‹ Histoire des délassements-comiquesChapitre 116 sur 118 · R0SA1.1H · texte numérisé non relu

R0SA1.1H

Ce serait beaucoup de la tnériler ; c'est uO s'entimeflt respectable, et qui suffit pour

CocRTAL ( l'interrompant. )

Pour un ëtranger , mais hod pas pour un e'poux.

Rosalie.

"Vous ne IVtes pas encore j et , qiioi(pie vous puissiez espérer , soyez assure que mon père ne voudra" pas que je §ois , sajis autre motif, le prix

d'une bonne nouvelle. Comptez cependant' sur ma Teconnaissance , pour l'empressement que vous avea mis à nous l'annoncer.

CoCRVAL.

De la reconnaissance, Mademoiselle ! c'est c'e'jà cpjclque chose.

Air du vaudeville de l'Opéra Comique.

Le plus fort , le meilleur des nœuds Fut toujours la reconnaissance ; Celui qui fait le plus d'heureuT, C'est encor la reconnaissance :

Je dois donc croire au vrai bonheur.

Et dès ce jour le mien commence < Si je puis tenir votre cœur De la reconnaissance.

Rosalie.

De mes sentiments, sans détour,

Je connais peu la différence ;

Mais, pour vous je n'ai point d'amour^

Et j'ai de la reconnaissance.

CouRVAt.

Un autre, ivre de vos attraits, En secret a la préférence ?

Rosalie ( avec beaacinip de pudeur , faisant la révérence a Courval , et se reUrant.)

Sovez assuré pour jamais De ma reconuaissauce.

t i8) Court Al (la retenant. ) Avez-Tous lu des romans ?

Rosalie.

^fotij Monsieur. ^

CouRVAL.

Tant pis ! vous sauriez que beaucoup de he'ros de romaps n'ont du leurs succès auprès de leurs belles, qu'à cette première impression d'un bon cœur , qu'on appelle reconnaissance. Ainsi , charmante Rosalie

Fraschet père (le prend par le bras et l'emmène.)

Allons ! allons ! venez avec moi au bord de la mer : le vent est sud-ouest ; les vigies ont vu de loin deux voiles , qui se dirigeaient sur notre port : peut être apprendrons-nous encore quelque chose.

CouRVAL ( à Rosalie. )

Pardon, Mademoiselle, vous le voyez, je suis antraîné.

Fbakçbet père (remmenant.)

J'ai idée ^e c'est aujoiud'hui la journée d^ DouYçUes.

Il WH'lin ■>! I II lllHMH ll> HIP"»llllll

z) celle ciiiûwieui^^^.^

ROSALIE seule.

Actuellement que je suis seule , tâchons cîe connaUre la situation de mon cœur 5 il est aftlige, et , / dans ses chagrins , n'est guères consolé par Tespérance.

jiir nouveau. (Notén." 3 , h la fin de cette brochure, )

Lorsque je consulte mon âme

Sur ses plus secrets mouvements , (Bis.)

Je juge au trouLIe de mes sens

Qu'un sentiment nouveau (m'enflamme. )( Bis.)

Suis-je auprès <le mon père ! j'aime 5

J'aime encor auprès de Prudent ; ( Bis. )

Mais je le distii ''gue aisément ,

La tendresse n'est pas (la môme) (Bis.)

Elle est si douce la première !

Et Fauti-e agite tant mon c&nr \ ( Bis. )

Dois-je espérer plus de boniieurj

Si je préfère (la déruièrc?) ( Bis.)

(ao)

celle èixieiwi^,

ROSALIE , ivovel:\univ.

Rosalie.

Ah ! voilà monsieur Novelmann ; je m'en fuis.

NOVELMANN {V arrêtant.)

Vous me fuyez , Mademoiselle , j'ai pourtant un* bonne nouvelle à vous dire.

Rosalie.

{A part.) n ne rêve que nouvelles: j'ai bien besoin de sa politique. {A IVoi^elmann). Monsieur, veuillez l'apprendre à mon père , je vais vous l'envover. {Elle sort. )

hceiie Aeptieiiie^y.

* NOVELMANN seul.

Voilà une Demoiselle qui n'aime pas prodigieu- ««mcnt les nouvelles! Elle ignore Tiatérèt qu'ell*

(a.) doit prendre à la mienne , et celui c[ue j'y prends moi-même.

AiR : C'est ce qui me console.

Quand je vois mon coffret plein d'or.

Je baise ceat fois mon trt-sor,

C'est ce qui nie console ; ( Bis. )

En cet état il me plaît bien , Mais il ne me rapporte rien ;

C'est ce qui me désole. (^Bit,

Envers le pauvre être obligeant, En amassant beaucoup d'argent,

C'est ce qui me console ; ( Bis. )

Mais , perdre , en suspendant ses prêts Faute d'argent , ses intérêts,

C'est ce qui me désole. ( Bis- )

La dot! la dot! Il me faudrait la dot!

ôceue mviiicm/i^.

FRANCHET père, NOVELMANN.

Franchet père.

