ASIE-MINEURE. [1" SIÈCLE AP. J.-C
Rhodes (0, est pareillement conforme au tracé de nos cartes. I/intervalle de Rhodes au fond du golfe d'Issos est aussi de 5,000 stades dans deux passages de StrabonC^) 5 mais ce chiffre ne s'accorde ni avec retendue réelle de la côte , ni , ce qui est ici plus décisif , avec les distances partielles fournies par notre géographe dans sa description de la lisière méridionale de la PéDlDsuie (3). Sans abuser, comme on Ta fait outre mesure^ d'un principe faussé par son élasticité même , la substitution indéfinie de sept ou huit modules de stades inconnus pour la plupart à l'antiquité , on peut en ce cas particulier , comme en un certain nombre d'autres, supposer avec toute vraisemblance que , dans renoncé de ce nombre rond de 5,000 , notre auteur aura repro-^ duitjSans y prendre garde, un chiffre donné en stades olympiques de 600 au degré C*); quoique pour cette portion du littoral de l'Asie-Mineure , moins communément fréquentée, alors comme aujourd'hui , que ne l'étaient les côtes de la mer Egée et même celles du Pont-Euxih (s), Strabon paraisse avoir puisé ses renseignements dans l'ouvrage d'Ératosthène , son guide habituel pour les mesures de ces mers. Que le chiffre de 6,000 stades assigné à l'intervalle compris entre Rhodes et le golfe d'Issos,
iLib. II,p. IO6B.
* Lib. II , p. 106 Â, et p. 125 G.
» Lib. XIV, p. 664 et suiv. ; t. IV de la trad. fr., 2* part., p. 354 sqq.
^ Il ne serait d'ailleurs pas impossible que certaines spéculations systématiques auxquelles Strabon a plus d'une fois sacrifié des renseignements précis, eussent influé sur i'adupUon du chiffre de 5,000 stades pour ta distance deRbodcs àlssos, ou du moins l'eussent empêché d'en examiner de près la nature- Expliquons ceci en deux mots. Eratosthèue , comme on vient de le yolr, doooait 8,000 stades d'étendue à TAsie-Mlueure sur le Ponl-Euxin; d*un autre côté, on avait reconnu , comme nous le vi:rrons tout à l'heure , qu'Issos et Aniisos étaient sous le même méridien , et les géographes d'Alexandrie plaçaient également sous un même méridien Rhodes et Byzance. Cette dernière supposUion est loin d'êire exacte; mais il n'en résultait pas moins que, dans les idées d'Ératosihèoe et de son école, il devait y avoir une distance-égale d'une part entre Byzance et Amisos, d'autre part entre Issos et Rhodes. Ofi on avait mesuré 5,000 stades d'Amisos à Byzance : la conclusion natujreiie était que, de Rhodes à Issos, on devait aussi compter 5,000 stades ; cette conclusion était fausse, d'abord parce que Rhodes est no.t^ibleinent écartée à Touest du méridien de Byzance, ensuite parce que les estimes des uawgateurs étaient prises ici le long d'une côte beaucoup plus sinueuse que celle du Pont.
> Voy. à ce sujet deux paesages de Pliue , lib. V, c. 35,
ASIE-MINEURE DE STRABON. NOTlOiNS GÉNÉRALES. 373
soit exprimé en mesures olympiques d'après les anciens périples ioniens, et non plus en stades ératostbéniquesdc 700 au degré, c'est ce qui nous parait ressortir avec évidence de ' deux faits capitaux. D'abord, ces 5,000 stades olympiques, ou de 600 au degré, mesurent bien en ejpfet, sauf une fraction insignifiante, la distance indiquée^*); en second lieu, les mesures partielles rapportées par notre auteur, et qui s'appliquent au local avec une remarquable exactitude , à la seule exception de Tune d'elles qui est indubitablement corrompue, sont toutes données en stades de 700 et ne correspondent pas dans leur total avec la somme de ô,000. C'est ce qui ressortira avec évidence du simple rapprochement de ces mesures pariielleÉ^ :
. Strabon compte : ,
De Rhodes à Dœdala , où coin- siades.
