‹ Histoire des délassements-comiquesChapitre 95 sur 118 · LES MÊMES, LÉONORA · texte numérisé non relu

LES MÊMES, LÉONORA

LÉONORA

C'est moi.

Léonora... je respire !

NizziDA , courant à elle.

Oh ! madame, Quelle que voussoyiez , vous êtes une femme Et vous savez combien nous sentons de douleur Lorsque sur noire époux plane quelque malheur.

[Montrant Vargiani.) Je voudrais l'éloigner de celte tour funeste, Lui , lui que j'aime... Eh bien ! malgré mes pleurs,

[il reste.

LÉONORA

C'est moi qui l'ai conduit près de vous.

NiZZlDA.

Oh ! merci.

Mais joignez-vous à moi , pour l'enlrainer d'ici.

VARGIANI.

Mais je ne puis...

LÉONORA

Enfant, étouffez toute crainte :

Votre époux doit rester, car sa vengeance est sainte: C'est vous qui devez fuir.

NlZZIDA.

Moi , sans lui , fuir...

LÉONORA

Oui.

NlZZIDA.

Mais...

LÉONORA

C'est pour vous cmnjener que je venais.

76 NIZZIDA.

MZZIDA.

Jamais !

Je ne le quille plus.

VARGIANI.

Pour proléger la fuite , Pour qu'on ne lance pas des gens à ta poursuite , 11 faut me laisser seul , un instant , dans ce lieu.

NIZZIDA.

Le danger...

VARGIANI.

Va sans crainte.

LÉONORA

Oui , venez , venez...

[A liant prendre la main de Nizzida , elle aperçoit la pelile croix de fer qui pend à son cou, et pousse un cri.)

Dieu !

VARGIANI et NIZZIDA.

Qu'avez- VOUS ?

LÉONORA

Celle croix... dis, qui te l'a donnée?

Oh ! parle, parle vite.

NIZZIDA.

Enfant abandonnée, Des gouffres de la mer , un pécheur me sauva : Je portais cette croix, alors qu'on me trouva.

LÉONORA

L'ai-je bien entendu , providence éternelle !

VARGIANI , étonné.

Quoi...

LÉONORA , agitée.

Je ne rêve point... c'est cela... c'est bien elle... Je reconnais ses traits... et puis , là... cette croix ; Ces yeux noirs, que les miens ne virent qu'une fois

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