LES MÊMES, LÉONORA
LÉONORA
C'est moi.
Léonora... je respire !
NizziDA , courant à elle.
Oh ! madame, Quelle que voussoyiez , vous êtes une femme Et vous savez combien nous sentons de douleur Lorsque sur noire époux plane quelque malheur.
[Montrant Vargiani.) Je voudrais l'éloigner de celte tour funeste, Lui , lui que j'aime... Eh bien ! malgré mes pleurs,
[il reste.
LÉONORA
C'est moi qui l'ai conduit près de vous.
NiZZlDA.
Oh ! merci.
Mais joignez-vous à moi , pour l'enlrainer d'ici.
VARGIANI.
Mais je ne puis...
LÉONORA
Enfant, étouffez toute crainte :
Votre époux doit rester, car sa vengeance est sainte: C'est vous qui devez fuir.
NlZZIDA.
Moi , sans lui , fuir...
LÉONORA
Oui.
NlZZIDA.
Mais...
LÉONORA
C'est pour vous cmnjener que je venais.
76 NIZZIDA.
MZZIDA.
Jamais !
Je ne le quille plus.
VARGIANI.
Pour proléger la fuite , Pour qu'on ne lance pas des gens à ta poursuite , 11 faut me laisser seul , un instant , dans ce lieu.
NIZZIDA.
Le danger...
VARGIANI.
Va sans crainte.
LÉONORA
Oui , venez , venez...
[A liant prendre la main de Nizzida , elle aperçoit la pelile croix de fer qui pend à son cou, et pousse un cri.)
Dieu !
VARGIANI et NIZZIDA.
Qu'avez- VOUS ?
LÉONORA
Celle croix... dis, qui te l'a donnée?
Oh ! parle, parle vite.
NIZZIDA.
Enfant abandonnée, Des gouffres de la mer , un pécheur me sauva : Je portais cette croix, alors qu'on me trouva.
LÉONORA
L'ai-je bien entendu , providence éternelle !
VARGIANI , étonné.
Quoi...
LÉONORA , agitée.
Je ne rêve point... c'est cela... c'est bien elle... Je reconnais ses traits... et puis , là... cette croix ; Ces yeux noirs, que les miens ne virent qu'une fois