VII
* La même particularité est rapportée par l^lstonen Nicolas de Damas (p. 148i ecHt. Oretl.) , peut-éire (l'ftprès WnéffLe, AH^urpiHis ^ oa retroure avjotirdlivi •Bcore ^u/iqm ciNce é'HMdo^tt étm tct «0ii%aiB«a «Fuse fNotie éestltf ^ V^cJiipel grec. /^loy. i t» M\|et Bwlûm, 4aD$ le aeo|i6il é4M fM U* l^o^ Walpole aoius le titre de Travfils in i^arioujf CountrUi ofth$ Efiui* l^ffdoo^ 1820, in-/^^, p. 392* Cette prépondérance des femmes dans la vie civile est ici un trait pafttctilier anx races 1)hmâes tlu tïord , et lotit à fait en opposttloii avec les mœurs dominantes des peuples aborigènes de l'A^ mérldlQjiale.
> Lib. VII, c. 92 ; I, 173 , 1S2; 11, 178 ; I . l7tJ.
^ Ce nom n'a probablement eu d'autre signlficaUon que céffè de MéoU^f^ Montagnards; celui de Milyens se rapporte également i la nature ifmf^^^^ du pays. Fay. ci-dessus, p. ^TOl €A 190.
▲SIB-MINEURE »'llteO»OVB. LTCIENS. LYDIE. MO
Mil^iem. Hérodote (Vil , 77) dit que le iprmAetàe ces deux peu*- |)l6s montagnards était connu aussi sous le nom de Loèoniens; 4)uoiqi]d dans un autre endroit (ill , 90) il distingue les Lasoniens A^ Cabélieifis, ce que nous croyons pius exact. Les Gabéliens portaient, au surplus, le même bêtement et la même armure que les Miliciens , ce qui confirme ce que l'on sait d'ailleurs de leur cûfmnune origine. Les Milyens étaient armés de lances courtes y «t leur vêtement était ratftaehé avec des boueles. Quelques-uns portaient l'arc lyeien \ tous avaient la tête couverte d'ua easque de cuirCO.
Les Pamfhilimê sont Hdlèoes d'origine ; aussi leur costume e^il tout à Aiit hellénique (*).
Le nom des Hyghennéem^ prononcé une fois par Hérodote W est -tout ce que Ton sait de ce peuple; il parait avoir habité, OHnme les précédents , le pays de montagnes qui couvre la Lyeie au Nord et au Nord-Est.
La Lyék était séparée de la mer Egée par la zone maritime où les Hellènes- Ioniens avaient fondé leurs colonies et établi leur riche et pniasante confédération. L'histoire longtemps obscure du pays lydien avait reçu une soudaine illustration du règne de €résu6 , qui avait porté ses armes jusqu'au delà du Halys et soumis à sa domination tous les peuples de TAsie-Mineure occidenlale, les Phrygiens, les Mysiens, les Mariandyniens, les Kbalubes, les Paphlagons, les Thraces d'Asie (c'est-à-dire les Thyniens et les Bithyniens, les Cariens), les Ioniens, les IVortens, les Étoliens et les Pamphyîiens. Ijcs Lyciens étaient les seds, avec les Cilieiens, qui eussent su mainteéir leur indépéndimce contre les armes du conquérant Ivdien (O.
La Lydie était «ne contrée particuHèrement ri<*e en or et en aifent; pi^Meiirsde ses rivières, notamment le Pactole, roulaient dans leurs eaux des parcelles d'or détachées des montagnes d'ôà «Hes desoendaient C^). GUe offrait d^illeurs peu d'ob-
* JUb. vij^ «. 77-
* Llb. VII,c.91.
^ Lib. in , c. dO.
*Lib. I,c.28.
»Lib. I,c.93; V, 49.
300 ASIE-41INE0liE. [5« SIÈCLE àV. J.-C.
jets dignes de remarque, si ce n'est un monument qui pouvait rivaliser pour la grandeur avec ceux des Égyptiens et des Babyloniens. Ce monument était le tombeau d'Alyatte, père de Crésus et son prédécesseur sur le trône de la Lydie. La base en était formée de pierres d'une très-grande dimension; le resle était en terre amoncelée. Une des singularités de sa construction , c'est la part qu'y avait eue la prostitution des filles de Sardes. Au sommet du monument on avait élevé cinq bornes de pierre qui existaient encore du temps d'Hérodote, et sar lesquelles des inscriptions gravées indiquaient le travail de chacune des classes d'artisans qui y avaient concouru. D'après ces inscriptions , l'ouvrage fait par les filles de Sardes s'était trouvé le plus considérable : — chose peu surprenante , ajoute rhistorien, puisque en Lydie toutes les filles vendent leurs faveurs pour se procurer une dot , pratique qu'elles continuent jusqu'à ce qu'elles trouvent à se -marier. Un grand lac entoure le tombeau d'Alyatte •, ce lac porte le nom de Gugaïè (Gygès)fO.
