LE SKAMARDRK ET LE SIMOÏS
l'application au local des dénoroinations fournies par l'Iliade. Une confusion déjà ancienne entre le nom du Siroois et celui du Skamandre , confusion dont un voyageur moderne nous paraît avoir expliqué rorigine d'une manière an moins très-probable (0, ne saurait remporter sur la description aussi claire que positive qu'Homère en a tracée. Le Sinioîs est le fleuve qui prend au loin sa source dans les flancs de l'Ida , au pied du Gargara ; le Skamandre véritable, non le Skamandre des commentateurs, mais celui d'Homère , est le cours d'eau qui se forme de la réunion de deux sources , sous les murs de l'ancienne Ilion C^).
L'emplacement d'//fon elle-même , tel que le voyageur Trançais Lechevalier l'a retrouvée à la fin du dernier siècle , répond exactement à la description qu'en donne le poète. La capitale du royaume de Priam , — Homère la nomme indifféremment Troie (') ou Ilion , de même qu'il appelle tantôt champs troyens, tantôt champs iliaques , la campagne environnante, — était assise sur une émineuce qu'enveloppait de deux côtés , au nord et au levant, un repli du Simoïs. De ce côté où la ville regardait le fleuve, la hauteur qui lui servait de base se terminait par des rochers à pic d'un abord inaccessible; du côté du couchant seulement on y arrivait par une pente aisée (^). Les épithètes toujours caractéristiques dont Homère accompagne fréquemment le nom d'nion , nous la représentent conraie une grande et belle cité aux larges rues , qu'environnaient de fortes murailles flanquées de tours et percées de portes élevées. II la nomme souvent aussi fertile Troie, par allusion à l'excellence du sol alluvial qui s'étendait de la ville à la mer(>). L'Acropcde ou citadelle , occupant le point le plus haut de la ville , portait le nom particulier de Pergame; c'était là que s'élevait le temple d'Apol-
* Choiseul-Goui&er, Voyage ipittor. de la Grèce ^ t. II » 223 et 271; cité et complété par Mauduit, Découvertes dans la Troade, 1840, in-4^, p. 115 et SUIT.
^ Lorsque nous aurons à tracer Thistorique des explorations récentes dont la Troadc a été l'objet , nous entrerons à cet égard dans les détails de géographie comparée que nous ne pouvons aborder ici.
» TpoCti , TroIè.
^ lliad, VI, A3 3. — Dans une foule de passages, Homère emploie les expressions de haute Ilion , Ilion exposée aux vents. Id, III , 305 ; XV, 71 , etc.
• Id. m, 74 i etcGomparei XYIII, 296.
M# ASIE-HimVftC. [ 12« SIÈCLE AT. J-C.
ktt, 1« distt.pNieeieiiréM IrofOiftC^). Uaeées entrées ^'Hèsn, akisée' au ^coadMiBt wb» ke iKMHi^es du Skamaadre , élut eonnue aottft le .no» de portes <Mm^. ou fitÉM porte» «farilmttef C»), som (pie pcobaUeflMBt ctte «ml f»Wtil'ffii:p«tît pespte «v d'aae teiba ¥Mkie , <piitil»«è0e BB mraÉiosoe pas., nMoa ^.^laîl eité pur luLMcieB bistflfie» ^^^. item les ioealièét des embase d'Uioa^ Uomège vmmÊam ThfmM H) : c'élaiAsùfenenÉ me iMiurj^ide at uaefielile ^iUe» Uftrttmewi'de la plaioe tFOjwnM, qaeieafa»bilants aetu^ du pays appeUeitt ThiiBibret4chaa^ leprésente protMj^UeaiMt , pw TemplaceBiefiteDnflw pur ieoH)»., h ISïymbrède 1a Xr«ttde heniërique*
Les-diffiÂyetits peuples et les petits Éli^ que Je peète ëmjfiaèpe au vcttainage de la Troade , oceupest le poorleur neutrîtiine éa j^sd^pnisle'foadda^l^lfe qtii (»ritplus taed lenem d'Adramy^ tida jusqu'à l'iasue de J'HeUeapeiit sur la Pfoponlide. Les ait» /cUm babitaieDi les bords orientaux du geUe aAram^tlkpie, aa aovd du Gaïque. Lers de l'trmée des Greos é&vmai Troie, iia ^éissaieiit à deux chefs, MyBès el Aétiôa^ le pseaûer réskhit à Lp'néiosi^)^ le second à ThÊké^ i^ pied de>)aneiiftagne beiséd deJ^MM»^d'o4elk avait reçut ksuF»emd'£f||)»^ Achille
.av«it {«ri»»^ aaeeagé œi&deux villes, lofl^emp» wmo^ qd^'IbettiM ii6ttettibéeattpe««oirdeS'H<dlèB6ft« Uaefti(adi^0KBM)s»»«ieiiem« ^'Hottère , el deat Bdue^vons d^ lût irokr le peu ée foadb^ mmW^ , eoiMkiiaait ces GilieieBe, aftès la dcetfaetien de leurs liiUea^ des firontières de la Treade ans: ecafio^^de :1a IHiéBicie^ aà^lepayiajpMtfkkBe qai s'étend aa sud du Tainras avait^ diiait^ «B , piris d'eux eon noiB de GUicie. DeuiK viUcs eeat «aseore meD'' Aminées dans laCîKose troyeasie, Cknfsé^ qai «mtJiniipovtaa fttidâu gidfe, ist JBM«, à quelqued^tafice doas les tesres (').
i Od^s. VIII, 504; Iliad. V. A46.
s X«s SkAlens,, diaprés Héoatée de Milct cité par ÉUoiuie de Bysaoce (t^* SxfltioO , iMbitaient entre la Troade et la Thraec.
