‹ Histoire des délassements-comiquesChapitre 11 sur 118 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

REVUE RETROSPECTIVE. — THEATRE DES DE- LASSEMENTS-COMIQUES, PREMIER DU NOM.

Maintenant que nous avons épuisé l'histoire contemporaine, retournons sur nos pas, si le voyage que nous avons entrepris ensemble ne vous a pas trop ennuyé.

Nous avons dit que parmi les théâtres qui, en 1789, s'élevaient sur le boulevard du Temple, il en était un qui portait le nom

de JDélassements-Comiquos ; dans l'histoire générale des théAfres, il occupe une petite place, mais qui ne manque cependant pas d'importance.

C'est sur l'emplacement qui sépare le Cirque-Impérial et le Théâtre-Lyrique, alors l'hôtel Foulon, là où nous avons vu, il y a vingt ans, le fameux café de VEpi-Sclé, qu'un comédien-auteur, nommé Plancher, dit de Valcour, fit élever un théù(re qu'il baptisa : Théâtre des Léhnseinents-Comiques.

Les débuts furent heureux, et la direc- ' tion était en pleine i:rospérité, lorsqu'on 1787, un incendie dévora en quelques heures la salle et le matériel.

Une nouvelle salle fut reconstruite aussi-

tôt; mais la direction eut à lutter contre la jalousie des spectacles voisins, qui adressèrent plaintes sur plaintes au lieutenant de police, M. Lenoir, et obtinrent de lui une ordonnance qui enjoignait au Thédlre des Délassements-Cùviiquei de ne représenter que des pantomimes, de n'avoir jamais plus de trois acteurs en scène et même d'élever une gaze entre eux et le public.

Avec de semblables restrictions, le théâtre n'aurait pu résister longtemps, si la r évo • lution de 1789 n'était venue déchirer la gaze et donner aux théâtres la liberté de parler, de chanter, et même de danser.

Auteur médiocre , Plancher-Yalcour a composé beaucoup de pièces de circon-

?tanco, dont les principales sont : Le Vous et le Tui ; — Pourquoi pas, ou le Roturier parri'iiu; — La Discipline républicaine; — Le Tombeau des Imposteurs on V Inauguruliou du Temple de la Vérité; — Sans-Culot tide draviiiique, dédiée au Pape.

Ces titres indiquent suffisamment à quelle époque les pièces furent composées.

Cette époque n'était pas heureuse pour les théâtres , les directions ne faisaient pas fortune ; cependant elles appelaient à leur secours tous les genres de spectacle pour attirer le public. Dans les journaux du temps on retrouve la composition des spectacles, et aux Délassements-Comiques, on voit que de deux jours l'un, un célèbre

physicien donnait des représentations de magie et de tours d'adresse, alternant avec le répertoire ordinaire.

Ainsi, dans les journaux de 1791, on lit:

« Aujourd'hui, à six heures et demie, dans la salle des Délassements-Comiques, M. Perrin, physicien célèbre, donnera une représentation de ses prestiges :

» 1° L'Encrier uniquement et parfaitement isolé, qui fournit à volonté de Vencre rouge, bleue, verte, lilas, etc. (Cet encrier ressemble beaucoup à la bouteille inépuisable de Robert-Houdin.)

» 2^ Le grand tour du citron ;

n 3° Le grand tour de la Colombe qui rapporte une bague mise dans un pistolet véritable et tiré par une croisée;

» 4" L'expérience de la montre pilée dans un mortier, et retrouvée aussi belle qu'auparavant , etc., etc. »

L'alfiche du lendemain porte : Les Chasseurs et la Laitière ; — Les Folies amoureuses ; — et la Constitution villageoise, y audeville patriotique en deux actes.

En 1792, Plancher-Valcour abdiqua en faveur de Colon, dont la direction ne fut guère plus heureuse.

En i799, la direclion passa entre les mains de Deharme et de sa femme, tous deux comédiens, qui formèrent une nouvelle troupe jouant la tragédie, la comédie et même l'opéra d'une façon satisfaisante.

Hrazicr attribue à Deharme cette affiche qui cxcila un rire fou dans le monde cl dans les coulisses :

THÉÂTRE DES DÉLASSEMENTS-COMiaUES.

Aujourd'hui 5 vendémiaire, an VI de la République.

Première représentation de

LA SOUVERAIiXETÉ DU PEUPLE,

Comédie, suivie de

Page 1