Ah ! Monsieur , pardonnez , si Je vous ai fait attendre. J'étais au bord de la mer , à voir s'il n'arrive pas quelque navire j mais le vent s'est tin peu calmé, et les deux voiles qu'en apperçoit approchent leatement.

( aa )

NoVELMATfP».

Monsieur, j'ai une excellente nouvelle à...»

Franchet père {l'interrompant. )

Eh ! bien , Monsieur , dites donc vite j est-ce de DOS arme'es ?

NOVELMANN.

Non pas. Je veux vous laisser le plaisir de la deviner.

Fraschet père {s' impatientant.)

Pour l'amour de Dieu, parlez, et ne me faites pas attendre.

NoVELMANÎf.

Plus vous aurez attendu , plus vous aurez de plaisir après. Comment ! à mon air gai, vif et leste, vous ne voyez pas que c'est Vheureuse nouvelle qui

FrAî^shet père {l'interrompant brusquement. )

Quoi ! vous avez des nouvelles de mon corsaire?

]^f0VELMAN^.

Non, Monsieur, non Monsieur, non Mais

vous m'interrompez toujours ! ^ ous me coupez la pacole : vous êtes si vil !

Franchet père.

Et vous , vous ttes si lent , vous me faites se'cher sur pieds.

NOVELMAHW.

Air des folies d'Espagne. (ÂndafUe.\

Je vous croyais un peu plus philosophe , A vous fâcher vous êtes trop hâtif; Je n'aime point qu'ainsi l'on m'apostrophe Au beau milieu ;de mon récitatif.

Auprès tle vous le meilleur tachigraphe Ne serait pas assez expéditif; Vous êtes prorapt comme le télégraphe, Pour m'écouter soyez plus quiétif.

(^Pendant que Novelmann chante ces couplets , Franchet témoigne beaucoup d'impatience ; mais Novelmann ne change point de caractère. )

Fraschet père ( toujours afecimpatiertc ■. ) Je suis donc quiétif^ parlez.

NOYELMAXIT.

Je dis rheureuse nouvelle qui doit me valoic ia main de mademoiselle Rosalie.

Fraîcchet père (toujours avec impatience.) Mais parlez dooc?

Koyelmasw.

n y a là bas un matelot qui arrive de Morlaîs à franc e'trier. 11 est porteur d'une lettre qu'il dit être de Monsieur votre fils Stanislas.... celui qui est prisonnier à la Jamaïque.

Franchet père.

C'est donc ce matelot qui doit épouser ma CUe ?

NoVELMAlYjr.

Non , Monsieur , c'est moi.

Francuet père (op-ec fit'acitc. ) Mais où est-il donc ce matelot?

NOVELMANW.

Je l'ai fait attendre exprès , afin de vous apprendre moi-même riieureuse nouvelle qui

Franchet père (l'interrompant. )

Jour de Dieu ! faites-le donc entrer , ou bien , je ▼ais Palier chercher.

( Comme Novelmann veut sortir pour aller chercher le matelot ^ ce dernier entre et l'accoste en courant. jSovelmann le fuit approcher de Franchet père , à qui le matelot remet une lettre. )

Framchet père {en lisant la lettre. )

Ah! ah! mon fils arrive dans deux jours ; il a obtenu son échange. IMais il a été un peu mtilade j et il reste quarante-huit heures à Morlaix pour se reposer. ( // met la lettre dans sa poche , et donne sa bourse au matelot) : Tiens , voilà pour tes frais de voyage.

( Le matelot ouvre la bourse , parait content , salue Franchet et sort. )

lNoVELMA:»y.

Songez , Monsieur , que c'est moi qui vous aï apporté celte nouveilc.

Fraîtchet PERE ( brusquement. )

Oui , oui , c'est bon j j'y songerai.

NovELMANN {s'en allant lentement, a part et a demi-voix. )

Je vois bien (jiic je n'épouserai pas la jeune

personne ^ C'est dommage j ses trente mille

francs de dot auraient bien renfle ma caisse.

FrAnciiet père {.le suivant des yeux. )|

Va , si lu les attends pour prêter davantage à la petite semaine , tu ne suceras pas le sang d'ua plus grand nombre de malheureux.

Air : Nous sommes précepteurs d'amour.

Pour prêter, et grossir ton Lien, Tu mettrais en gage ma fille ; Ce n'est pas par un tel moyen , Que doit s'augmenter ma famille.

ce^Lie ixeu o leuni^ .

IVV^ '%/ft^«' ^^v«> «v^^v >

T».OSALIE (accourant wec §«?/«'), FRANCHET PKRE.

Rosalie {tout essoujlée.)

Mon père , mon père Si vous saviez Il

vient d'arriver Je l'ai tu Un cauol

Ah! comme j'ai couru de ces deux navires

qu'on appercevail Je suis d'une joie !

Franchet père.

Eh hien ! Gniras-tu ? Comme le voilà Irouble'e ! pour rtre si joyeuse. As-lu aussi une nouvelle à me dire? 11 y avait un temps infini que je n'en recevais aucune , et aujourd'hui il m'en pleut de tous les côtes.

( Varlet entre. )

cette cvsœiwL^ ,

ROSALIE , FRAiVCHET père , VARLET.

