A6IB-H1NBUKE. [5* SIÈCLE AT
être autre que celui qui fut choisi par Darius pour concourir à uue expédition de découvertes maritimes.
Si plus tard d'autres parties du Périple ont été retouchées par des mains inconnues, ces modifications partielles durent être déterminées par le progrès journalier de la navigation dans la Méditerranée ; si au contraire la description du pourtour de TAsie-Mineure et du Pont-Euxin resta seule intacte , c'est qae dès le sixième siècle avant Jésus-Christ les navigateurs de l'Ionie avaient acquis sur ces parages des connaissances pratiques qui ne furent surpassées à aucune époque de l'antiquité.
On nous pardonnera cette longue digression sur l'origine , la date et le caractère d'un document que nous regardons comme formant une des époques notables de l'ancienne histoire géographique de l'Asie-Mineure , en ce sens qu'il nous paraît avoir été la source commune et le modèle de toutes les descriptions de même nature publiées sur la Péninsule dans l'espace de plusieurs siècles.
C'est à ce titre que nous donnerons ici la traduction intégrale de la partie du Périple qui se rapporte à l' Asie-Mineure, Il serad'ailleurs intéressant d'en rapprocher ce que nous possédons encore des autres ouvrages contemporains dus aux plus anciens historiens de l'Ionie , particulièrement les fragments du Périple d'Hécatée.
Après avoir suivi le littoral du Pont depuis l'issue du Bosphore de Thrace jusqu'aux Palus Méotides , et de là au pays des Kolches qu'arrose le Phase , le Périple poursuit de l'Est à l'Ouest la côte septentrionale de l'Asie-Mineure à partir de la Kolchide.
« Après les Kolches (Kolkhès) , dit-il , on trouve les Buzères, et le fleuve Daraanôn, et le fleuve Arion.
» Aux Buzères succèdent les Ekékheïres , et le fleuve Pordanis, et le fleuve ArkhabisCO^ puis la ville de Limnê, et la ville hellénique d'Odeïnios (2).
» Après les Ekékheïres sont les Békheïres , et le port Békheïrique, et la ville hellénique de Békheïrias (*).
1 Le texte porte fautivement Arabis, On retrouve encore sur cette côte le nom ù'Arkhavi appliqué à une petite rivière.
s Aujourd'hui Atina.
^ Hécatée mentionne aussi les Békheïres aux confins d'un autre peuple , les Khoi , queScylax pe poinme pas (fr, 190 , édit. Mûlier).
ASIE-MINEURE DU PÉRIPLE DE SCYLAX. SSl
» Après les Békheïres TienneDt les Makroképhales^O, et le port de Psôrôn , puis la ville hellénique de Trapézous (Trébizonde (2)).
» Après les Makroképhales viennent les Mosunèques , et le port Zéphyrios , et la ville hellénique de Khoïradùs , et nie d'Ares (ou de Mars) : ceux-ci habitent dans les montagnes (*).
*» Aux Mosunèques succèdent les Tibarénes (*\
>» Après les Tibarénes viennent les Khalubes, et le port fermé de Ghénêtès, et la ville hellénique d'Améneïa, et Tacropole (ou fort) hellénique d'AsineiaC^).
» Aux Khalubes succède rAssyrie , et le fleuve Thermodôn , et la ville hellénique de Thémiskure , et le fleuve Lykastos , avec une ville hellénique du même nom ; puis le fleuve Halys , et les villes helléniques de Karoussa, de Sinopè et de Kérasous; puis le fleuve Okhéraïnos, et la ville hellénique de Harménê, avec un port , et la ville hellénique de Tétrakos C«).
» A l'Assyrie succèdent les Paphlagoniens. On trouve chez eux le port Stéphane (^), les villes helléniques de Koloussa, de Kinôlis Cs), de Kutôros et de Sésamos. Viennent ensuite le fleuve
' Hécatée (fr. 191) , et tous les écrivains postérieurs , nomment ce peuple Makrônes. Makroképhalè est un composé purement grec , signifiant Tête- Longue.
* Hécatée nomme en outre dans le canton de Trapéxous une viUe de Hermô« nassa (fr. 197).
' Hécatée (fr. 193} nommait aussi les Mossunèques, avec leur viUe Kbolrades. I! mentionnait en outre , aux confins des Mossunèques , un peuple du nom de Mares qui rappelle les anciens Meunirs, et qu'il plaçait également au voisinage delà région de Mosun (ci-dessus, p. 217).
* MenUonnéspar Hécatée dans la même posiUon (fr. 193).
^ Vossius \\i Jasonium, — Le texte d*Hécatée (fr. 196; Cf. 195) nomme la ville des Khalubes Staméné , évidemment la même qu'Aniénela.
* Au lieu d'Âssyria , Hécatée nommait les Leuko-Syriens , et il plaçait chez eux une ville de Tirla (fr. 194). — P^oy. ci-dessus , p. 185. Hécatée connaissait encore ici la ville d'Amisos (fr. 200) , dont notre texte de Scylax ne fait pas mention, et sûrement aussi d*autres localités de cette c6te (voy. les fragm. 198 et 199).
7 Hécatée (fr. 201) , si la citaUon d^ÉUenne de Byzance est exacte , attribuait celte ville aux Mariandynieus. Ce serait une erreur. ^ Correction de Vossius, d'après Straboa. Le texte porte Korênis.
%i% ^«IS-'IlINSDaB. [^ SIÈCLE AV. l.-G.
PaFtheBios , et la ville hellénique de Téioo CO , puis )e port de Psylla, et le fleuve Kallikhoros.