mence la côte lycienne. . . . 600 (très-exact); Pourtour de la Lycie , de Doedala
à Olbia 1,720 (très-exact);
D'OIbia à Coracesium (Korakè-
sion ) , étendue de la côte de
Pamphylie 640 (très-exact);
De Coracesium au cap Anemu-
rium. 820 (très-exact);
D'Anemurium à Soloi ôOO (nombre corrompu);
De Soloi à i'emboucbiH^ du Py-
ramos 600 (très-exact) ;
Du Pyramos à Séleucie , sur la
côte Syrienne (2). 500 (très-exact).
Les six mesures exactes de ce périple donnent un chiffre total de 4780 stades ; il faut y ajouter Tintervalle du cap Anemuriïim à Soloi« Or , oet intarvalle est de 1,200 stades sur une
* Nous croyons éire sûr d'avoir vu dans Strabon , mais nous ne retrouvons pas le passage en ce moment , le cIiifTre de 600 milles romains attribué au même intervalle de Rhodes au golfe d'Issos; or, 600 milles roniains sont la traduction en nombre rond dis 5,000 stades olympiques.
*La distance en droite ligne de l'embouchure du Pyramos à Issos , à travers le golfe, est de 600 stades, 100 stades de plus que celle de Pyramos à Séleucie.
374 ASIE-MINEURE. [!*' BlkCLf, àP. J.-C.
côte presque droite, et non de 500 comme le marqj^ le teft§ actuel de noire auteur (0. Une si énorme dififérence , au milieu d'une suite de mesures rigoureusement exactes , ne peut être, on le voit, que le fait d*un chiffre corrompu ; et ce chiffre rétajbli nous donne celui de 5,9^0 stades de 700 au degré, soit, ei; nombre rond, 6,000 stades, pour la distance maritiipe (fe Rhodes au golfe d'Issos.
On nous pardonnera l'aridité de cette discussion qi^ oc^fç eussions pu écarter des généralités de notre sujet ; mais il doij|^ a paru utile de montrer par un exemple à quel contrôle s^t^ la critique doit soumettre les anciens textes , pour ne paç iOQQr fondre avec les erreurs de l'auteur même ou de son siècle ^\\^ qu'y ont ajoutées les ravages du temps et l'incurie des copistes, et trop souvent aussi les préoccupations systématiques des commentateurs (2).
11 résulte donc de tout ce qui précède que les sources oà puisait Strabon renfermaient des données d'une eicactitode purfaite sur la mesure des côtes de la Péninsule^ depuis la bouche du Phase jusqu'au fond du golfe d'Issos. Cette exactitude n'a rien d'ailleurs qui doive nous surprendre , puisque dès avant Hérodote les navigations et les périples des ioniens avaient fourni à cet égard d'excellents matériaux (*).
Mais si le géographe, appuyé sur les journaux des navigateurs , ne pouvait errer dans l'évaluation des dimefisioni dd la Péninsule, il n'en était plus ainsi dès qu'il s'agissak d'en dé-
*■ On a quelque lieu de s'étonner que cette énorme différence n*ai^ ]^ été signalée par les traducteurs français du géographe d'Amasée. Bien d'autres lacunes de ce genre existent dans celte traducUon d'ailleurs si remarquable à tant d'égards , mais qui est loin cependant d'avoir touché h toutes les <)Uicultés géographiques que soulève le texte dans l'état où il nous est parTeiyi) et surtout de les avoir toutes éclaircies.
