‹ Histoire des découvertes géographiques des nations Européennes dans les differentes parties du mondeChapitre 64 sur 123 · ASIE-MINBVRE. [Ô* SIÈCLE AV. I.-C · texte numérisé non relu

ASIE-MINBVRE. [Ô* SIÈCLE AV. I.-C

Les villes helléniques de la Lydie sont: Astyra, où il y a un temple..., AdramytionCO. Ce canton appartient aux Lesbiens. Au delà, est le territoire des colons de Khios, et la ville d'Atarneûs. Plus bas, en longeant la côte, on trouve le port Pitanê, et le fleuve Kaïkos (le Calque). Après Pilanè viennent Elaïa (Elaea), et le port akhéen de Gryneïon. La tradition rapporte que c'est là que les Akhéens délibérèrent s'ils iraient ou non attaquer Têlcphe(2). Vient ensuite là ville de Myrina, avec un port; puis Kumê et son port C^). Au delà de Kunaê sont les villes helléniques d'Aïgai et de Leukai, toutes deux avec un port. Plus loin on trouve Smyrna, où naquit Homère, Phôkaïa (Phocée) avec un port, puis le fleuve Hermos , Klazoménai avec un port, Érythrai avec un portC*). Vis -à- vis, s'étend l'île de Khios, avec un port. Je reviens au continent... La ville d'Agra , avec un port-, la ville de Teôs, avec un port 5 Lebedos-, Kolophôn, dans l'intérieur 5 Notion, avec un port; le temple d'Apollon Klarien; le fleuve Kaiistros (le Caïstre) -, Éphèse , avec un port 5 Marathêsion, et dans l'intérieur des terres la ville hellénique de Magnêsîa; Anaïa, Paniônion, Erasistratios (s), Kharadros, Phughéla (s), Akadamis, Mykalê. Toutes ces villes sont situées dans le district des Samiens. Vis-à-vis de Mykalê est l'île de Samos, qui a une ville el un port fermé. Mais je reviens au continent dont je m'étais écarté. Non loin de Mykalê est la ville de Priênê, avec deux ports, dont l'un fermé. Puis le fleuve Maïandros (le Méandre). L'étendue delà MysieW et de la Lydie, depuis Astyra jusqu'au Méandre , est de deux jours et une nuit de navigation W.

*■ Toute cette partie du Périple est trës-corrompue , et il y a des lacunes. — On y apprend d'ailleurs une circonstance que nui autre monument de l'antiquité ne nous fait connaître , à savoir, le point précis jusqu'où s'était étendue sur cette côte la domination lydienne.

3 Ceci est une des tradiUonsqui se rattachent à la guerre de Troie. Cf. Hecat. fr. 211.

3 Gomp. Hecat. fragm. 212 et 213.

^ Il semble qu'il y ait ici quelques transposiUons dans le texte du Périple.

5 Ville d'ailleurs inconnue, ainsi que la suivante.

^ Correction de Gronovius, pour Pbokala.

7 C'est-à-dire de cette partie de la Mysie comprise entre Astyra et le Calque, et qui avait fait partie de la Lydie.

s Gomp. Hecat. fr. 214 à 224.

ASlE-MlNEUliE DU PÉRIPLE DE 8CTLAX. S&5

» A la Lydie succède la Carie, où l'on trouve les villes helléniques suivantes : Hêrakleïa, Milêtos (Milet), Myndos, avec un port; Balikarnassos, avec un port fermé. Il y a un autre port et une rivière non loin de File. Puis l'ile Kalymna, Tile Karyanda, avec une ville et un port: ses habitants sont Carions ('). Vient ensuite l'île de Kôs, avec une ville et un port fermé. Au voisinage de ces localités et du golfe Kéramique de Carie est Tile Symê, et celle de Nisuros, avec un port W. Je reviens au continent. Le promontoire sacré Triopion, la ville hellénique de Knidos ; puis le district des Rbodiens, et sur le continent Kaunos, ville carienne, avec un port fermé ; puis le promontoire Kragos (3).

» Au voisinage de cette côte est File de Rhodes, qui renferme trois villes anciennes, lalusos, Lindos, Kameiros, Les îles habitées des environs de Rhodes sont : Khalkeïa, Têlos, Kasos, Karpathos, qui renferme trois villes. Et retendue de la Carie, depuis le fleuve Méandre jusqu'au promontoire Kragos de Carie, est de deux jours de navigation. Mais je reviens de nouveau au continent , d'où je m'étais écarté.

» A la Carie succède la Lycie. ^es villes des Lyciens sont : Telmissos , avec un port; puis le fleuve Xanthos, par lequel on remonte à la ville de Patara, qui a un port. Phellos, avec un port. Proche de cette ville est File rhodienne de Méghisthê. La ville de Limyra, où Ton arrive en remontant la rivière. De là on trouve la ville de Ligaïa W , puis les Khélidoines , promontoire avec deux îles, et l'île Dionysios; puis Sidêros, port et promontoire. Au-dessus de Sidcros est un temple d'Héphaïstos (Vulcain) , situé sur une montagne ; là on voit la terre vomir spontanément des flammes qui ne s'éteignent jamais (^). Si nous quittons le rivage pour pénétrer dans les terres, nous trouvons la ville de Phasôlis, qui a un port. Plus loin est le golfe et la ville d'Idaros, l'île Lyrnatia, Olbia, Magudos, et le fleuve Kattarhaktès ; plus loin , la ville de Perghê, et le temple d'Arté-

* G*est la patrie du Scylax d'Hérodote, l'auteur présumé de notre Périple. ' Nous suivons ici les corrections de Vossius.

