‹ Histoire des découvertes géographiques des nations Européennes dans les differentes parties du mondeChapitre 77 sur 123 · ASIE*MINEURE DE STRÂBON · texte numérisé non relu

ASIE*MINEURE DE STRÂBON

(Vers Pan 45 de notre ère (i).)

L'Asie-Mineure est , avec la Grèce et l'Italie , une des trois grandes régions du inonde gréco-romain que Strabon s'est attaché à décrire avec le plus de soin et d'étendue , à raison de leur importance historique , géographique et politique (*). Si l'on ajoute à cela que notre géographe, natif de la ville pontiqoe d'Àmasée, avait lui-même visité les principales contrées de h ï^éninsule , et que son témoignage y acquiert ainsi la double autorité du travail d'érudition et de l'observation personnelle , on comprendra de quelle utilité doit être ce riche docoment pour la connaissance complète de l'Asie-Mineure ancienne.

Strabon compte avec raison l'Asie-Mineufe pariïrt iè§ ptesefcr'îles les plus notables qui se détacheut des contiiiènts cbtnias (fe son siècle , depuis lesCoionnes d'Hercule , aux extvéxûîtés da couchant, jusqu'aux bouches du Gange, aux dernières limites de rOrienÉ. « L'isthme , fort large, de cette grande péninsule, se mesure, dit-il, par une ligne tirée du bord de la mer près de Tarse jusqu'à la ville d'Amisos et au champ des Amazones , aatrement dit la Thémiscyre. En effet, tout l'espace qui,ende' dans de cette ligne, comprend la Carie, Tionie et les pa;9

1 Ow ne saurait fixer avec cerfitutlé Pépôque lyrécrse oti Strabon ^rirtt ^ description de i'Asie-Mineure. !>iil\$rents passages-, répandus daCbs té cmts^ sa géographie, montrent que la rédaction de ce grand travail ne dut pas Toc* cuper moins de trente années, depuis Tan 17 environ de notre ère, qui ^tait la quatrième du règne de Tibère , Jusque vers l'an Uk ou 45 , sous le régne <i^ Claude. Nous avons dû nous arrêter à Tépoque la pins rapprooiiéeé

» Strabon , lib. I , p. 9 D ; II , 1 15 D , édit. Casaub. , 1620. — Sur tes ÛIP8¥ livres dont se compose la Géographie de Strabon, deux sont consacra *1'1^' lie , trois à la Grèce et trois à rAsie-Alioeure.

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èîtùés en deçà cftf fleuve Halys, se (rouve absolument entouré fiôit par la mer Egée , soit par les autres mers partielles qui lui ^nt contiguês. Cette prequ^ile est ce que nous appelons proprement Vjésie , bien que ce nom soit commun à tout le continent dont elle n'est qu'une pohion (0. »

Toutefois , comme nous l'avons dit précédemment C^) , il rie faut pas perdre de vue que, dans la pensée de Strabon , cette région péninsulaire que quatre mers enveloppent, et à laquelle il applique dans un sens spécial l'appellation d'yésie^ ne s'étend que du Halys à l'Egée. Pour Strabon , comme pour ses contemporains et pour tous les écrivains antérieurs , ce qui est àTorient du Halys jusqu'à TEuphrate , c'est-à-dire la Cappadoce et le Pont, est en dehors de la presqu'île et appartient à la Grande-Asie. Cette distinction , tout à fait contraire à la disposition physique de lu Péninsule même , dont il est évident que TEuphrate forme la limite naturelle , provenait , nous le savons , d'une cause pureoQent ethnologique. Comme le Halys formait la délimitation commune des deux grandes races primordiales de l'Asie -Mineure , et que par suite il était devenu aussi la frontière permanente des grandes dominations politiques , on avait été conduit à en faire de même une linûte naturelle.

Quant aux dimensions générales de la Péninsule , prises sur le poarlouf de ses côtes, Stfabon , qui suit ici principalement les données recueillies par Eratosthène , le chef des géographes de l'école d'Alexandrie , est d'une exactitude à peu près irréprochable , au moins dans la très-grande partie de ses mesures. La longueur totale de la côte septentrionale , baignée par le Pont- Euxin , depuis la bouche du Bosphore jusqu'au Phase , est indiquée de 8,000 stades C^) , ce qui répond bien à la dimension réelle donnée par nos cartes modernes , en serrant le contour de la côte comme faisaient les navigateurs dont les journaux avaient fourni ces mesures. La distance de 5,000 stades comptée entre Èyzancô à l'autre issue du Bosphore , et le port dé

s Id, , lib. II , p. 12ê ; 1. 1 , p. 349 de la traducUon française. t Gt-deastts, p. 159.

* Stral). , lib. H, p. 91 D'. — Eratosthène comptait 700 stades dans un degré d'un grand cercle. (/<!., lib. II , p. 113 D.)

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