‹ Histoire des découvertes géographiques des nations Européennes dans les differentes parties du mondeChapitre 72 sur 123 · ASIE-MINEURE. [5« SIÈCLE AV. J.-C · texte numérisé non relu

ASIE-MINEURE. [5« SIÈCLE AV. J.-C

Aînsworlh. M. Aînsworlh , qui a lui-même parcouru à deux reprises une grande partie des contrées que foulèrent les pas des dix mille Grecs, a sur ses devanciers, un seul excepté CO, le très-grand avantage d'avoir vu de ses propres yeux les lieux que décrit l'auteur ancien ; et telle de ces descriptions qui n'est pour le commun des commentateurs qu'une lettre morte, s'animaot ainsi pour lui de toute la puissance des souvenirs, prend un sens et une valeur qu'elle n'aurait eu pour nul autre. Mille circonstances auparavant inaperçues se transforment dès lors en autant de points de reconnaissances ; ce qui était obscur devient clair, les incertitudes s'aplanissent el se dissipent. — Les révolutions renversent les empires ; les villes mêmes disparaissent sous le souffle destructeur de la guerre : mais le sol et l'aspect des lieux , immuables au milieu des révolutions des bommes, restent pour attester l'exactitude de l'historien, et diriger les recherches de celui qui veut retrouver dans ce qui est aujourd'hui la trace et l'image de ce qui fut autrefois W.

Nous allons maintenant laisser parler Xéûophon.

« Cyrus partit de Sardes à la tête de son armée. Il traversa la Lydie , fit en trois jours vingt-deux parasanges, et arriva aux bords du Méandre. La largeur de cette rivière était ici de deux plèthres C^) ; un pont formé de sept bateaux y était construit. Ayant passé ce fleuve et fait une marche de huit parasanges dans la Phrygie , il arriva à Kolossai , ville grande , opulente et bien peuplée (*) De là il fit vingt parasanges en trois mar-

1 M. Macdonald Kinneir, officier instruit de Tarmée britannique, pendant son voyage en Asie-Mineure , en Arménie et dans le Kourdistân , publié en 1818 sous le Utre de Joumey through Asia Minor^ Armenia oimI KoW' disian,, in the years 1813 and 1814, with Remarks on the Marche» of Alexander^ and Retreat of the Ten Thousand^ In-B^, a aussi reconnu, mais avec moins d'étendue que M. William Ainsworth , une partie des routes décrites par Thistorien de l'expédition de Cyrus«

3 L'ouvrage de M. Will. Ainsworth est inUtulé Travels in ihe Traek of the Ten Thoutand Greeks , being a Geographical and Descriptive Account ofthe Expédition of Cyrus , an«kofthe Retreat of the Ten Thousand Greeks^ as related by Xenophon. Lond, W. Parker, 1844, in- 12; carte. Le même travail avait été déjà publié , mais avec moins de développemeats, dans le t V* du Classieal Muséum , pag. 170 et 290.

> Environ 60 mètres.

^ Les ruines de Kolossai, au pohit de jonction de trois peUts cdurs d'eau,

HËTftAlTE DES blX-MtLLE. XÉNÔPHÔN. 3l7

ches, et atteignit Kelaînai, ville de Phrygie, grande, riche et peuplée. Cyrus y avait un palais et un grand parc (itapàSEiao; , un paradis) rempli de bêtes fauves , qu'il chassait à cheval quand il voulait s'exercer lui et ses chevaux. Le Mëandre prend sa source dans le parc qu'il traverse , et coule ensuile par la ville de Kélaïnai. Dans la même ville est un autre château fortifié appartenant au Grand-Roi 5 il est situé à la source du Marsyas, au pied de la citadelle. Cette rivière traverse aussi la ville et se jette dans le Méandre -, elle a vingt-cinq pieds de largeur. Ce fut là, dit-on, qu'après avoir vaincu le satyre Marsyas qui osait lui disputfir la palme de la musique, Apollon Técorcha et suspendit sa peau dans la grotte d'où sortent les sources de la rivière. Tel est l'événement qui a fait donner à cette rivière le nom de Marsyas. On prétend que Xerxès bâtit ce château et la citadelle de Kélaïnai à son retour de la Grèce où il venait d'être

vaincu (>).