* eùjlepTi. //. X , 430.
> 11. II, 690 seqq. ; XIX, 296.
- « JU VI, aOô, 4»a; XXII, 479; I, 366. 7 CMes8U8,p. 186.
• IL I, 37, 432; 38, 452. Cf. Stradi. lit». XiII,.iK 6iâ.
Oo a Um 4i^cpoii6 que c'estamc oantes 4iiéni«K«iMifix4e la Cil! 4. 0^ l4PNlé$i«0Ae, veis lecmifa ia£érieor da Caîi|«6, qa*il (mit ptaç^ iw fteuple qu'ttemtee iMmioie une seule (m , rans en dçj^mimser 1» po^kiw » laa Kêiékmi (0.
L#« 'ii(%^, limitMif^bes de la Cilicie, ooeupaimt la cote s^fklmlniiwle du goSife. Leur {vHle jetait Fêdmsm , non loin du Jtfli<llf'»4 me des «'ivièfes cpii eorteot de Vêàài^X Pédases avait élé saccagée par Achille lors de son expédition eoffàxe Thêbé et
^W9î%i;ia k^9 Bmrimkm»,» m seiadasciiiel» était née la dynastie royale, fassent regandé», dans le sens le plus général, Cûoap^ £oi»Baat'Iefond^ latation Iroj^wauie, >et que souvent to noms de Oardaniens et de ïBeyena fasa^ut employés indifié* secamaot l'un pour raiitre , cependant ils n -avaient pas^œssé de conaiitHer un peuple à pavt, dont le ^emtoise avait ràrement poiur capit^r^itciidnne ville de Dardanoa, àTentpée derUelleft* pQPl;. C'est presque icujours daas œ sens restrcânt que le poète eoEiidoie le nom des Dardaniens , et on pous les montre formaset un ^is>s 4i^tin0t dans rann^e rtroyeme (^).
li^ {payB qui boi^de rBelleapopt au-dessus du canton des Dar** dtyaiens, s'élendant^là juaqu'à rentrée de lafl^ponlide, for^ maî^tim petit Êt^kt dqiit^^rîiW«paraHairQir étëlaeapitale. Ambé, yjSi% té'ooigine pélasghe située sur les b^vds du SMéi$ , éiiiit en s|E^ la résidenceidp roi Asioa, fils de Hyptakès , qpi opmmandmt ilfides^ïorp^ alliés d« Priam. Asios contait parmi ses.posses** ^Qna^0rj^f# , PreUioi, »fm^ et ^<(qf , viltaa «itiiées swka bords de l'Hellespont (^).
Après le territoire du roi d'Arisbê , plus àFËst sur les rives de la PropoDtide et vers les bords du Granik^ venait V,Adréitée^ canton qui renfermait , outre la ville royale du même nom , celles d'jépaïsoseidePituéa^ assises l'une et l'autre sur la«ote. Piiuéa, nous l'avons vu, était déjà mentionnée dans l'ancien poëQie argonautique, ainsi que plusieurs des villes de THcUes^
» Odyss. XI, 521. — Foy. Strab. lib, XIII ,> ftid A. * Id. XXI, 86; VI, 35; XX, 92.
s /d. II , 819 à 823. Cf. VII , 3^8 , 368 ; VIII , 173 , 4ift , etc. ^ /d. U , 835 à 830. Add. VI, 13 , et XII , 97.
248 Asn-MuiEniE. [ 1 2« siàac at. i.-c.
pont. Le iiioii.t TlrM s'éi^vait dans le territoire d'Adré8tée(i>.
Âuniessas de ce territoire, en tirant à VEst dans l'inténear du pays , était celui de Zéléia , que traversait l'Alsèpos ou Ésèpe, au revers oriental de la chaîne de Tlda. Les Zéléiens formaient un des corps auxiliaires de Tarmée troyenne, sous les ordres de Pandares, fils de LycaonO. Homère les qualifie de TroyensW, et , dans plusieurs passages , il donne à leur territoire le nom de Lycie, Zyfe'éC*).
Les différents peuples et les territoires que nous venons d'énumérer semblent avoir relevé directement de l'autorité des derniers rois d'ilion , « dont la puissance s'étendait depuis Les* bos, demeure de Makar, jusc[u'à la Pbrygie et au vaste Hellespont(^). » Nous savons d'ailleurs que Laomédon, un des prédécesseurs de Priam , avait porté la domination troyenne au delà de THellespont , sur les côtes de la Thrace ; et nous voyons en effet figurer parmi les auxiliaires de Priam les Kikones,lesThraces et les Péoniens: — «les Thraces, que sépare l'orageux Hellespont^*)*, >»— « les belliqueux Kikones, qui habitent la ville d'Ismara (')-,» — « les Péoniens à l'arc recourbé, venus d'Amydône sur les bords de TAxîos au large cours , dont les flots limpides se répandent au loin dans les campagnes (*). »
Les Mysi^ dont le poème argotiautîque nous a montré les demeures sur les rives de la Propontide , vers la bouche du Rhyndak , sont seulement nommés par Homère , qui n'ajoute à leur nom aucune particularité géographique (*). Le poète connaît aussi les Mysiens de la Thrace , souche originaire de la branche asiatique W.
t lliad. II, V. 828 â 834.
« Id, II , V. 824 à 827.
> Ibid, ¥. 826.
♦ Id. V. 105 , 173.
• Jd» XXIV, : 43 et sulv. F^oy. Rich. Chandler, The History of Ilium or Troy. Lond. 1802, in-4% p. 10; et surtout Choiseul-Gouffier, FoyagepittO' resque de la Grèce, t. II , cb. 14*