‹ Histoire des découvertes géographiques des nations Européennes dans les differentes parties du mondeChapitre 66 sur 123 · HÉRODOTE · texte numérisé non relu

HÉRODOTE

lecteur le cercle entier des connaissances bistoriques et géographiqaes de cette grande époque.

C'est ainsi que nous y trouvons un aperçu complet de la géographie de l'Asie-Mineure et des peuples qui l'habitaient au temps de la guerre médique, de 450 à 500 ans avant notre ère.

Cette description de TAsie-Mineure appartient donc à la même époque que le Périple de Scylax et celui d'Hécatée, et ces trois documents se complètent ainsi réciproquement. Ce sont évidemment les portions concordantes d'un même corps de doctrine, les chapitres successifs, en quelque sorte, d'un même ouvrage d'ensemble, ceux-ci retraçant dans le plus grand détail Te pourtour des côtes et donnant l'énumération de toutes les localités maritimes, celle-là esquissant à larges traits la position relative des peuples et des pays de l'intérieur. Quelque part que l'on fasse, en effet, aux recherches, aux observations, aux découvertes personnelles d'Hérodote, on ne saurait leur supposer la même étendue qu'aux notions déjà recueillies par ses contemporains, et répandues , lorsqu'il écrivait son immortel ouvrage , dans le commerce intellectuel de son siècle. Hérodote n'avait d'ailleurs visité personnellement aucune partie intérieure de l'Asie-Mineure -, mais il était d'Halicarnasse , une des villes helléniques de la côte dorienne, et il avait certainement consulté tous les écrits antérieurs. Or, nous l'avons vu, ces écrits avaient été nombreux déjà chez les Grecs asiatiques , — et beaucoup avaient rapport à la géographie aussi bien qu'à riiistoire de plusieurs parties de la Péninsule, — de la fin du sixième siècle au commencement du cinquième, c'est-à-dire un demi-siècle à peine avant l'époque où Hérodote lui-même traçait son ouvrage. Un esprit aussi actif et aussi avide de renseignements n'avait certainement pas négligé de consulter ces écrits pour en extraire tout ce qui se rapportait à son propre sujet ; et l'on peut conséquemment regarder comme un fait indubitable que la description de l'Asie-Mineure, telle que nous la fournit l'historien d'Halicarnasse, est un résumé complet des notions alors acquises chez les Grecs asiatiques sur l'intérieur de cette grande région.

Toutefois, ce n'est pas d'un seul jet, ni d'une manière que H. 19

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Von puisae aiK>^ler didactique, que rtotocig» uométvuiêmioi^ cription de la Péninsule. 11 y isst «usDené par l'eiicbaîneiBioK de ses récits, une fois en faisant rénumération descriptive te grandes pF^vlnces ou satrapies entre lesiiueUee étaiialoftdiYiBéç la pipnarchie persane ^ dont l'Asie-Mineure faisait i^rtie \ wê autre fois en passant en revue , à la manière d'Homère , les diffi^ rents peuples représentés dans l'année de 'S^r^^ Divenes Qotices particulières jetées par l'auteur dans le corps de soi ouvrage ajoutent quelqpea traits de détail à ces d&i% n^em principales, dont l'une est esseotiellefuent géographique, oh décrivant le pays mèn^e , l'autre plus particulièremeut eUuMWgique ou se rapportant aux habitants^

C'est en réunissant ces éléments descriptifs, ^i lea grottpaaâ dans un ordre logique, en les fondant en ua easen^Ue rë^ieiv que nous allops essayer de rétablir rédi&ce das» ses preporlioDB primitives. Nous noua attacherons à conserveir pe»1i9u( autaot que possible les termes mêmes de noti^ auieur.

Dans l'esprit d'Hérodote , comise dans ki oaUire, la «oetréa que l'on désigna plus tard sous la dénooainaUioa d'Âsie^i* neure , mais qui n'a pas encore chez l'histprien de nom dislino^ tif , si ce n'est celui d'Asie Inférieure , xdiTto t^(; ish^^ CO est woé grande presqu'île qui d'un cota commeace au Phase eu ^ touche à la Colchide , et se termine de l'autre au |^ie llyrya»*dryque C^), sur les confins de la Phénicie. Du côté du nord , eU« est baignée par les eaux du Pont-Ëuxin et par la P«ojpientide; du côté de l'ouest^ depuis le cap Sigée (Sigheïon) dans h Troade , jusqu'au cap Triopion , par cette mer ouverte à kMj^ie on donne le nom d'Egée (^). La mer qui la baigne au sud, et où nie de Cypre est située , n'a pas de nom particulier (*).

Le Pont-Euxin , ou mer Boréenne (BopTjfYj ÔàXoffda) a de loa-

» Lfliértrféitteîat le basdè TAi^e. Vid. hb. î , c. 177 et 72.

* llMBiSé pftM lard go^ dlMM, ât^onfd'hui de SkaiHleroûn.

* On irouvé lé nom d» mer .d'ioAé» dans un pawtgfe d'Héradote (Hb. V, t. 50) ; mais ce nom , dont Tirage ne ^^ fms avoir été gén^nd «ne 0^{4liiaiK sûrement qu*à la partie de VÈgée qui baignait immédiatemeni la côIa iomaa^ ef tes tieis aVoisinantes. C'est par liné licence toute poétique que Virgile (iËneid. li 181) ft appliqué ft rÉgéê la dénôtnhtltttoli dé iaet de Pbrygle, Phryigium i»quor^ qui, du reste, dans la pensée du poète, ne signifie q^ mttr&féant*^

* Herod* IV, 98\ S9r.

AW-WlfSfKE D'HéBMerc» flUITS PHTSIQtES. SM

gueiirllylOOdteddB ;m (rfus grande krif;ein'e»i de 3,100 sltdes. Voici eommefii ces mesures avaient été prises. La route qu'un vaisseau pouvait faire dans un long jour de Tannée éUiit estimée à 70,000 mille orgyes , ei pendant la nuit à 60,000. Or, de rentrée du Pont-ËuKÎn à remboiicburedu Phase, ce qui est la ligne de plus grande langueur de cette mer, on comptait neuf jours et buit nuits de navigation, ce qui donne 1,110,000 orgyes, ou (à 100 orgyee par stade), 11,100 stades (0. De la contrée des Siades jusqu'à Thémiskujrè à remboucbure do Tbermodôa , in < tervaUe qui donne k plus grande largeur du Pont-Ëuxin , on compte trots jours et trois nuits de navigation, c'est-à-dire 330,000 orgyes ou 3,300 stades C^). LePont-Euxin tient en outre i UB vaste lac qui se jette dans cette mer, et qui ne lui est pas ^ ditHérodote, beaucoup inférieur eo grandeur. Ce lac est connu fiûos le nom de Palu»-Méotide , ou de Mère du Pont, MT^Tip«

ÏJà Pont-Euxin verse ses eaux dans la Propontide par ua dé-* troit qa'on nomme le Iftosphore , et la Propontide communique av«c la mer Egée par un autre détroit af^^elé TUellespont. Le Bosphore a 120 stades de longueur sur quatre de large ^ la km^ geeur de THeUespont est de 300 stades, et sa largeur de sept. Ënfio , la Propontide elleHEoémea ôQO stades de large , sur une loagueur de 1 ,400 stades (^.

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