Le lac de Gygès existe toujours, à quelque distance au nord de l'emplacement de l'ancienne Sardes ; les voyageurs modernes y ont retrouvé les restes du monument décrit par Hérodote. Ces tombeaux gigantesques élevés à la mémoire des rois ou des héros sont très-communs , on le sait , dans toute l'Asie occidentale; des bords de l'Indus aux rives de l'Euphrate et du Nil , de la région de l'Euphrate aux bords du Pont et de l'Egée, les pays occupés jadis par les races iraniennes ou par les innombrables tribus des peuples blonds du Tourân , sont couverts de ces constructions tumulaires tantôt arrondies en coupoles, tantôt projetées en larges pyramides , et dont le nom de stoupas , tépèhs ou topes, sous lequel on les désigne dans une partie de l'Asie, a été récemment illustré par des découvertes curieuses et de savantes recherches.
Sardis^ la capitale de la Lydie , est mentionnée par Hérodote commç une ville très-ancienne. Elle était située à l'entrée de plaines vastes et nues qu'arrosaient plusieurs rivières , notamment le Hyllos -, sa distance d'Éphèse était de cinq cent qua-
*'Ub, I,c.03.
ASIE-MlNEOnE d'HÉRODOTE. LYDIE. 3Ô1
rante stades (0. Le Pactole, rivière qui entraînait des pareilles d'or détachées du Tmôlos, traversait la ville avant d'aller se jeter dans le Hermos. Sardes avait une citadelle presque inexpugnable: mais les maisons de la ville étaient pour la plupart construites en roseaux. Quelques-unes seulement étaient bâties en briques. Sardes, à l'époque de la splendeur de l'empire de Crésus, devint un moment le centre des richesses et des lumières de l'Asie occidentale (2).
Hérodote ne cite pas expressément d'autres localités de la topographie lydienne. Magnésie, située près de la gauche du Hermos, et qui fut distinguée plus tard par le surnom de Sipylienne, était une ville ionienne-, et il est incertain si Kallatêbos, que l'historien nomme en un endroit, appartenait à la Lydie ou au territoire phrygien (*).
Les Lydiens étaient regardés comme une des nations les plus belliqueuses de l'Asie ; ils combattaient principalement à cheval, armés de très-longues lances , et ils excellaient dans la cavalerie. Leur équipement était du reste assez semblable à celui des Hellènes (♦).
C'est principalement sur les usages, les mœurs' et les habitudes de cette nation, dont il avait une parfaite connaissance, qu'Hérodote aime à s'arrêter. « Les Lydiens, dit-il, sont en général gouvernés par des lois qui diffèrent peu de celles des Hellènes , à l'exception cependant de la coutume qui autorise les filles à faire le métier de courtisanes. C'est le premier peuple, du moins à notre connaissance, qui ait frappé de la monnaie d'or et d'argent , et qui en ait fait usage. C'est aussi chez
lui que les premiers marchands en boutique se sont établis
Toutefois, ils admettent la même distinction de classes que les Égyptiens, les Thraces, les Scythes et les Perses (5)5 et, de même
> Ce sont évidemment des stades olympiques, de 600 au degré. Vingt-quatre de ces stades répondent à une de nos lieues communes.
«LIb. I,c. 15,80;V,54, 101; 1,84,29.
«Lib. ni,c. 90;VII,31.
^Lib. 1,0. 79; VII, 74.
* Hérodote aurait pu ajouter et les Indiens, Cette distinction des castes ainsi répandue depuis le haut Hindoustan Jusqu'en Thrace et dans l'ouest de l*Âsie-Mineure , en passant par la Perse et la Scythie, est un fait digne d'attention sous plus d'un. rapport.
jUKt àgHKIHflCIlM* [5* SifctLE AY. i.-C.
gueaûttx-ci , ik tienneat oomoie irè»^mp6rimre h la elésM vouée aux arts mécaniques ceUe qui n'a d'autre profeasion ^e k guerre (*). »
Les Mffsieui s'étendent depuis la Propontide juaqu'au golfe d'Âdramytti, ayant à l'ouest la Troade et au midi la Lydie. Le haut massif de rpiympe, qui domine ]e pays des Mysiens, \em faisait donncu* le surnom d' OlympUm* Les troupes qu'ils a¥aieat fournies à l'armée de Xerxès portaient des casques d'une forme particulière à leur pays , un bouclier petit, et des javelots dont l'extrémité éuit durcie au feu. La Tmlhranie était un cant^Hide la terre des Mysiens C2).