> Comp. Hecatae'i fragmenta 225 , 227 à 239. II parait que le Périple d*Hécatée fournissait d'amples détails sur la géographie intérieure de la Carie. ^ Peut-être Gagala (Gags).

* C'est la célèbre Chimère , Khimulra ; ci-dessus , p. 208

SStf ifilË-ffmsURE. [!f SIÈCLE kV, J.-C.

«lis (Diane). De ce lieu à la Carie, Fétendue de la Lyeie est d'un jour et une nuit de navigation. Le chemin est plus long ea suivant les sinuosités de la côte (0. '

» Après la Lycie commence la Pamphylie, où sont les villes suivantes : Aspendos, où Ton arrive en remontant une rivière nommée Ëurymédôn. Vient ensuite la ville de Sullion , puis une autre ville, Sidê, colonie des Kuméens. Celle-ci a tin port. L'étendue de la Pamphylie depuis Perghê est d'un jour fet demi de navigation. H y aencore d'autres villes dans ta Pamphylie :Kibura, ensuite KorakêsionW.

» A la PaœphyKe succède la Cilicic , où l'on trouve les Villes suivantes : Sélinous, Kbaradrous, aVec un port, Anemourion, ville et promontoire , Naghidos , Ville avec Une île (^). Non loin de Sukên (^) est le port de Posideïôn (Neptune)-, puis Salon, Mucus, la ville de Kélendéris, le port Âphrodisios (port de Vénus), un autre port, la ville hellénique de Hblmous, distante La ville de Sarpédôn-, Latmos, ville et fleuve C^);

Soloi , ville d'origine hellénique -, là ville de Zéphyrion , le fleuve Pyramos, la ville de Malles, où l'on remonte par la rivière; Adanê, port marchand*, Myriàndros des Phéniciens; le fleuve Thapsakos. L'étendue de la Cilicîe , depuis les confins de la Pamphylie jusqu'au fleuve Thapsakos, est de trois jours et deux nuits de navigation. Depuis Sinopê, qui est sur le Pont, jusqu'à Soloi, la distance d'une mer à l'autre, à travers le con-' linent et la Cilicie, est de cinq jours (de marche).

M^Non loin de la Cilicie est l'île de Kupros (Cypre). Les villes qu'elle renferme sont : Salamis, ville hellénique, avec un port fermé commode pour l'hivernage; Karpaseïa, Keruneïa , Lapêthos des Phéniciens, Soloi (qui a aussi un port commode pour rhivernage). Marion , ville hellénique 5 Amathous, dont les habitants sont indigènes. Toutes ces villes ont des ports abandonnés. L'île renferme d'autres villes barbares dans l'intérieur

< Comp. Hecat. fr. 240 à 247.

> Conf. Hecat. Fragm. 245 à 250.

s Hécatée plaçait à Naghidos la limite commune de la Pamphylie et de la Cilicie (fr. 252. Âdd. S51 et 253).

^ CorrecUoD de Gronovius , pour Séton que porte 16 texte, * Correction de Gronoyius , pour Erômos»

biluCTÊRB m MlftlMB hZ 8CTLAX. Sg^

des tepree. Hais je reviais au continent, dont je m'étais écarté.

>» A la Cilicie succède la nation syrienne Après le fleuve

Tbapsakos on trouve Tripolis de Phénicie... »

Ici se termine la portion du Périple consacrée aux côtes de l'Asie-Mineure. Ce fleuve ïhapsakos, dotitScylax fait la limite de la Cilicie du côté de la Syrie, n'a été connu sous ce nom d'aucun autre géographe de yamtiqiiité. M« LetronneCO pense que ce ne peut être que l'Orontes , qui forme en effet dans Hérodote , comme nous le verrons au chapitre suivant, la frontière commune de la Phénicie et de la Cilicie.

Il serait superflu d'ajouter ici aucune remarque au commentaire succinct dont nous avons accompagné notre traduction. Les indications de Scylax montrent quelle profusion de colonies helléniques couvrait , au sixième siècle avant notre ère , tout le pourtour du Pont-Euxin et la côte orientale de la mer Egée jusqu'aux confins de la Lycie-, et lors même que le Périple lui^nême ne serait pas là pour nous apprendre combien ces parages étaient devenus familiers aux navigateurs ioniens, cette quantité de colonies ne nous permettrait pas de douter que les parties maritimes de TAsie-Mineure ne fussent dès lors aussi bien connues qu'elles l'aient jamais été à aucune époque ultérieure jusqu'à nos jours. Quant aux progrès que pouvaient avoir fait alors les connaissances des Grecs asiatiques sur l'intérieur de la Péninsule, le Périple ne nous fournit aucune lumière. Seulement le peu de débris parvenus jusqu'à nous des ouvrages géographiques d'Hécatée de Milet , contemporain de Scjlax, nous révèlent que sur certaines provinces au moins ces connaissances étaient déjà très-circonstanciées ; et le précieux ouvrage d'Hérodote, postérieur d'un demi siècle à peine à ceux de Scylax et d'Hécatée, va nous montrer jusqu'où elles s'étendaient en effet.

t Observations citées, p. 223.

288 ASIE-MINIUBC. [5^ SiftCLE AV. l.H!.

Page 1