Rosalie.

Connaissez-vous cet Officier ?

Framceet PÈTîE.

He ! c'est Varlet ; le second de mon corsaire. Viens-tu m'annoncer quelque prise ?

Varlet.

Oui, Monsieur, et l'arrive'e de votre fils.

Franchet père {l'em/r.:ssant deux fois.)]

J'ai embrassé Courval une fois , pour m'avoir appris que mon Prosper est lieulewant et chevalier; a faut que j« t'embrasse deux fois, puisque tu

m'apportes deux bonnes nouvcUns. {^'fprts l'ai^oU' embrassé.) Mon fils se porie-t-il bien?

Varlet.

Oui, siNTonsieurj il a e'té blesse' à l'épaule, mais

il est guéri.

Franchet père.

Et lui aussi ! Si mes trois enfants arrivaient

ici tous à la fois , ma maison aurait l'air d'un hôpital. Qu'a-t-il doue attrapé, ce cher capitaine?

Varlet.

Le bâtiment que nous venons d'introduire était armé en guerre et marchandises ; nous l'avons pris

à l'abordage.

Fraxchet père.

Où cela?

Varlet.

Vers les Açores.

Franchet père.

Vous avez été bienheureux de l'amener juscru'icit

Varlet.

Aussi Franchet a-t-il voulu convoyer sa prise

lui-même Mais ces diablos d'Auglais se sont

si bieu défendus, que c'est avec beaucoup de peine que nous leur avons fait baisser pavillon.

Franchet père.

Ayoas-nous perdu beaucoup de monde ?

Varlet ( tristement. )

Cinq matelots , deux volontaires cl le maître d'ë(juipage.

Franchet père.

Les malheureux! Si la prise est bonne , je

Teui dédommager leur famille.

Varlet.

Mais , elle est assez riche : d'après le manifeste du chargement , elle devrait bien valoir quinze cent mille francs; le voici. {Il le remet.)

FrAkchet père {lisant d'un air satisfait. )

Oui, cela pouvait bien être , il y a quelque temps.

Rosalie.

Et combien de blesses ?

Varlet.

Mademoiselle , nous en avons dix ; mais , grâces

aux soins qu'on leur prodigue, nous avons l'espoir de

les sauver tous.

Rosalie.

n paraît que vous avez eu le bonheur de n'être pas blessé vous même ?

Varlet.

Pas dans celte affaire Mais, vous le savez,

je le suis depuis long-temps par vous-même j cl ma blessure redouble encore en vous voyant.

(^9) Rosalie.

Il est toujours fort heureux que vous ne l'ayez pas été comme mon frère.

Varlet.

Sans doute , mais

Air : Bouton de Rose.

D'une blessure Dont le prix est un tel succès , On souffre peu , je vous le jure :

Qu'est-ce pour des guemers Français

Qu'une Hessure î

Par une rose Je fus blessé bicTi autrement:

Près d'elle encore je in'eipose; Mais je puis guérir aisément

Par cette rose.

FrAachet père.

11 est galant! c'est un brave garçon! Yoilà

mon fils aîné de retour; d dira tout ce qu'il voudra , mais je ne veux plus qu'd navigue.

Rosalie.

Ah ! tant mieux !

FrANCHET PERE.

Je l'associe à ma maison de commerce. Tt to» , mon cher Varlet, je te donne mon bâtiment ù commander j nous verrons ce que uous en pourrons iaire.

(3o) Variet.

Vous me comblez de bontés , Monsieur. C'est vous qui m'avez élevé : je vous dois ce que je suis 5 et vous voulez que je vous doive encore ma fortune Mais je voudrais bien vous devoir aussi mon bonheur. ( Regardant Rosalie ) Vous connaisse z ma famille , et mes espérances?

Rosalie.

Un étal et votre fortune j et vous n'appeliez pas

cela le bouheur?

Varlet.

Non , aimable Rosalie , ce n'en est qu'une partie; ce serait à vous de compléter Tau lie. Air ; Au point dit Jour.

De mon bonheur , Fortuné ptre, ah! terminez l'ouvrage; Votre Rosalie a mon cœur:

Permettez (Ju'un aveu llatteur Devienne le pudique gage De mou bouheur.

De mon bonheur

Détidez donc j mou amour est extrême;

Si j'en crois sa belle rougeur ,

Votre tendresse et mon artleur ,

Bientôt vous jouirez vous-même

De mou bouheur.

Fp, AS GUET PERE.

Ma fille , voilà une excellenle nouvelle ! je ne sais pas trop comment tu te tireras de là, et qui pourrai xn'cn apporter une meilleure?

ace lie ou?

celle oiv7ieui<Ly,

PRUDENT FILS ( accnurant ) ,' ROSALIE , FRANCIIET PÈRE , VARLET.

Prudent fils.

C'est moi qui vous l'apporte.

Franchet père et Rosalie.

Quelle est donc celte Douvelle ?

Prudent fils.

Mon père , dont j'étais si inquiet , savez vous où il était allé ?

Rosalie.

Non.

Franchet père.

Finiras-tu ?

Prudeht fils.

A Paris.