' Peut-être se rendra-t-on compte de la source de l'erreur que noas ligaa* Ions , si l'on fait attenUon que le chiffre de 500 stades marqué faussement par Strabon entre le cap Anemurium et Soloi , mesure précisément la dista^P^ de Soloi au cap Sarpedon , autre promontoire très-remarquable de cette côte cjjlcienne. Il semblerait aiuhi que la distance du G. Anemurium à Soloi avait /^ donnée en deux stations , et que , soit Strabon lui-même , soit les copistes, ajBraient omis par oubli le chiffre du promier intervalle (700 stades) celui du W Anemurium au cap Sarpedon.
* Voy. ci-dessus , p. 287.
^llrHIMBURE DE STRABON. fiOTIONS GÉNÉRALES. d7$
j^iaioer la. forme par la direction de ses côtes, leur gi^ooenl respectif et leurs grands contours. La science nautique, qui seule peut fournir les élémenU de cette représentation figurée du pourtour des continents, ét^it encore à Tétat d'enfance ; Fart de» observations et iCelui des relèvements n'étaient pas nés. (^es jlonQlne^ 4^ cabinet , dépourvus de ces indispensables docu* ments , en étaient donc réduits à des combinaisons presque tOMjiovrs hypotbétiqi^ ; et ces combinaisons avaient d'autant plus ch9iD.ce de s'écarter deis formes réelles , qu'elles embrassaient des espaces plus étendus. Il en était ainsi de l'Asie-Mineure. Une carte construite sur les idées que s'en étaient faites Ërato* ^bène et son école, en défor^oerait prodigieusement les coqiours , sourtout à l'ouest et au ^d sur la Propontide , l'Egée et la mer de .Cy.pre. Strabon décrit avec assez de vérité la formée générale de la côte que baigne le Pont , depuis l'issue du Bos* pbone jtt^iqv'à Dipscurias ( il aurait dû dire jusqu'à Trébizonde), loi^qa'jl la représente comme n'ayant , à rexceptlon de la sail* lie du Karambis , pi grands enfoncem.ents ni avances considé* râbles » etae dirigeant ainsi presque en droite ligne de l'Ouest .à r£st(^) ; mais il a des notions )>eaucoup moins nettes sur la côte méridionale, comprise entre Ebodes et le golfe d'Issos. 11 se figure cette côte comme se prolongeant de même presque en ligne directe, depuis Dœdala jusqu'à l'embouchure du Kydnos OM rivière de Tarse, faisapt ainsi abstraction des deux saillie^ considérables de la Lycie et de la Cilicie Trachée, aussi bien qm du large golfe de la Pamphylie , ou du moins comptant pour fort peu de chose ces grands traits de la configuration du littoral (2). Strabon n'a pas une idée plus juste de la forme pourtant si remarquable du golfe d'Issos (^^ y il croit que la direction S. E. qae prend le littoral entre l'embouchure du Kydoos et celle du
t Ub. II , p. 125 B.
^ Mb. XIV , p. 673 A.
' Nous /devons ajouter qu'avant les belles reconnaissauces hydrographiques iKxéculées il y a treote-quau-e ans sur ces côtes par la marioe t^ritanpique , $i 4pie depuis la marine française a complétées , celte parUe méridionale du contour de TÂsie Mineure , tracée sur nos cartes uniquement d'après les vieu^ portulans italiens, n'y était guère mieux représentée. D'Anville lui-même iif (dique à poi^e 1^ grande saillie ciiiciennc.
3?6 ASHS-MINEOai. [1~ 8IÈCUS à», J.-C.
Pyramos 66 prolonge jusqu^au point où là cote syrienne toctrae brusquement au sud O ; de sorte qu'à bien dire, renfoncemefit profond où était situé Issos n'existe pas pour lui , et que }e golfe se réduit à l'angle ménie des deux côtes.