A la Paphlagonie succèdent les Mariandyniens. Là est la tiUg hellénique de Hérakleïa, puis le fleuve Lykos, et un autre fleuve du nom de Hypios,
» Aux Mariandyniens succède la nation thraee des Bitbyniens, avec le fleuve Sagarios (ou Sangarios) , un autre fleuve du nm d'Artanès, et Tile Tbynias, qu'habitent les Hérakléotes ; vieat ensuite le fleuve Hbébas. Plus loin on retrouve le détroit , et le temple élevé à la bouche du Pont. On arrive de là à la ville de Khalkédôn (Chalcédoine) , puis au golfe d'Olbia. Depuis la céte des Mariandyniens jusqu'au fond du golfe d'Olbia (cet intervalle marque retendue de la côte de Bithynie), Tespace est de trois jours de navigation. De la bouche du Pont à l'entrée des Palus Méotides, la longueur de la navigation est la même, soit qu'on suive la côte d'Ëurppe , soit qu'on longe la côte d'Asie.
» Après la Thraee viennent les My siens. Leur pays est à la gauche du golfe d'Olbia pour celui qui aavigue- dans le golfe de Kios jusqu'à la ville de ce nom. La Mysie est une péninsdeC?). Elle renferme les villes suivantes , d'origine hellénique : Olbia, avec un port 5 Kallipôlis , également avec un port. Promontoire du golfe de Kios , et à gauche la ville de Kios avec une rivière du même nom. L'étendue de la côte mysienne jusqu'à Kios est d'un jour de navigation.
» A laHysie succède la nation Phrygienne, et les villes suivantes , toutes helléniques : Myrlea , et le fleuve Rhyiidakos pros duquel est l'île Bésbikos et la ville de Wakiê. Kyzikos (Cyzique) est située au col même de l'isthme, dont elle fernae l'entrée; Artakê est en dedans de l'isthme. ]Von loin de là est l'île de Pro-
* Autre correction de Vossiu3, pour Tiihion que porte le Périple. Le texte de Sçylax, dont on n'a plus qu'un seul manuscrit, a été livré aux critiques dans un état d'altératiofi déplorable (Letronne , Observations , p. 165).
' Formée par les deux golfes d'Olbia (ou d'Âstakos , Astacenuf Si^yA, ^* de Kios (le Cianus Sinus des Latins), qui l'un et l'autre s'enfoncent profondément dans les terres. Cette Mysie du Périple est beaucoup plus resserrée que ne nous la montrent les géographes des siècles postérieurs, et fuéipe i'^cien périple orphique des Argonautes , car ce dernier y comprenait le ÇQurs du Rhyndaque.
iSlC-MINEURE PU plêBiP|.]E DE SCTLAX. fH
koQpê^QS, ^vec une ville, et au-dessus uae autre ile,.Ëiar phonnêsos, pourvue de bons ports. Les Prokonnésiens eu occupent rintérieur. Sur le continent sont les villes de Priapos, Parion , Lampsakos , Perkotè , Abydos. C'est entre cette ville et Sestos qu'est la bouche de la Propontide (0.
» Ici commence la Troade , où Ton trouva l^s villes suivantes , colonies helléniques : Dardanps, Rhoïteïon (Rbœteum), Ilion, qui est éloignée de la mer d'une distance de 25 stades C*) ; le fleuve Skamandros arrose le pays troyen. Sur cette côte est l'île de Ténédos, avec un port; c'est la pa'trie de l'astronome Cléostrate. On trouve encore sur le continent Sigheïon (Sigée) et ÀkhilleïonC^), puis Kratérès des Akhéens, Kolônai, Larissa, HamaxitoQ, et le temple d'Apollon, ou Cbrysès immola uue hécatombe C*).
» La contrée qui vient ensuite porte le nom d'Éolide (Aïolis). Les villes maritimes que Ton y trouve, et qui sont helléniques d'origine, sont Kébrên, Skôpsis, Neandreïa, Pityeïa. L'étendue par mer de la Phrygie , depuis la Mysie jusqu'à Antandros, est de
» Non loin de cette cité est l'ile de Lesbos des Éoliens, où l'on compte cinq villes : Methymna, Antissa, Eressos, Pyrrha avec un port, Mitylênè qui en a deux. Près de Mitylênè est une île avec une ville, nommée Pordosélenè. Mais je reviens au continent, d'où nous retournerons aux îles^^).
» Après Antandros et le mont Ida ^^), les lieux situés plus bas appartiennent actuellement à la Lydie. La Mysie s'étendait autrefois au delà de cette montagne jusqu'aux Teuthranies •, mais les Mysiens se sont reculés dans la partie supérieure du pays.
^ Hécatée avait dans son Périple beaucoup plus de détails sur rintérieur de cette contrée plirygienne, à en juger par les fragmeuts que nous en a conservés le DicUonnaire d'Etienne deByzance (fragm. 202 à 207).
* Cette circonstance prouve qu'il s'agit ici de la nouvelle Illon {Iliumrecms)^ bâtie par de.^ colons éoliens hors de remplacement de la Troie d'Homère , et qui est précisément à cette distance de l'entrée de THellespont.
5 Corrections de Paolniier , pour Toïkhê et AnkhialeTon que porte le te?te.
* Allusion à un passage d'Homère , Iliad, I , v. 431 et suiv. — Trois fragments conservés du Périple d'Hécatée se rappprtpntà la froade (fr. 208-2^0). ' » Add. Hecat. (fr. 226).
* Correction de Paulmierpour Indistès, non^ inconnu que porte le texte;