A la Mysie confinait le territoire des Hellespontiens et celui des Bithyniens ou Thraces d'Asie. Sous le nom d'Hèlle$pmUen$y que nul écrivain que nous sachions n'avait employé avant lui, notre historien désigne cette longue chaîne de colonies helléoiques , de famille dorienne et ionienne , qui bordait la cote asiatique du détroit depuis l'embouchure du Skamandre jusqu'à l'entrée de la Propontide. La partie intérieure du pays, que domine la chaîne de l'Ida et qui s'étend des bords de la Propontide à la mer où est située Lesbos, est la Troade; la Troade est ainsi bornée , là où elle ne touche pas à la côte, par la Mysie , par les Hellespontiens et par les Bithyniens.
C'est en racontant la marche de Xerxès et de son armée vers l'Hellespont , qu'Hérodote nous donne le plus de détails sur ces pays où avait autrefois régné Priam. » L'armée, dit- il, dir^ea sa route de la Lydie sur le Gaïque et la Mysie. En partant des bords du Gaïque, elle laissa la niontagne de Kanê à sa gauche et arriva par TAtarnée dans la ville de Karinê. De là elle traversa la plaine de Tfaêbè , passant à coté des villes d'Âdramytteïo& et d'Antandros pélasgique^ puis laissant le mont Ida sursagau' che (3) , elle entra dans la campagne d'ilion , où elle fut , la première nuit qu'elle passa au pied de l'Ida, assaillie par un violent orage : le tonnerre et la foudre lui tuèrent beaucoup de moïide. Arrivée sur le Skamandre, ce fleuve fut de tous ©euxqueTar-
1 Lib. I , c. OA ; Il , 167. Kous auivoDftla tadaclioû da M. MioU • Lib. YI,c. k2i VII, 74j VW, lO/Bj V, lîMI}H, W, lA Gargara,
▲SIS-WNEURE D'piUOINOa'K, HTSIBNS. TROAOE.
mée avait trouvée sur aa route, le pcemiev dont elld épuiaa kt em%. , et qui ne put auilire à désaltérer les hoiaiDea et lea ani* maux. Lorsque Xerxès eu eut atteiat les bords , il monta dans Pergaïue , Taocieiuie demeure de Priam, pour satisfaire le désir qu'il avait de visiter ces lieux. Il les vit, en effet, dans un grand détail \ et après avoir tout examiné > il sacriâa mille bœu& à Minerve-Iliade y tandis que les mages firent des libations aux liéros. La nuit qui suivit ce sacri&i^, une terreur panique se répandit dans l'armée ) mais le jour venu eUe se remit en marche , laissant sur sa gauche les villes du Rboileion (Rhoetiom) , d'Ophryneôn et de Dardanos, voisines d'Abydos, et sur sa droite le pays des Gbergbitès^Teukriens^^). » Les Gbei^bitès avaient reçu ce surnom perce que c'étaient les restes de Tan* cien peuple de Tcukros, dont les Éoliens avaient envahi les terres (^).
Hérodote fait aussi mention ^ sur la cote troyenne et aur THcllespont, des villes de LampônÔI^ d'Akbileïon» de Sîgheîon, de Perkôlè, de Lampsakos, de PaisosetileParionC*).
Un autre passage de notre auteur donne au nom d'Heilespontiens une acception beaucoup plus étendue, en y comprenant toutes les colonies d'origine hellénique qui bordaient la Prot>oiitide jusqu'à l'entrée du Bosphore. Prokonnêsos, Kyzikos ou Cyzique, Àrtake, Kalkhêdonié (Cba^cédoine) , et Byzance (sur la cQie d'Europe) , s'y trouvent ainsi comprises W, Les villes de Daskulcïc»! (Dascylium) , de Plakie, et de Skulakè, que mentionne Hérodote aux environs de la côte hellespontiqoeCO, appartenaient sûrement à la Mysie, aussi bien queoeUede Kios(<^^.
Les Hellespontiens de l'armée de Xerxès portaient tous le. vêtement et l'armure des Hellènes. £ux et les habitants des bords du Pont-Euxin avaient fourni ensentUecent vaisseaux (?).
Sous le nom de Thrttceê d'Am, Hérodote comprend Xe^BUhy^
^ LU», vu , €. 42 et 41.
» LIb. V, c. 122 et 94.
«Lib. V, c 26, 94 et 117.
♦ Lib. IV, c. 138. *
» Lib. III, c. 120; 1,57.
• Ub. V, c. 122.
''Lib.vn,c.w.