Franchet père- Quoi faire ?

Prudent fils.

11 sait combien j'aime la charmante Rosalie : û a jugé qu'elle m'aimait aussi

Rosalie.

Qui a pu le lui foire croire ?

Prudent fils.

Il s'y connaît apparemment mieux que moi;

puisque je n'avais qu'à peine de l'espoir , et qu'Use croyait de la certitude.

Air: D'un e/'0«j:cAeVj /a <end>-«,çe. («l'Adolphe etClara.)

'Vous plaire est toute mon étude; Comme lui que ne puis-je ■voir !

I Je n'en ai qu'un bien faible espoir, Avec senliment.<y^^ j'en aurais la cerUtude ; Une pareille vérité Ferait le bonheur de ma vie ; En souriant e/J Plaignez moi si j'en ^li douté, ( Bis. ) ayecjiitcsse. (^Et grondez-moi, si je l'ouLlie. {Bis.)

Frakchet père.

Il a raison 5 la galerie voit toujours mieux les coups que les joueurs. ( F'i\'ement) : Mab , au fait , ton père , qu'a-t-il appris ?

Prudent fils.

Vous aimer , vous plaire et vous convenir , voilà ce quïl a cru voir en moi.

Frakchet père.

Comment! lui convenir!

Prudent fils ( mcc modestie. )

C'est ainsi que pensait mon père , et il par iendra sans doute à vous le persuader. Il voulait ajouter, à ces trois avanlages , celui de TOUS apporter la meilleure uouvelle v

TrANCHET PERE.

Nous y voilà enfin !

Prudent fils (avec embarras.)

Puisque c'était voire condition , il arrive Je Paris à franc etrier.

FrASCUET PERE.

A son âge ?

Prudent fils.

Le bonheur public et celui de son fils sembleol le rajeunir. Il vient vous annoncer

Tocs LES AUTRES ACTEURS.

Quoi?

Prudent fils.

La paix ge'nerale.

Tous les autres acteurs.

La paix générale !

Varlet.

Même arec IMngleterre ?

Prudent fils.

Avec toutes les puissances. L'Enriiereur de Russie et SCS augustes alliés ne sont venus en France que pour rendre à l'Europe , une pais solide et durable.

Paris est dans l'ivresse de la joie! On entend

par-to.it des \ chansons populaires en l'honneur d'Alexandre j on l'y compare à Alexandre-Ie-Grand. Les hisloiicus ont. assez loué ie conquérant , nos

poètes Tont chanter le pacificateur. Lord Castlcrcagh dillui-mcine à ce sujet: « L'empereur Alexandre « a pris sur nous l'initiative; mais les anglais ne « demeureront pas en reste : toutes les nations de « l'Europe se sont assez prouve leur bravoure , il est « temps qu'elle* ne combattent plus que de modë- « ration et de générosité'. »

Varlet.

C'est le vœude notre nation, etrinterêt de toutes.

( Chacun des personnages doit peindre son oMenlion suivant son caractère. )

Prcdent fils.

Monsieur , ci-devant comte d'Artois , est arrivé à Paris , ainsi que son second fils le duc de Berry : le duc d'Angoulème , son auguste épouse , fille de Louis XVI , et Louii XVIII lui-même ne tarderont pas à y arriver. Le Roi trouvera tout le monde disposé d'avance en sa faveur. Déjà toi's les cœurs volent au-devant de lui : partout les ciis de vive le Roi , et les toasts à Louis XVill , auront bien 4es fois précédé son retour.

Varlet.

Cest bien là le caractère national.

^ù- nouy-eau, (^ Noté n.° 4 j " '"7"' de cette brochure.)

A cette siiLite alégresse

Oii reconnaît Ijteu les Français.

T^a morosité , la tristesse ,

Ce sont des rêves «jii'ils ont faits.

En France il est assez notoire j Et nul jamais n'en a douté , Que les produits du territoire Sont le bon vin et la gaîté.

FrAi\chet père.

Comme la France a change en peu de jours! cela lient du prodige.

Que de grâces nous avons à rendre à la Providence.

Prudent fils.

Et le croiriez-vous , les anglais sont aussi joyeux que nous ; les rues de Londres retentissent des Ciis de vive la paix ! vive la France !

Varlet.

C'est tout naturel.

Air : Femme sensible.

Le monde n'est qu'une fnmille immense ;

Si la discorde y règne quelquefois ,

Un jour son feu s'éteint sans qii'ou y pense y

Et la natuie y dicte encor ses lois.

A son eniTiire on est en vain rebelle ; Et lieux voisins dés long-temps désunis j Toujours après la plus vive querelle Sentent enfiu le besoin d'être amis.

Prudent fils.

Il y a tant de rapport entre les deux pniplcsponr Taptiludeaux arts, uux sciences ii à 1 industrie : la

(36) jalousie, ilepouilI(fc de ce qu'elle a d'odieux, et soumise au creuzet de la raison el du sealiment , n'est plus qu'une auguste rivalité.

Varlet.