>» Cyrus, ayant levé le camp, fit en deux marches dix parasanges pour atteindre Peltai, ville bien peuplée W; il y séjourna trois jours... De là il fit douze parasanges en deux marches pour atteindre le Marché des Kéramiens (KEpajxwv A-^éç^a) , ville bien peuplée, située aux extrémités de la MysieW. Puis il fit trente parasanges en trois marches, et arriva à Kaystropédion (Kau<jTpoutoS(ov, littéralement Plaine du Kaystre), ville bien peuplée (*) : il y séjourna cinq jours... Epyaxa, femme de Syennésis, roi de Cihcie, vint trouver Cyrus en cette ville... Il fit ensuite en deux marches dix parasanges, et arriva à ThymbrionCO, ville bien

qol, réunis, tont se jeter dans la gauche du Méandre, ont été particulièrement décrites par M. Wlll. Bamllton {Retearckes in A$ia MinoVy t. V% di. 28;t II, ch. 51).

> Le même voyageur, et avant lui le Rev. Arundell, ont visité le site fort remarquable où était assise la ville royale de Kélaïnai , dont les ruines mêmes ont disparu du sol {voy. Âinswortli , p. 18 et suiv. ).

* n y a de Tincertitude sur l'emplacement de Peital. M. Hamilton croit , et avec vraisemblance , que cette ancienne ville est représentée par le Bakian Ovali actuel (Âinsw., p. 24).

* Position douteuse.

^ M.*Ainsworth croit retrouver cette ville dans la Surmenèh moderne , située au milieu d*une plaine élevée (Ainsw., p. 27). 8 Icliakli.

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peuplëe': la, près de là route, on voîl une soîifce qiii porte le nom du roi de Phrygie Midas. On assure que ce fut ep mBmt du vin aux eaux de cette source, que Midas y surprit le smre

la dernière ville de la Phrygie. Il en partît après y avoir séjourné trois jours , et en cinq jours il parcourut trente parasanges à travers la Lycaonie. Comme cette contrée lui était hostile, il en permit le pillage aux Grecs, il renvoya ensuite Ëpyaxa en Cilicie par le plus court chemin, sous l'escorte de Ménônle Thessalien et des troupes qu'il commandait. — De là il traversa la Cappadocei fit vingt- cinq parasanges en quatre marches , et arriva à Dana, ville peuplée, grande et riche (3). n y demeurai trois jours...

» On essaya ensuite de pénétrer en Cilicie. Le chemin qui y mène , quoique praticable aux voitures ^ est escarpé et inaccessible à des troupes auxquelles on opposerait la moindre r^istànce. On rapportait que Syennésis se tenait sur les hauteurs pour le défendre. Cyrus resta donc un jour dans la plaine 5 maïs le lendemain on vint lui dire que Syennésis avait abandonné lès hauteurs dès qu'il avait appris que lléhôn, ayant passe lés montagnes, était en Cilicie, et que Tamôs, qui coniniandàît Ta flotte combinée de Lacédémone et de Cyrus, était parti de l'Ionié se dirigeant vers la côte cilîciéhhe.

» Cyrus arriva sans oDslacles sur les nionfagiies * d'où il iaperçut le camp des Ciliciens. De là il descendit dans une vaste et belle plaine, entrecoupée de ruisseaux, couverte de vignes et d'arbres de toute espèce, où le sésame, lie panis^ le n\ill0t^,le froment et l'orge croissent en abondance. Une chaîne de mon-

* Arkut-Khan. Il y a de rincertitude sur la corresponiiance précise décès dernières localUés ; nous suivons généralement les déterminations de M. Ainswortti.

8 Konïèh. ^

^ Dana, plus connue sous le nom de Thyana, était située au reveir^sfptentrional de la chaîne du Taurus» à peu près soi^s le n^éridien de Tarse. Ùb lieu nommé par les Turks Kiz-Hissàr, le Cfiâteau de la jeune hlle i s^élèYC aiyourd*hui sur ses ruines (W* Hamllton , t. II, ch. 47).

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