C'est surtout le côté occidental et la partie nord-ouest de la Péninsule qui se trouvaient le plus ëtrangenrienti défigurés sar la carte d'Ëratostbène et de Strabon. Par suite d'ene erreur d'appréciation que l'on a peine à comprendre, tant- elle est monstrueuse , les géographes àlcfxa^driûs , et notre auteur après eux , s'étaient peréu&dés que laroâte par mer, de Rhodes à Byzance, se dirigeait tmiformément du Sud au Nord 5 de sorte qu'ils traçaient BOUS un nïêïô^ méridien non^eulement toute la côte ionienne jusqu^è l'HèHeBpoût,al()rs qu'elle aiFecte une inclinaison générale aO 1^\ O. , tams aussi f^Heitespont lui-inême, qoi tourne au N.-E. , et toute la Propontide qui gît de TO. à l'E.C^). Le résultat d'un semblable tracé , auquel les géographes matématiciens ne purent être conduits que par les fausses idées qu'ils s'étaient faites sur. la position astronomique de B^zance, fut de changer complètement la direction et la forme des cotes occidentales de la Péninsule sur la mer Egée et sur la Propontide , et d'y élever beaucoup trop les latitudes C^).
1 Lib. XIV, loco cit.
^ Strab. lib. II, p 106 B et 11 A G. Strabon est encore plus explicite dans un passage du livre XIV , p. 655 D. Comp. p. 677 D. Lefe mêmes données, sûrement puisées aux mêmes sources , se rcfrouveiu dans Pîfiie, lib- H, c. Itî.
3 Sur le passage où Strabon dit que Tiutervalle de Rhodes à Bycanoe est de 5,000 stades (t. 1 , p. 288 de la trad. française), M. G«ssetlin fait cette observation : «5,000 stades de 700 au degré répondent à 7<*8'34"« La différence entre Rhodes et Byzance n'est que de 4" 32' 54". Il est visible que Strabon se trompait sur la valeur de cette mesure, qu'HIe était donnée en stades de 1111 1/9, et qu'elle ne valait que 4" 30'.» L'évaluation en arc de cercle" terrestre est ici absolument hors de- propos. Strabon se trompait, avec Ératosthënc et Ilipparque , sur la direction de la route , mais non sur sa mmtre. Les 5,000 stades « marqués par les navigateurs , » comme le dit Strabon loiniéme ( lib. II, p. 114 G, 1. 1 , p. 312 de la trad. fr. ) donnent bien réellemeiit et très>exactement la distance de Byzance à Rhodes , non en lïgae droKe, assurément, mais en suivant, comme faisaient les marins à qui étalent dues ces mesures , les sinuosités de cette route côtlëre. De mauvaises combinaisons Sf^ témaUques avaient faussé , sur la carte d'Ératosthènc , des données excellentei en elles-mêmes ; d'autres systèmes et d'autres combinaisons Imaginées pour rectifier ceux de l'école alexandrine , n'ont fait trop souvent, on doit le dire 1
ASI&^MlNËVftl!: DE STKàBON. NOTIONS GÉNÉRALES. 377
Quant au surplus de la disposition rdative des cotes de l'Asie*
Mitieure, Strabon sait qu'Amisos CO, sur la côte du Pont, et Issos
à l'extrémité de la mer de Cypre, sont situées sous le même
méridien, et il con)pte encore 3000 stades à Torient d*Amisos
jusqu'au fond du Pont-Ëuxin, où passe le méridien de Dioskou-
rîas , riskouriah de nos cartes modernes C^). Ces données sont
assez justes. Strabon ,. d'après Ërastothène , évalue à 3000 stades
environ TintervaUe compris d'Issos ou de Tarse à Amisos,
entre la mer de Cypre et le Pont*-Euxin C^)» Cet intervalle était
regardé conirûe une sorte d'isthme, qui rattachait la Péninsule
au continent asiatique. £n général ^ Taiiftiiquité a cru cet isthme
beaucoup plus étroit qu'il ne Test ea effet. Seylax et Hérodote,
nous l'avons vu (*), ne Tévaluaient qu'à cinq journées de marche
pour un homme à pied; Scymnus de Khios porte ce nombre de
que substituer , et quelquefois ajouter de nov^veJlcs erreurs aux erreurs aucienues. — Observons que les 7" 8' et une fraction que valent en ligne droite , mesurée sur un grand cercle de la sphère, les 5.000 stades ératostbéniques de 700 au degré, auraient porté la latitude de Byeance à 43** 35' environ, si, comnie le croyait Tëcole d^Ératostkène , bes MOO stades eussent mesuré Tare du méri^en compris entre Byvauce et Rbodes. Or, «ette fausse laUtude de hd** 35' est, à quelques minutes près , celle qu'Uipparque attribuait à Byzance. ( f^oy, ci-dessus, p. 337). Ce rapport n'est sûrement pas dû à une coïncidence fortuite. Mais ce fut-il la notion erronée de la latitude de Byzance qui porta les géographes mathématiciens d'Alexandrie à faire sur leur carte une si fausse appticattdu des périples maritioies entre Rhodes et Byzaoce , ou bien est-ce l'oreur même de oetic appUoaUoo foutive qui engendra la fausse estime de la li^tudedià Bwpbore?