Voilà 25 ans que nous sommes en guerre ; et l'on est si las de se battre , on est de part et d'autre si fatigue de gloire et de conquêtes , que , désabus<? de la folie de l'ambition, chaque peuple regarde autour de soi étonné d'y trouver le bonlieur.

Franchet père.

Nos prisonniers de terre et de mer vont nous arriver en foule : c'est à ceux qui nous restent à BOUS dédommager de ceux que nous avons perdus.

Atr : Du partage de la richesse.

Nous allons voir nos militaires

Venir embrasser leurs parents, /

Et nos fillettes nébonnaires

Croire sans risc|ue "a leurs serments ;

Enfin laissant la nos corsaires.

Et nos canons, et nos fusils,

Rayer de nos dictionnaires

Le mot odieux d'ennemis.

■•nanmHRwmn^nBaim^DnagBi^^ssaHBnn

celle uoii/?ieiii(L^,

PRUDEIVT FILS, ROSALIE, FRANCHET père, VARLET, NOVELMANNj COURVAL.

CouRVAL et NovELMANPf (accourant j ce dernier d'un air comique. )

La paix ! la paix !

1?<ovELMAHN ( chantant ai>ec lenteur ce vers d» Richard Cœur-de-Lion, )

La paix ! la paix ! mes bons amis.

Franchet père ( l'interrompant. )

Croyez-vous être le premier à nous l'apprendre,

WoVELMANir.

J'ai du malheur ! mais c'est égal.

Air des Pèlerins de Stiint-Jacr/ues. (Note n,'>5 , h la fin de cette brochure. )

Je vais augmenter mes affaires/

Et mon argent ; J'augmente aussi mes locataires

De cent pour cent.

Enfin

(38) g^ FrAmchet père {apec i'wacilé.) Enfin Te tairas-lu , niaudil usurier!

KoVELMANN.

Dame ! je célèbre la pais.!

Franchet pîcre.

Oui, à ta manière!

INoVELMANIf.

Est-ce que vous ne connaissez pas le proverbe.

CoCRVAL.

Oui , le proverbe des égoïstes : « chacun pour soi. » Encore chantei-vous la paix sur un air de Libéra.

KoVELMAKN.

Je suis d'un caractère raisonnable, moi! je n'aime pas les airs gais.

CoCRVAL.

Il faut fêter la paix , parc« qu'cUe va faire le bonheur de riiumiinitè toute entière.

Airnouveau. (^Notén.'^ 6, à la fin de celle brochure.')

En(in nons voyons cesser la guerre ;

Et Bellone , éteignant son flaniLeau ,

Laisse Phébus donner a la teiTe

Des rayons plus doux , un jour plus heaii ; Kn V ain encor l'air en tonne , De Mars la trompette sonne

Pour femier les portes du tombeau. ( Bis.)

NoYELMANSf.

Est-ce que je connais Mars et Pbébus ? Pass« encore pour Plutus.

Varlet.

Nous espérions la paix depuis long-temps ; enfla la voilà.

Air nouveau. (Notén.° 6, a la fin de cette brochure.)

De l'illusiou de l'espérance ,

Nous arrivons "a la vérité ;

Snr la route fut la jouissance,

A son terme est la félicité :

Louis ! Toi (jui nous la donnes, Recois pour prix nos couronnes ,

Nos vœuî et notre fidélité. (Dis.)

Prudent fils.

Ce sont pourtant les Bordelais , qui , les premiers , ont goûté les douceurs de la paix, en recevant le duc d'Angoulème dans leurs murs.

Air ; Gusman ne connaît plus d'obstacle (du Pied de Mouton.)

Sous le poids d'une lounle chaîne v^ La France entit're gémissait; Et , la première , l'Aquitaine Hardiment s'en débarrassait :

De la Bourgogne a l'Austrasic Cliacun Lie ntôt biise ses fers :

Toujours la voix de la patrie S'entend au bout de l'univer* î

Franchet père.

Air du 'vaudeville du Petit Matelot,

^ à o • /* Déjà comme la joie éclate! S J î» 1, 1 Déjà l'on n'entend que des chants.

i 2 ï\ Prudent fils.

Q ?: S < I L^ nation n'est pas ingrate •< c 'S >> écoutez ces cris si toucLants

CocRVAL.

Ces mots que partout on va dira Régnent les Bourbons a jamais 1

Ces mois que partout on va lire :

Vive Louis ! vive la paii !

Varlet.

Vive le roi, sans doute, mille fois vive le roi!

mais

Air : Ciiacim avec moi Vavoûra,

Que de son frère et ses enfants

Le Ciel protège aussi la vie ,

Qu'il la prolonge à nos parents,

A ton atnaut a son amie;

Et que, favorable à nos vœux.

Par une bonté sans seconde

Puisqu'il veut tous nous rendre beureux ,

Qu'il la prolonge a tout le monde.

Franchet père {avec enthousiasme. )

J'ai embrasse Courrai une fois , pour sa nouvelle; et YarlcL deux fois , pour la sienne j toi, mon cher

Prudent , il faut que je l'cmbraSlse trois fois ( tl Vem-

brasse Iroif J«is. )

Varlet.

En franc-maçou ?

Franchet père (t'U'ement.)