304 ASUsiinitcitB. [5* sifcCLi at. i.-c.
niem et les Thynien$. Les Biihyniens étaient originaires des bords du Strymon, en Thraee. Gomme équipement de guerre, ils portaient sur la tête un bonnet de peau de renard, et avaient le corps couvert d'une tunique sur laquelle ils jetaient une zeira teiote de diverses couleurs. Leurs pieds et leurs jambes étaient enfermés dans des bottines de cuir de chevreau , et ils étaient armés, outre leurs boucliers, de javelots et de poigoards courts (0. Hérodote n'indique pas leur position précise; mais comme il attribue la ville de Kios à la Mysie C^), on doit croire qu'il les relègue entre laPropontide et le bas Sangarios.
Les Mariandyniens ^ les Paphlagons^ les Ligyens^lesSyro-Cappadoeiens et les Matiémens sont mentionnés en grouj)e par Hérodote, sans autres détails géographiques. De ces cinq peuples, les trois premiers habitaient sur les bords du Pont à l'orient du Sangarios et des Bithyniens ; tous se ressembUienl par les armes et par l'habillement. Ils portaient un casque en mailles de fer. Leur bouclier était petit, et leur pique de moyenne grandeur. Ils étaient en outre armés de javelots et de poignards ; leur chaussure embrassait le pied et montait jusqu'à mi-jambe (^). ]l est assez remarquable de trouver ici des Ligyens au voisinage des Hénètes de Sa Papblagonie, comme par delà les Karpatbes sarmatiques l'ancienne géographie connut des Ligyens contigus aux- Vénèdes de la Baltique. Mais après les développements où nous sommes entrés à cet égard dans nos précédents chapitres, ces antiques rapports entre des tribus éparses , même à de grandes distances, au pourtour du Pont-Euxin , n'ont plus lieu de nous étonner.
La Cappadoce^ dont les habitants sont appelés Syriens p9T les Ioniens et les autres Hellènes (*), est une contrée riche qn'avaient successivement possédée les Assyriens , les Mèdes et les Perses. Le fleuve Halys la sépare de la Papblagonie. Hérodote n'y nomme aucune ville, si ce n'est Kritala, dont on ignore la situation; il mentionne seulement un canton du nom de Ptériê, qui s'étendait vers le bas Halys et la côte du Pont. De toutes les
* LIb. I,c. 128; VII, 75.
s Au fond du golfe de Moudania actuel. « Llb.VII,c72.
* f^oy. h sujet ci-dessus, p. iSli.
A8IE-l01tEimE D*HÉROPOT£. CAPFAIK)CB. CÔTB POHnQUE. 305
colonies helléniques qui couvraient cette côte en si grand nombre , Hérodote n'en cite qu'une, Sinopè, qui est située , diMl, « presque sur le Pout-Euxin (0. w
Il est incertain si les MaiiènienSy nommés conjointement avec les Ligyens, les Mariandjrniens et les SyrcnCappadociens, étaient un peuple voisin de la grande Arménie où Tont connu les géographes postérieurs et Hérodote lui-même dans d'autres passages de son histoire (notamment livre Y , ch. 49) , ou une branche détachée qui se serait avancée à Touest en suivant le cours du Halys.
Hérodote est très-succinct sur les Phrygiens. Il rappelle seulement qu'ils nourrissaient d'immenses troupeaux, et recueillaient une grande abondance de fruits. Leur costume et leur équipement de guerre ressemblaient à ceux des Paphiagons. Les seules localités qu'il cite dans cette vaste contrée sont quelques villes obscures situées vers les sources du Méandre (^).
Les Mo$kkes,\es Tibarènes, les Malerônês^ les Mosinêques^ et les Mares ^ ces tribus encore barbares répandues le long de la côte pontique depuis le Thermodôn jusqu'à la frontière des Kolcbes , avaient tous dans l'armée de Xerxès les mêmes armes et le même costume , comme sans doute ils avaient une origine commune et parlaient des langues voisines également dérivées d'une tige caucasienne. Le casque qui couvrait leur tête était de bois; des boucliers de cuir, courts et étroits, les garantissaient seuls de l'atteinte du fer ennemi *, leurs mains étaient armées de lances courtes, mais dont le fer était très-long C^). L'historien n'a pas d'ailleurs d'autres détails sur les mœurs , les habitudes et l'histoire de ces populations obscures , non plus que sur la géographie de leur pays peu fréquenté. 11 nomme cependant le Thermodôn , et la ville de Thémiskure à l'embouchure de ce fleuve W.
La Ciliçie, qui forme à elle seule une satrapie , est une contrée montueuse que baigne la mer de Gypre. Cette province a dans Hérodote plus d'extension que ne lui en donne la géographie
Lib. I , c. 72 et 73 ; V, 1^9 ; VII ,26 et 72 ; 1 , 76. » Lïb. V, c. A9; VU, 73 et 26.
» Ub. Vn , c 78 et 79.
* Lm. VII , C, 78 et 70 ; IV, 86,