu où est située la grande ville des Bithyniens. Nous nous avançâmes rapidement dans la bouche du fleuve , et nous vînmes poser notre camp du soir dans les bois chargés de neige.... C'est là que le malheureux Phinée erre privé de la vue.. ..
» Nous laissâmes les demeures de Phinée, fils d'Aghénor-, et nous abandonnant de nouveau aux plaines de la vaste mer, nous nous dirigeâmes vers les roches Kuanées(3), dont ma mère, la sage Kalliopè, m'avait souvent entretenu. Nul repos dans leur pénible labeur : continuellement livrées à l'impulsion des vents contraires, tantôt elles s'éloignent, tantôt elles se heurtent avec fureur; le fracas de l'onde agitée, des flots brisés et des vagues bouillonnantes se répand au delà des espaces du ciel et remplit la mer immense.
» Minerve aux yeux bleus, inspirée par Junon, envoya un héron qui vint se poser à la pointe d'une vergue ] la frayeur alourdissait son vol. Cependant il s'élance, en tournoyant, dans l'intervalle que lui présentent les roches; mais se rapprochant rapidement et se précipitant l'une vers l'autre , elles saisissent
< LiUéralement les Beaux Ports, KaXoC Xi{jueveç. On ne peut méconnaître ici le vaste et pittoresque golfe de Moudania.
> Le poète sicilien Théocrite, dans une de ses compositions si mal caraeté* risées pour nous par le nom d^dylles que l'usage a consacré, a repris cet épisode et y a heureusement jeté des détails bien appiopriés à Tétat d'un peuple encore barbare chez lequel abordent des étrangers (Idyl. XXII).
* A l'entrée du Bosphore de Thrace (notre détroit de Constantinople) , du côté du Ponc-Euxin.