En français, en ami et en père. Je te donne ma Éllej tu seras paje' pour tout le monde. (/îe gardant Courwal , P'urlei et IVouelriLann. )

Prcdent fils.

Mademoiselle , j'ai l'aveu de votre pore , je connais sa pensée j rfifuserez-vous de me dire aussi la vôtre ?

Rosalie {souriant.)

Je vous la dirai quand nous serons marie's.

Prudeînt fils {la pressant ds s'expiujuer.)

Ma chère Rosalie

RoSALTE.

AlB: C'est un enfant. (Du Devin du Village. ) IVe contraignez pas Rosalie A dévoiler ses sentiments ; Devinez plutôt , je vous prie , Ce qu'elle éprouve en ces moments :

AK ! je ne sais guère Ce que je dois faire ; Et , pour moi , ce qu'«niour permet

C'est un secret. {Bis.)

Prudent fils.

Messieurs , si j'avais assez de Glles à marier, vous en auriez chacun une j mais consolez vous ,

si Tpus n'êtes pas mes gendres , vous n'en serez pas moins mes amis j je vous iuvile à la noce.

ce ne hei^ieuiii j,

PRUDENT FILS, ROSALIE , FRA\CHET père^ FRANCHET fils , VARLET , NOVELMANiN ' COURVAL,

Franchet fils (se monlraiit suLllement . )

Parbleu ! et moi aussi mon père j j'arrive à temps pour m'en prier.

Franchet père [l'embrassant.)

Te voilà , toi? et ton e'paule.

Frawchet fils ( embrassant sa sœur. )

Bonjour, ma sœur Ce n'est rien, je n'y ai

plus qu'une légère douleur.

Franchet père.

J'ai des nouvelles de tes frères !

Frakchet fils.

Sont-elles bonnes au moins !

Franchet père.

Oui . mon smi. Prosper est lieutenant et chevalier pour s'être distingue par une action d'éclat j

St^tnislas a en son ecliangc j il est à Moilaix , et arrive après demain.

Franchet FltS.

Que de bonheur à-la-fois ! . . . Mille bombes ! qu'estce donc que tout ce tintamarre que j'entends ? les

cloches, le canon Y a-t-il quelque alarme à

la côte ? Courons !

Franchet père {le retenant.)

Sols tranquille , il n'y a point d'alarmes , contesnous ton combat.

Franchet fils.

Moi craindre ! Ecoulez et jugez si je suis homme à avoir peur.

Air : 3Ion père était pot.

Je naviguais avec bou vent , Sur les côtes d'Irlande , Et je vo\ais de loin souvent Quelque voile marchande:

Une approche , alors ,

Toutes voiles hors, Je cours la croyant bonne j

INavire mauvais !

Je le lâche, mais Pourtant je le rançonne.

NoVE'-MANIf,

Rançonner ! il n'y a pas de mal à cela.

Franchet fils.

Air : Des tremhleurs.

La croisière recommence, Aux Açorcs je m'avance, Un de plus faible importance Est par nous pris et coulé :

Vient un très-fort, c'est le 2'age !

Je parle et mon écjuipage Se prépare a l'aLorrlage ; Et le Tage est accolé. ( BU. )

Air: De ta Pipe de Tabac.

Chacun de nous par sa hravoure Veut rivaliser les Anglais;

Vingt son blessés Qu'on les secoure;

Ce plaisir vaut tous uos succès ! {Bis.)

Bientôt l'ennemi perd courage ,

11 est trop faible dL-sormais;

Alors Varlet a ])ord du Tage

Hisse le pavillon Français. ( Bis. )

Air: Adieu vergue, a>-timon , huniers.

Soixante enn'?niis prisonniers Pour un corsaire quelle gloire !

B icliesses , plaisirs et lauriers , Voila le prix Je la victoire.

Frakchet père.

Tes prisonniers arrivent tout-à-propos pour trimjucr avec nous. ,

{Rosalie sort un instant ^ et rentre fresque aussitôt.)

Franchet ftls.

Encore une fols , quel est donc tout ce bacchanal ?

NoVELMANîT.

Capitaine , vous ne savez donc pas la nouvelle ?

Franchet fils.

Parbleu, je mets pied à terre j commcni voulezvous cjue je sache ce qui s'y passe ?

INovELMANiv [s'ciuancant lentement.)

Eh ! bien , je vais vous la compter j vous saurez donc

Franchet père ( le repoussant en V interrompant.)

Je vous en dispense , vous êtes trop lentj vous me feriez bouillir le sang dans les veines. ( -4. Franchet Jils ) : la paix générale.

FRMyCHET FILS.

Ventrebleu ! nous allons donc retourner aux colonies.

Rosalie.

Est-ce que tu jures encore , tnon frère ? Tu vas t'en déshabituer j car tu n'iras plus en mer.

Frakchet fus.

Comment?

Rosalie.

Mon père nous l'a promis^

è)c6i/i/e ùiicoio'c%i€ynie e/ï 0,

PRUDENT FILS, ROSALIE, PRUDENT père, FRANCHET père, FRANCHET fils, VARLET, NOVELMANN , COURVAL.