i Aujourd'bui Samsoun.
> Lib. I , p. 47 D. — M. Gosselliu propose ici dans le texte d*Ératosthènc une correction tout à fait inutile, et qui d'ailleurs repose eu partie sur une fausMFdétenBlnalion de remplacement d'Issos (trad fr. 1. 1, p. 108, note 2}. Eu général , c'est étrangement s'abuser sur le degré possible d'exacUtude des anciens dans des déterminations da ce genre , que de les vouloir assujettir à la précision rigoureuse de nos observations astronomiques , surtout dans le sens des longitudes* L'astronomie pratique des anciens, nous l'avons dit , était loin de ce degré de précision. Les procédés et les combinaisons employés par Ératostbène et par les autres géographes mathématiciens de l'école d'Alexandrie pour la détermination des grands intervalles, ne comportaient qu'une approximation plus ou moins satisfaisante: leur demander plus, c'est s'exposer volontairement à de perpétuelles aberrations.
» Strab. lib. II, p. 68 G. Comp. lib. XIV, p. 673 A.
^ Ci-dessus , pp. 286 et 202.
journées à sept CO. Sirabon reprend Àrtéixûdore , écrivain d'$U- Ijeurs peu connu, d'âvoir réduii; à 1500 $^es rétcanglemeat préteodu Corme par le resserrement des deux mers C^) ^ et il tdOQe non moins vivement Âpollodore (3)^ qui, faisant en qi^(p jsorte abstraction de Tisthme p)ème, considérait la Pé^ias^l^ pomqoe un triangle à coiép inégaux dont c^t i^tm auj^i formé le sQmn»9t , Tun de aes cotés s'éteodaxa sur la m de Cypre depuis la Ciliqie ju^u'aux Kt^élidonies ; l'antre, m r£gée et la Propontidç , depuis les Kbélidonies jusqu'à l'^^trée du Pont-Euxin ^ le troisième , suf |e Poot-Euxin , depuis Py^aoce jusqu'à Siip^pe (^). Le chiffre de 3(000 stades, àom par Ératûtsthène et adapté j^v JStrabon, répond assez biea m quatre degrés et dea^i en latitude q^e Ton jnesu^e entr^k golfe de Skandçri^f) et h gplfe de Samsovn \ ïtnm c'est eu appliquant ce chiffre à vol d'oiseau sur la carte. Strabon aurait du être d'ailleurs frappé. d'une contmdiction flagrante dans l'ensemble des mesures qu'il attribue aux différents côtés de la Péninsule. Puisqu^s selon lui, la côte du nord et celle du sudsuiy^ient une diriection as^pz réguliè.csment parallèle entre ell^3 et avec l'équaleur , et que d'autre part il attribuaiit ^lOOO êla/ks «d droite ligne à l'intervalle de ces deux cotes vers leur extrémité occidentale , il aurait dû voir, ou que les 3000 stades assignés au mênie intervalle sous le méridien d'Amisos étaient in- SM^sants, ou que celui de 5000 stades soua le myéridiiBO ijf Byzance péchait en excès. Cette contradÂQtion seule,; qui auiWt dû l'éclairer sur le vice radical de ses déterminations , «was montre avec quelle légèreté les esprits mêmes les plus graveuse laissent aller parf^ois à adopter sans exanien des erreurs fsifê' ble3, par cela seul quâ de grands non9S les wi mfme^^^ qu'elles oiM. eu la sanction du temps»
Strabon n'a donc que des idées vagues , fausses , incomplètes et sans ensemble sur le contour général et la figure de TAsie-
