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PiOSALlE , FRANCHET père.
Rosalie.
Que voulcz-voiis ? je ne lis point les journaux;
et je ne vois personne qui puiase m'apprendre des
«ouvelles.
Franchet père.
Sans doute : Prudent ne te parle guères de tes frcres j il nesinltrcsse qu^àtoidans toute la famille.
Rosalie.
Combien vous tous trompez , mon père !
Air: Lorsque dans iine tour obscure.
Quand il me parle avec tendresse,
Et (le vous avec intéiét ;
De mes frères avec tristesse,
Parce qu'il en est inquiet;
Pouvez-vous «lire a votre fille
Qu'il est peut digne de sa foi.
Et fjiie dans toute la famille ,
Il ue s'intéresse qu'à moi î ( BU. )
Fraschet pilRE.
Bah ! ba'i ! tu le voii avec des yeux pre'venus, parce tju'il t'aime : et témoigner de i'amour à une
femme , c'est déjà flatter sa vanité : que de passions «nt commence par là !
PiO SALIE.
Air: Lorsque dans une tour obscure.
Hébs! je sais li peine encore
Ce que c'est que d'être ilattc;
Peut-être même je l'ignore;
Comment en|tirer vanité ?
Mais si j'en juge par moi-même.
Pour moi c'est clair connue le jour;
On ne flatte pas ce qu'on aime.
Et qui ilatte n'a pas d'amour. ( Bis. )
Franchet père.
Ne me parlez pas de lui , vous me donneriez la fièvre.
ôcette ûiuxi'cwiiiz^ \
IIOSALIE, COCRVAL, FRANCHET PtiRF..
Franchet père.
Voilà nn jeune homme rpii me pla't au moins : son père était moja nicillenr ami : nous avions projeté' de resserrer encore entre nous les nœuds de notre ancienne amitié par le mariage de nos
«ftfants : el puis il n'a ^as l'air d'un endormi, il est léger comme un aviso.
CooRVAL. ( Il entre en fredonnant , mais uivemenl. )
Monsieur, j'accours... Mademoiselle , pardonnez , je n'avais pas l'honneur de vous voir
,Franchet pi:nE.
Qu'avez-vous donc de si presse à me dire ?
CocRVAL ( s'essuyant la Jigiire. )
Monsieur , j'ai une lettre d'Odessa à vous communiquer.
Francuet père.
Odessa ! Mais il me semble que c'est à l'emboucliure du IViesler dans la Mer Noir» ! Quel intérêt peut-elle avoir pour moi?
CODRVAL.
Plus que VOUS ne croyez j tlle me parle de votre Benjamin.
Franchet père {l'wement.)
Prosper ! est-il vivant ?
CoURVAL.
Oui, Monsieur.
Fraschet père (l'embrassant une fois.)
Il faut que je vous embrasse pour votre bonne nou\elle. [Asajille). INe t'ai-je pas dit ■qu'il est •yïi et aimable.
( «3) Rosalie.
Mon père , laissez donc parler Monsieur.
CoURTAL.
Voici la lettre ; elle est d'un capitaine de mes amis: « Je ne saLs si la présente vous parviendra, « c'est la dixième lettre que je vous écris, et Prosper « en a écrit au motos autant à sa famille. Noris « sommes ici et dans les environs dix mille français K prisonniers de guerre, tous aussi heureux qu'on i( peut l'être éloigne' de sa patrie. Kous avons « sur-tout beaucoup à nous louer des anciens ge'- « néraux français au service de Russ • : ils ont fait « distribuer des secours , et ils ont avancé des « fonds à tons les français qui se sont fait connaître u avantageusement. Maigre les combats les plus « meurtriers , et l'àpreté du climat , je n'ai été « ni blessé , ni malade. Prosper IVanchet , jeune «t homme charmant
Franchet père {l'interrompant.) Charmant , il a raison!
CouRVAL { continuant dé lire. )
a Prosper Franchet, fils d'un ancien capitaine « de navire , et mon intime ami , a reçu une (f blessure...
Rosalie et Frahchet père {l'inUrrompant)
Oh ciel!
Franchet père Voilà voire bonne nouvelle , Monsieur ! Vous n'aviez pas besoin de tant vous presser pour nous r;i]>jirentlie.
CouRvAL.
Calni|cz-vous et daignez m'e'couler (Il
continue de (ire ) : « Mais celte blessure n'est pas « dangereuse , il ne faut que du tenaps pour 1» « guc'iir, du reste il se porte bien
Rosalie et Fhakciiet père.
Ah ! je respire.
Cour VAL (lisant toujours.) « n l'a reçue sur le champ de bataille , dans unt « action d'éclat qui lui a valu le grade de lieutenant « et la décoration.... „
Franchet PÈRE (avec joie.)
Le brave garçon .' Allons , vive Monsieur le Chevalier !
CoLRvAL. ( // Ut h voix basse et sans prononcer.')
Le reste ne regarde que moi. ( A Rosalie. ) Mademoiselle , a'ous connaissez mes senlimenls et la promesse de votre pùrc , sans doute me voilà votre époux.
Air : Sans déjnt , sans légireté. ( IVot: n.° 2 ^ a lia fin «le cette brochiue. )
Sans di'pit , sans légèreté
Je ç[uitte une churmaote vie ^
RpgfPtte-t-on sa liberté, Alurs qu'on vous la sacrifie ?
Si je vois encor dans ces lieux Des rivaux ni'envier vos charmes^ Au moins je lirai dans vos yeux Que je puis élre sans alarmes.
Sans dépit , &c.
Fraxchet père.
Mon ami , ne chantez pas victoire ayant de îa remporter 5 mais je prends date de votre bonne nouvelle, et nous verrons. En attendant, tâchez de gagner l'amitié de ma fille.
CoURVAL.
De ramitle ?
Franchet pîcre.
Oui , Monsieur , de l'amitié !
Air : de la cavatiue du Bouffe et le Tailleur,
Amitié , douce flâme.
Nœud saint, Ton culte dans notre ame
est peint:
Partout il civilise
Nos mœurs; Partout il éleclrise
Nos cœurs.
Ter.
Homme taîncin, vers elle
Reviens, Toi qui te passes d'elle,
Conviens Que si l'on est sans elle
Heureux , On peut être avec elle 1 rp
Bien mieux. J
Toi qui dans l'apathie
T'endors , Lors que de celle vie
Tu sors, Quel qiic soil ton mente,
Ta ! meurs; L'indifférent n'escite 1 j^^
IVuls pleurs. J
CoURTAt.
C'est charmant! c'est charmant ? Mais pourtant , de Tamitié Ce n'est guères a\ec
Mademoiselle !