Prudent pipE (arrwant.)

Mon ami , c'est moi qui ai apiorlë la nouvelle ; ce doit être assurément la meillt:iire ?

Tous LES AUTRES ACTEURS.

Sans doute.

Prcdest père.

C'est donc moi qui dois cpouser ta fille.

Franchet père.

Es- tu fou ?

Prcdert père.

]Von , parbleu ! je te rappelle ta promesse , ta

parole

Fraivchet père.

Je viens de la donner à ton Cls.

Prudewt pÈre.

Tant pis pour monsieur mon Gis! il est Lcaueoup plus jeune c^ue moi. (ii s'apprvchedelluialie. )

Fraxchet pLre.

Cela doit être.

Prcdckt père.

Il a donc davantage le temps d'attendre.

( // veut prendra lit main de Rosalie , qui la retire. Prudent Jils t/ui ,jusques lli, avait suuri à ce que disait son père , commence ci s'inquiéter. )

Franchet père.

Allons ! laisse-là ta plaisanterie , et ëcoute-moi ?

Prudent père.

Non, je ne plaisante pas: jeveuc me rajeunir. ]V'y a-t-il pas éles hommes de mon âge qui ont des raaitrosses ? Moi, j'aime mieux avoir une petite femme , bien jeune et bien jolie. (Il veut faire des caresses a Rosalie , qui les reçoit auec humeur. ) Je me fais couper les cheveux à la Titus ; je les fais friser à petits crochets ; je me fais faire un pantalon à la matelote, et un habit c[ui ne descend que jusqu'à la moitié' des cuisses 5 j'achcte un chapeau à trèspetits bords , et (iniilanl les airs des nieri>eilleux du jour) me voilà dans le genre.

Fra\c;iet rinE.

Bah ! bah ! vire le genre et les habits d'autrefois !

PrCDEXT PÈRE.

Air: Des portraits ti la. m.ide.

Etre au si)sctacle attentif et sensé ,

Près du beau sexe, arJcut ; t;udre, empressé; '

(48) Dans ses haLits élôgammenl pince ;

Voila lo teini>s que tu regrettes: ,

L'habit en sac est ce jour du grand ton , Le vieux est fou, le jeune est un Caton ; Le vieux est droit et marche sans bâton ;

Le jeune porte des lunettes.

{Il fait a Franchet père un signe d'intelligence.) Oui, monsieur Francliet, je vous somme de me donner votre fille : la parole d'un négociant vaut les écrits d'un auttfi homme.

Francuet père {avec un air de contrainte. )

C'est juste ; tu me prends par mon côté sensible : c'est à toi qu'elle doit appartenir.

Franchet fils et Rosalie {aleur pèrf.)

Comment, mon père?....

Franchet père (à Prudent père.)

Je le donne Rosalie , et que ton fils s'arrange î Mais à condition que lu l'épouseras dans trois j.jurs, le lendemain de rarrivée de Stanislas.

IpRUDEWT PÈRE {lui donnant la main. )

J'accepte.

Prcdent fils ( ui^cment. )

Vous acceptez ?

PrUDEîVT PERE.

( A son fils). Oui , Monsieur. { ^ Franchetpère. ) Mais c'eîl un eilat au^iuel sera certainement fait

tonneuT à l'cclie'ance : je le négocie à l'ordre de

mon fils. {Il niet la main de Rosalie dans ceUe

de son Jîls. )

Prudent fils.

Ma chtre Piosalie.

Prudent père»

Vous avez eu peur , Rosalie ! je vous en rcmevcie pour mon fils. ( A Franchet père.) Ah! ca ^ mon ami , ta maison est assez grande pour nous loger tous. [-4 s in pJs). Mon cher Prudent, je n'ai que toi d'enfant , je suis assez riche pour nous deux , ne quitte pas ton vieux père , nous trouverons à t'occupcr ici. Voilà la paix , c'est le cas de jouir de la vie j je veux que nous vivions tous en famille. {Il se place entre son fils et Rosalie. )

Franchet père.

Ta as raison.

Air : 2bi« les' jours au fond de mon cœur. (De Marianne.) En famille on a le bonheur Puisffu'on est [irès de ce qu'on aime ; C'est la qu'on retrouve son cœur , C'est la qu'on jouit rie soi-même; De tant de niaiis , d'advcrsili-s Quand la vie Itumaiue fourmille^ Poursuivi de tous les cctés, Qui m'accueillerait ? Ma famille. ( Bis, )

CouRvAt.

Mon cher Prudont , pardonnez - moi d'être un peu jaloux de vclre fcUcité : vous m'euleve* mai

(5o) œnqu^te vous ayez encore voire père , tous aller *lcvenir père à votre tour ; toute ma gaieté , toute xaa philosopliie ne me dédommagent point de ces jouissances-là. Je me figurais déjà dans mon ménage , l'époux de Totrc Rosalie , le père de jolis petits marmots , et alors

Air: Tons les jours au fond de mon cœur.

Un coup imprévu du destin

Vient-il m'accabler de tristesse,

Tu me cèles «pielque chagrin

Me dit ma femme avec tendresse :

A son signal j de ses enfants

Près de moi la troupe sautille ;

Dans ces délicieux instants

Qui renipbicerait ma famille ? (Bis.)