1 Scymni Cbii Fragmenta , v. 93^ sqq. « ^djt. Letrpana.
»Llb. XIV,p.677D.
s L'académicien d'Alexandrie , auteur d'une histoire des temps h^royp^ de la Grèce, dont il nous reste un abrégé sous le tUreile BiM^oikég^i^^ qui avait en outre écrit un traité de géographie intitulé PéripU du H^'
* Strab. lib. XIV, p. 677 A. Comp. Quint. Curl. III ^ U
àSlE-MINEm^ DE STAAfiOlS. MdTIONS GÉNÉRALES. ^{jf
MÎQ^^re ] mais il n'en est plus ainsi dès que nous descendons de ces généralités auxquelles la science moderne a seule donné des li^ases certaines, et que sur les pas du géographe nous par- Qonrons les différentes contrées de cette grande région , étudiant avec lui la topographie de ses provinces , arrêtant nos regards ^jpf la majesté des sites qui 9'j déploient et sur le spectacle de ses curiosités naturelles , recueillant enfin les traditions des villes et des lieux célèbres , et remontant à travers la nuit du temps jusqu'aux origines des peuples. Ici notre auteur se montre en général observateur instruit et voyageur exact. Il est cependant encore un point sur lequel il ne faut pas s'attendre à trouver dans Strabon ce que l'on exigerait aujourd'hui de la description détaillée d'une grande région naturelle : nous voulons parler de^ vues d'ensemble sur la configuration physique du pays. Une ^ippréciation de ce genre ne peut être que le résultat d'une longue série d'observations exactes soigneusement comparées et coe^<* données ; or, l'art des observations physiques était moins avancé ^encore , s'il est possible , que l'art alors si imparfait des observations Astronomiques. Plus d'un fait noté par noire auteur, et les remarques qu'il y ajoute , révèlent (cependant en lui sous ce rapport une portée d'esprit et une direction d'idées rares chez les anciens. C'est ain$i que dan3 la nature âpre et froide des piailles cappadociennes , il a très-bien va l'indice de leur élévation considérable au-dessus des vallées de ta lisière maritime. Si^r ce poipt particulier , le petit nombre de voyi^eurs modernes qui ont parcouru cette contrée, ont peu ajouté à ce que le géographe d'Amasée nous en apprend. 11 fait observer avec une grande justesse que même dans les régions méridionales , les montagnes et en général toutes les parties élevées, fussent-elles des plaines, sont froides. <( Dbbs la Cappadoce, ajoute-t-il , la partie voisine du Pont-Euxin est bien plus septentrionale que celle qui se trouve près du Taurus ] toutefois , la Bc^gddaonie , vaste plaine située entre le Taurus et l'Argée, quoique de 3000 stades plus méridionale que la côte du Pont-Euxin ^^), porte à
^ Nous ne nous arrêterons pas à signaler la contradiction qui se trouve entre cette indication de distance , exacte en effet ai on a égard aux sinuosités des cii^mi^ , et celle ,qu i $itil^il)ue le même diiffre de ^,000 |ta4es ^ l'|nt^aUe pn