Prudent fils.

Chez moi de prétenrlus amis.

Si je brille , la foule abonde :

« JVous sommes pour jamais unis i>

Disent ils partout dans le monde:

Mais ce n'est ipi'un sable mouvant

Que le moindre orage éparpille;

Au moins, après le coup de vent,

11 nie reste encor raa famille. (Sis.)

Prudent père.

Ta famille, parbleu! c'est bien le principal....

quand on est bien avec elle.

Fbakchet FltS.

Et sur-tout qnand il y a long-temps qu'on nc Ta . vue..... u est-ce pi^s mon père .

FrAnchet père (s'essuyant les yeux.)

Ah ! oui, mes bons amis mais il m'en faut

encore deux membres pour être tout-à-fait content.

Franchet fils.

Consoler-vous ; nous les reverrons bientôt.

Prudeîtt père.

Louis X VIII en disait naguèrcs antantdes français , qu'à rexemj)le du bon Henri , il appelle aussi ses enfants. Ecoutez : mon fils ^ous a dit ce que je savais ; je vais vous ajouter ce que je viens d'apprendre de quelqu'un qui arrive de Paris, et qui a ëte beaucoup plus vite que moi , parce qu'il est beaucoup plus jeune. Louis le Désiré ( c'est ainsi qu'on rappelle ) est arrive à Paris , accompagne de la duchesse d'Angoultme . du prince de Condc et du duc de Bourbon.

FsANCHET FUS.

Mille bombes ! pourquoi le roi n'est-il pas venti par Cherbourg ? nous aurions pu espe'rer de le voir.

Prudent pèke.

11 a etc -arrcte sur la route dans tontes les viUes de son passage : il ne pouvait s'en arracher : partout les acclamations de la joie la plus vive , les illumi^ nalioos, les iVtcs ratltudaicut.

Fka^cuet fils.

li en -verra bien d'autres à Paris. D finirait par se lasser de tant de ic'moignages d'amour.. ..si l'on pouvait se lasser du bonheur.

Prudent père.

Il a été reçu à Londres comme il a pa l'être- à Paris : le peuple fourmillait dans les rues où il passait avec son cortège ; les fenêtres et jusqu'aux toits des maisons , tout e'tail plein de monde j tous lesanglais avaient la cocarde blanche au chapeau , et s'e'criaient : vivent les Bourbons ! vivent les français qui les rappellent au trône occupé par eux depuis tant de siècles ! vive la paix , après vingt-cinq anB de guerre!

Frajtchet fus.

Ma foi, des navires marcliands valent encore mieux ^ue des corsaires.

Prcdeitt pèke

La statue de Henri IV est rétablie sur le Pont- 2{euf. Lord Wellington est arrivé à Paris, il règne <"nlre tous les souverains une cordialité dont il n'y a pas d'exemple dans l'histoire. Tout enfin annonce nue réconciliation si franche, qu'il n'est pas possihlede s y mcpiendre j et si les souverains étrangers sont beurcux , jugez de la félicité du nôtre.

Fraîîchet fils.

Elle est Ucc à k félicité publique.

Air : Tous 'les jours au fond de mon CœW^

Vingt ans privé Je tes français , Vingt ans privé de ta patrie , Qnand tu reviens avec la paix ^ Louis, tu renais a la vie;, L'ouvrier rej)reud ses outils , Et le laboureur sa faucille ; Ils ne froncent plus les sourcils En voyant grandir leur- famille.

Franchet père.

Mes amis, ne pensons plus ipi'ànous réjouir. Allons «élébrer à table la gloire de mon officier , la délivrance de mes deux prisonniers , le retour de moa capitaine , l'arrivée d'une bonne prise , et la paix

générale.

Franchet fils.

Et le mariage de ma sœur !

Fraivchet père.

Tu as raison Comme ils vont être joyeur,

ces chers enfants , de revoir leur patrie !

AlR: Cest la triste monotonie. (De la Caravane du Caire. )

Oui , c'est l'amour de la patrie Qui du -cîeur soutient les dcsirs , Par tous les maux l'anie flétrie En lui trouve encor des plaisii-s.

Le captif, en terre étrangère , Voit sa patrie en soninisiilnit :

Elle est sans cesse sa chimbre, IX la célèbre en ^'éveill^iut.

Frinchet fils.

Comme vous chantez , papa , pour un homme de

Votre âge! "^ ous avez cependant anlici|)é sur

les ()laisirs de ]a lahlc ; car vous auriez dû réserver ce morceau pour dessert.

Franchet père.

Que vcux-tii , mon ami , c'est un e'Ian du cœur... Maii je ne comptais pas sur tant de convives : comment donner à dîner à tout ce monde-là ?

Rosalie.

Soyez tranrpiille , mon père, tout est prévu.

Prudent fils.

Tout est prévu ! voilà donc enfin un bon aveu»

PctJDE?(T PÈRE.

Une bonne femme de ménage.

FRANCHer PÈRE.

El une bonne nouvelle.

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